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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 18:03

Champagne !

Notre Domaine est maintenant certifié Biodyvin, ça mérite qu'on serve le Champagne pour arroser ça, non ? Ce label vient se joindre au label "AB" (Agriculture Biologique) délivré par ECOCERT. 

Pourquoi payer deux fois des contrôleurs pour obtenir ces deux labels ?
Parce qu'ils sont complémentaires: le premier (AB) certifie que nous cultivons nos vignes sans pescide  de synthèse, sans engrai chimique ni OGM. Le second prouve que nous allons encore plus loin que la culture biologique puisque nous respectons en outre les règles de la culture Biodynamique dans toutes nos vignes.

Quelle différence ?
De par mon expérience, elle est fondammentale. En effet, après quelques années de culture biologique au vignoble, je ne voyais pas mes sols revenir à la vie comme je l'attendais. Avec la biodynamie, nous employons des préparations biodynamiques riches en micro-organismes et champignons. Lorsqu'on les épand sur le sol, ils agissent comme de véritables levains. C'est le gros avantage de travailler avec la matière vivante: elle est capable de se multiplier et de s'adapter au milieu pour que l'écosystème reprenne vie. Après épandage à l'automne d'une dynamisation de compost de bouse, je n'ai pas reconnu mes sols lorsque je les ai travaillé au printemps suivant.  Certes, nos détracteurs pensent que ce ne sont pas 240 g/ha de Compost de Bouse MT qui peuvent faire quelquechose... mais ils n'ont pas fait l'expérience :-)

Comme je l'explique depuis des années, seule la vie du sol en adéquation avec la vigne peut sculpter des vrais vins de terroir...

De nouvelles étiquettes en préparation ?
Ne vous attendez pas à voir fleurir le logo BIODYVIN de si tôt sur nos bouteilles. 2006 est considérée comme la première année de mise en pratique de la biodynamie au vignoble car c'est la première année que nous faisons les démarches de certification. Les années de culture biodynamique antérieures à 2006 ne comptent pas. Comme pou le label AB, il faut déjà deux années "conversion vers la culture biodynamique"... les bouteilles produite à partir des raisins de notre troisième récolte pourront être ornées du logo BIODYVIN. Ce sera pour le Millésime 2008, donc sur les bouteilles qui sortiront en 2012/2013. Le vin est un métier de patience !

C'est exactement la même chose que pour le label AB: nous avons entammé la certification quelques années après avoir cultivé le vignoble selon le cahier des charges...

Délai incompressible...
Celui qui est à la recherche d'un logo sur une étiquette peut trouver handicapant que cette info ne figure pas sur nos bouteilles... mais l'important n'est pas là. Logo ou pas, la qualité du vin produit doit être irréprochable (et dans qualité j'inclu la qualité sanitaire du vin en terme de résidus de pesticides pour la santé du consommateur)... c'est ça l'important !

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 18:41

C'est ce qu'on peut lire sur nos vins dans le guide vert de la Revue des Vins de France 2005, parmis ceci:

"Vigneron idéaliste, Franck PASCAL s’est installé en 1994 sur un  vignoble familial, morcelé sur 5 communes de la rive droite de la  Vallée de la Marne.
Ingénieur de formation, il développe avec rigueur une culture  biologique.
Tous ses vins sont justes, marqués par la maturité fruitée du Pinot  Meunier, avec un supplément de franchise (dosage ultra-léger) et de minéralité. Ils se  boivent avec allégresse.    A découvrir prioritairement.

Les Vins:
Quel plaisir de boire un extra-brut aussi fin, digeste, frais et  équilibré ! On ne s’en lasse pas.
La Cuvée Alexis (non dosée) gagne en intensité aromatique, avec une  bouche naturellement très sèche, droite, au vrai grain minéral.
La Cuvée Prestige 99 Equilibre est déjà un champagne patiné, sur des  nuances confites, à la finale toujours équilibrée.
Palette d’arômes grillés charmeuse, avec des nuances d’agrumes frais  et une longue et noble finale saline: le Prestige 96, prêt à boire,  est un champagne de terroir magnifique. Une révélation.”

Suivent les notes:
Cuvée de Réserve Extra-Brut:  14,5/20
Cuvée de Réserve Brut:               15/20
Cuvée Alexis (pur 2001):              16/20
Cuvée Prestige 1999:               16,5/20
Cuvée Prestige 1996:               17,5/20

Des commentaires comme nous rêvions :-)

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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 12:31

Avant de visionner la vidéo qui explique tout, un petit résumé:

Les experts l'affirment : manger des OGM est sans danger pour la santé. Et tous les ans de nouveaux OGM arrivent dans notre assiette. Pourtant, aujourd'hui deux nouvelles études scientifiques révèlent un risque toxique.

Pour 90 MINUTES, Michel Despratx raconte l’histoire d’une étude secrète sur un maïs OGM. Sous couvert du secret industriel, le ministère de l’Agriculture français n’a pas voulu rendre public les résultats, alors qu’ils sont inquiétants. Cette étude montre que le maïs OGM a provoqué des lésions sur les organes des rats de laboratoire qui en ont mangé.

Comment une agence gouvernementale française, chargée de veiller à la santé des citoyens, ainsi que les instances européennes, ont-elles pu donner leur feu vert à cet OGM en connaissant cette étude ? 90 MINUTES a mené l’enquête en France, en Allemagne, au Luxembourg et à la Commission européenne à Bruxelles. L'enquête révèle qu’une autre étude sur un soja OGM faite par des chercheurs italiens indépendants a mis en évidence que des souris ont subi des altérations de cellules de leur pancréas.

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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 16:54

Dominique BELPOMME avait raison: pour parvenir à résoudre les problèmes liés aux pesticides, il faudrait réduire leur utilisation d'un facteur 1000. Une étude de transfert des pesticides via les eaux de ruissellement viticoles vers les cours d'eaux vient de mettre en évidence que la pollution de l'eau est 1000 fois supérieure à la norme.

La présentation des résultats se tenait dans notre village ce lundi. Elle avait pour but de présenter l'avancement des recherches sur l'épineux sujet des pesticides... La première année (2005) servait à faire le bilan des pratiques au vignoble. Les concentrations de pesticides dans le cours d'eau en bas du coteau viticole se trouvaient alors 2000 fois supérieures à celles qu'autorise la réglementation européenne... En clair, d'ici 2015, il va falloir parvenir à réduire la pollution par les pesticides dans l'eau d'un facteur 2000. Autant dire qu'il y a du pain sur la planche !

La concentration en pesticides a été divisée par deux entre 2005 et 2006 dans le cours d'eau en bas du côteau . Cette nette amélioration est le fruit  de la mise en place de couverts enherbés et d'épandage d'écorces afin de piéger les pesticides dans les parcelles. Par cet astucieux système, le transfert des pesticides vers les eaux de surface est limité.

Bonne idée ?
Pour la  qualité de l'eau à court terme, certainement... mais ne faisons-nous pas que "reculer pour mieux sauter" ? En effet, il arrivera un moment où les sols arriveront à saturation de pesticides. Ils ne pourrons plus en accumuler et le "trop plein" va se vider encore une fois dans nos cours d'eau. A moins que la vigne ne vienne épurer le sol en puisant ces pesticides pour les concentrer dans son feuillage, ses racines, et ses raisins. 

Quelles solutions envisagées ?
Des bassins de rétention - construits en bas de coteau en 2003 - collectent les eaux de ruissellement provenant des vignes. Les eaux y transitent et y décantent plus ou moins avant d'être lentement déversées dans le cours d'eau en aval.
En 2007,  l'étude porterait sur pesticides dans ces bassins par les rayons solaires et/ou par la vie microbienne vivant dans le bassin.  Pour ce faire, de l'eau serait bloquée sur une hauteur de 1 mètre afin de créer une sorte de lagune.

Les choses avancent...
Enfin! Une étude européenne est menée pour essayer de préserver la santé des citoyens. Les pesticides sont bien connus pour être dangereux pour la santé (troubles de la fertilité de l'homme et de la femme, cancers, leucémie, allergies, altération du système nerveux et du système endocrinien, etc, etc. ). Le mieux est de limiter l'exposition de la population à ces pesticides...

La première chose qui a été mise en place dans ce sens, est d'obliger les vignerons à respecter un délai de 6h à 48h avant que leurs employés ne retournent dans les vignes après un traitement. On ne peut que se féliciter de cette mesure: suivez le lien de cet article.

Débarrasser l'eau des pesticides est une autre bonne mesure puisque le quidam qui arrosera sont jardin n'enrichira plus ses légumes en pesticides. Les animaux qui vivent dans l'eau ou boivent l'eau des cours d'eau seront - eux aussi - en meilleure santé et auront de meilleures facultés de reproduction.

Restera ensuite à débarasser notre alimentation des pesticides... Pour les poissons, on pourra de nouveau pêcher du poisson "sans pesticides". Pour le reste, je ne vois pas comment on fera! Dans le cas du vin, l'exposer à la lumière lui donnerait le fameux "goût de lumière" et il serait imbuvable.

Petite idée personnelle...
Même si on trouvait un moyen d'épurer l'eau souillée par les pesticides, il serait extrêmement coûteux pour la collectivité d'aménager des bassins étanches en aval de toutes les parcelles viticoles et agricoles. Je pense qu'il serait préférable d'allouer l'argent que ces aménagements demanderaient dans la conversion des exploitations en culture sans pesticide. On économiserait les frais de dépollution des aliments, de dépollution de l'air, les dépenses de santé pour soigner les malades de cancers , les dépenses pour traiter aux hormones les couples stériles, et on éviterait de devoir financer des programmes de recherches pour soigner des maladies qu'on qualifie de rare aujourd'hui mais qui pourraient devenir banales si rien ne change.

Mais bon, je peux toujours rêver: nos grands groupes internationaux pourraient-ils encore croître si on n'inventait pas de nouveaux poisons pour inventer de nouvelles maladies, puis trouver de nouveaux médicaments (qui sont parfois de nouveaux poisons)????

Tous les politiques le disent: il faut de la croissance économique... le fonctionnement actuel est un très bon moyen d'y parvenir puisqu'il faut construire des usines pour fabriquer les produits de traitement des vignes et les des médicaments, développer des outils toujours plus sophistiqués pour diagnostiquer les maladies (scanner, IRM, etc), inventer de nouveaux moyens de corriger les désordres biologiques induits (thérapie génique, etc), construire de nouvelles unités de soins, former de plus en plus de personnel hospitalier dans des universités flambant neuves pour répondre à l'augmentation des patients,  etc.

Cependant -à jouer à ce petit jeux - je crains  que les désastres environnementaux et de santé publiques ne progressent plus vite que notre croissance économique... il se pourrait que nous ne soyons plus en mesure de soigner les maux que l'Homme a créé... on laisserait alors du monde sur le carreau, et pas que des humains!

Pour tout savoir sur le projet LIFE:
 http://www.groupeirhenvironnement.com/IRH-Environnement/telediag/SWAP-CPP/index.html

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 09:07

Voici une interview de Dominique Belpomme, chargé de mission pour la mise en oeuvre du Plan Cancer, professeur en cancérologie à l'Université Paris-V. Il a fondé l'Artac en 1994, écrit "Ces maladies crées par l'homme en 2004", et maintenant lance "L'appel de Paris". A lire attentivement !

«Nous voulons promouvoir le concept de santé durable»

Journal de l'Environnement 03/11/2006 12:00
Dominique Belpomme, cancérologue à l’hôpital George Pompidou et président de l’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac), revient pour le JDLE sur le colloque relatif à l’appel de Paris qu’il organise le jeudi 9 novembre. 160 propositions vont y être présentées afin d’améliorer la prise en compte de la santé environnementale en France et dans le monde.

Pouvez-vous nous rappeler l’objectif de l’appel de Paris ?

L’appel de Paris comporte trois articles. L’article 1 stipule que «le développement de nombreuses maladies actuelles est consécutif à la dégradation de l'environnement», le deuxième que «la pollution chimique constitue une menace grave pour l'enfant et pour la survie de l'homme.» Enfin, l’article 3 énonce que «notre santé, celle de nos enfants et celle des générations futures étant en péril, c'est l'espèce humaine qui est elle-même en danger.» Depuis deux ans, les travaux scientifiques n’ont malheureusement fait que confirmer tout cela.

Ces propos paraissent alarmistes, au moment où les Européens n’ont jamais vécu aussi longtemps…

L’espérance de vie s’est aujourd’hui stabilisée, mais va bientôt commencer à diminuer. De toute façon, il s’agit d’un faux indicateur. Le vrai problème est la baisse de la natalité. En Europe, on assiste à la plus grande décroissance de la natalité jamais vue.

Mais elle est due au recours à la contraception, non ?

Selon moi, 15% seulement des couples européens n’ont pas d’enfant grâce au recours à la contraception, mais il y en a aussi 15% qui n’ont pas d’enfant car ils sont hypofertiles ou infertiles. Et ceci est dû à l’environnement.

Que proposez-vous ?

Aujourd’hui, on met l’accent sur le développement durable, en mettant l’environnement au service de l’économie. C’est d’ailleurs pour cela que les entreprises ont aussi facilement adopté ce principe. Mais il faut faire l’inverse, en mettant l’économie au service de l’environnement et de la santé. Nous voulons développer le concept de «santé durable», en plaçant la santé au centre de toutes les préoccupations.

Le gouvernement français a commencé à se préoccuper de la santé environnementale, notamment avec le Plan national santé environnement (PNSE), en 2004. Qu’en pensez-vous ?

Le PNSE est au point mort. C’est un affichage gouvernemental, mais rien ne suit. Et même s’il était appliqué, ce plan serait en dessous de ce qu’il faudrait faire. Je peux aussi affirmer dès aujourd’hui que le Plan cancer sera un échec. Il se concentre sur le tabac et l’alcool alors que ce sont des problèmes en grande partie réglés. Les chiffres officiels estiment entre 7 et 20% les cancers liés à l’environnement. Mais ils sont en dessous de la réalité: selon moi, 10 à 15% sont liés aux virus, 10% aux rayonnements, et 50% à l’exposition aux produits chimiques. Or, on ne fera plus que très peu de progrès en innovation thérapeutique. La prévention primaire devient donc essentielle. Il faut diminuer les sources de contamination.

Comment ?

Lors du colloque du 9 novembre, nous allons présenter 160 mesures. Certaines -la mise en ordre des produits chimiques par exemple- sont déjà prévues par des réglementations européennes comme Reach (1). Nous voulons aussi pointer le doigt sur des molécules comme le bisphénol-A, les retardateurs de flamme, les phtalates, etc. Nous souhaitons enfin que les affaires de santé environnementale aillent davantage en pénal.

Si le gouvernement n’est pas à la hauteur, à qui faites-vous confiance pour appliquer les mesures que vous préconisez ?

La Commission européenne nous écoute. Certains pays moteurs, comme les Etats scandinaves, peuvent donner l’exemple. Nous espérons par ailleurs que le colloque du 9 novembre fera réagir les politiques, et que la santé environnementale sera un thème important des présidentielles de 2007. Pour le moment, les parlementaires restent peu conscients des enjeux.

Vous visez un million de signatures à l'appel de Paris. Où en êtes-vous ?

Nous en sommes à 250.000. Nous irons jusqu’au bout, quel que soit le temps que cela prendra. Les colloques, que nous comptons organiser tous les deux ans, doivent nous permettre d’atteindre le million de signatures.


(1) Il s’agit d’un règlement et d’une directive sur l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques.

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 14:16

Une fois de plus, la nature enseigne à l'homme son complexe de supériorité sur la nature. En effet, la nature nous montre qu'elle n'a pas besoin de nos inventions de laboratoires pour inventer le futur de la vie sur Terre: une belle leçon qui devrait rendre nos chercheurs humbles...

Le Tardigrade est un invertébré - entre la crevette et l'araignée - qui vit ordinairement dans les petites flaques autour des mousses et lichens. Sans eau, il se dessèche et semble mort. Il peut rester ainsi plusieurs centaines d'années. Une goutte d'eau et il revient à la vie !

Mais ce n'est rien à côté de ce qu'il peut subir: on peut le congeler à -272°C, le faire bouillir à 150 °C, le plonger dans le poison, l'acide, l'alcool,  l'enfermer dans le vide complet, l'écraser sous une énorme pression ou l'exposer à des radiations qui tueraient un homme... si ensuite on trempe notre petit Tardigrade dans l'eau, il repart sur ses 8 pattes !!! Incroyable, un véritable mystère pour la science, aucune autre forme de vie n'y aurait résisté. Et s'il venait d'ailleurs, d'une autre planète ?!!!

Il existe d'autres animaux qui supportent la déshydratation totale pendant plusieurs années et qui reviennent à la vie à la première ondée : comme le Nématode (petit ver) et l'Artémie, un minuscule crustacé qui vit dans des eaux hyper salées, ce qui est déjà en soi un milieu extrême.

Bref, avec ce champion toute catégorie des milieux extrêmes, le Tardigrade sera le successeur de l'être humain et des dinosaures sur Terre. Il ne reste plus qu'à l'Humanité de choisr le moyen de s'exterminer elle-même: radiations mortelles dues au trou dans la couche d'ozone, explosions nucléaires, contamination de la nourriture par les pesticides, guerres bactériologiques et chimiques, OGM... etc... la Nature a tout anticipé pour un redémarrage d'une autre forme de vie sur Terre.

Enfin une bonne nouvelle: nous pouvons mourir en paix, la relève est assurée. Vous reprendrez bien une dose de glyphosate pour la route ? ;-)

Pour en savoir plus: http://olivier.geoffroy.club.fr/webiologie/montardigrade3.html

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 19:30

Un témoignage vient d'arriver sur mon blog cet-après-midi même.
Rien à rajouter, tout est dit...

Suivez le lien:
http://blogfranckpascal.over-blog.com/article-2431662-6.html

A+

Franck

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 17:59

Comment sera 2006 ?

Un peu trop tôt pour le dire. Pour l'instant, on ne peut que se réjouir de la qualité: de beaux raisins, sains et goûteux. Nous sommes contents d'être parvenus à "faire l'appellation", ce qui signifie que la quantité de récolte atteind le quota fixé pour 2006. Ce n'était pas gagné, mais c'est fait ! C'est un point positif pour l'équilibre financier délicat de notre structure.

On pourrait développer d'avantage le point qualitatif en citant les très bons pH (3,05 à 3,09) ou encore les acidités ou les degrés, mais je ne pense pas que ça parle au visiteur de ce blog. Je laisse donc tomber.

Je tiens à remercier encore nos vendangeurs pour leur coup de sécateur précis lorsqu'il était nécessaire de "trier le bon grain de l'ivraie" lorsqu'il y avait du botrytis. En étant au pressoir, j'ai pu constater le contenu de chaque caisse en  versant les raisins avec précaution. Rien ne nous échappe sur la qualité du travail des coupeurs à ce poste.

Parlons un peu du pressurage...

Pendant que je parle du pressoir, je peux exprimer ma satisfaction de travailler avec un pressoir très qualitatif. Depuis 2001, il nous montre sa capacité à s'adapter à la qualité des raisins.

Quelques explications préalables: si on regarde un raisin en coupe, il y a de l'extérieur vers l'intérieur:
- la peau du raisin,
- de la pulpe (difficile à pressurer)
- la partie juteuse de la baie amprisonnée dans des cellules qui écatent à faible pression
- de la pulpe (difficile à pressurer)
- les pépins (au centre)

Un pressurage Champenois de qualité consiste à extraire le jus des cellules qui éclatent à faible pression sans extraire le jus de la pulpe... plus facile à dire qu'à faire, non ? C'est à cette condition qu'on obtient des jus d'une grande finesse et d'un beau potentiel de garde. Les jus de la pulpe sont plus grossiers, plus chargés en éléments minéraux et de moins bonne garde. Les deux jus sont intéressants; mais pas pour les mêmes raisons. On peut les associer pour l'élaboration du champagne. Comme pour tout assemblage, les pourcentages de chacun sont variables selon l'année et selon le vin que l'on souhaite obtenir... d'où la nécessité de bien les scinder lors du pressurage !

Pourquoi suis-je content de notre pressoir ?

Il faut savoir que selon le climat de l'année, le cépage, la charge de la vigne ou encore l'avancement de la maturité, le raisin se pressure pas de la même manière. Par exemple, si la peau de la baie est dure, la pression qui s'applique sur les raisins montera assez rapidement jusqu'à ce qu'on atteigne le seuil auquel la peau va céder... libérant ainsi le précieux jus. Si on fait pareil lorsque la peau est fragile, on va directement extraire les jus les plus grossiers et beaucoup de couleur... Voilà pour le principe.

Comment savoir que la pression exercée est suffisante quand on n'est pas dans le pressoir ?
Ca, on peut le savoir en fonction de l'écoulement des jus. Si les jus s'écoulent "rapidement", c'est que le seuil est atteint... ensuite, pour conduire un pressoir, il faut augmenter la pression lorsque le débit des jus chute; ou maintenir la pression à sa valeur si le débit de jus est soutenu... car il faut extraire le jus ni trop vite ni trop lentement. C'est là toute la difficulté de la conduite du pressurage ! Difficle de juger de tout ça à l'oeil !


Heureusement le constructeur de notre pressoir a pensé à tout: pour connaître objectivement l'écoulement des jus, notre pressoir est doté d'un débimètre à sa sortie. En trois heures et demie - quatre heure, le jus est extrait en douceur des baies et le fractionnement est réussi. S'il fallait rester concentrer pendant 4 heures sur l'écoulement des jus pour commander manuellement son pressoir, ce serait bien difficile d'arriver à tenir 15 ou 20 heures de suite avec la même aciduité... la technologie - tout en adaptant le pressurage à la qualité du raisin - permet d'être plus réactif, plus précis et plus objectif que l'homme pour ce type de tâche .

Et après le pressurage ?

Les jus (moûts) sont décantés pendant une douzaine d'heures pour les débarrasser de la poussière ou des débris végétaux qui naissent lors du pressurage. C'est ce qu'on nomme le débourbage, une étape obligatoire en Champagne. Ensuite, les moûts sont acheminés dans les cuves de fermentation.

Les fermentations sont bien engagées. Le moût est en train de devenir vin. Il est difficile de déguster en cours de fermentation à cause du sucre résiduel et des arômes de levures plus ou moins prononcés selon qu'il s'agit de levures indigènes ou de levures sélectionées. Toutefois, à ce que j'ai pu sentir,  ça se présente plutôt bien... mais ne nous précipitons pas. Laissons le vin se faire et nous jugerons du résultat dans quelques semaines.

Comme je le disais lors de mon précédent post, la maturité phénolique de 2006 est plus avancée que celle de 2005. Ceci nous a permis de tenter une vinification en rouge... on en reparlera plus tard.

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 07:27

Ca y est, le moment est venu de récolter les fruits d'une année de labeur... avons-nous bien travaillé ? Avons-nous fait les bons choix ? C'est le moment de vérité, on ne peut s'y soustraire !

Par exemple, vous pouvez voir sur la photo ci-dessus une de nos vignes dont j'ai travaillé le sol voilà 4 ou 5 ans.

L'ancien exploitant désherbait cette vigne, ce qui a provoqué l'érosion du sol. Il était impossible de passer dedant avec un chenillard tant le sol était creusé en milieu de rang. J'ai donc passé les charrues et ait remis le sol à plat en 2 ou  3 passages afin de pouvoir la cultiver / traiter au chenillard. La vigne ne s'en est toujours pas remise.

Après 3 années de biodynamie "intensive" pour remettre la vie du sol en route, l'herbe commence naturellement à pousser... La vigne est enfin remise sur le chemin des vins de terroir : ce n'est plus l'engrai qui nourrit la vigne, mais le sol - par l'activité minéralisante des micro-organismes - qui va pourvoir aux besoins de la plante. C'est un point de passage difficile pour la vigne, mais il est nécessaire pour obtenir de grands vins. Maintenant que le moteur de la fertilité est en route (activité microbienne du sol) , la vigne va pouvoir gagner de la vigueur et renouer avec un rendement honnête.

Nos premières impressions sur la vendange 2006:
La vendange se présente bien: les degrés sont beaux et les acidités (nécessaires à l'équilibre du vin) sont dans la bonne fourchette (entre 7,5 et 8 sur les premiers marcs). On est sur l'équilibre du Millésime 1998... pourvu que ça dure car 98 était magnifique. 2006 présente une maturité physiologique et phénolique plus avancées. On peut espérer des vins plus riches, en espérant qu'ils aient autant de finesse.

Côté rendement, les vignes sont à plus au moins 2000 kg/ha autour du rendement de l'appelation (13000 kg/ha), sauf pour la vigne cité ci-dessus (7000 kg/ha). Les raisins sont petits, ne pèsent pas très lourds. Certaines vignes ont des raisins atteints de botrytis et d'autres sont totalement saines. Comme chaque année, notre équipe de  vendangeurs a été briefée pour qu'une étape primordiale soit réalisée lors de la cuieillette: obligation de trier le botrytis avant de poser un raisin dans le panier. En moyenne, le nombre de grappes touchées est faible. Le tri ralenti l'avancement de la récolte, mais c'est un surcoût nécessaire à l'obtension de la qualité. Tous les surcoûts liés à un objectif de qualité (personnel pour le travail en biodynamie, travail manuel, vendangfes, etc) font que notre raison coûte 40% plus cher à produire que le raisin d'une personne en conventionnel cultivant la même surface (source: une étude réalisée à notre demande auprès de notre bureau comptable pour les exploitations de la même surface sur l'exercice 2005).

Sur le plan du botrytis, je me réjouis. La non-fertilisation des vignes couplée à la mise en place de céréales concurrençant la nutrition azotée de la vigne d'une part; et à la biodynamie renforçant les défenses naturelles de la vigne d'autre part, ont permis de voir une chuter fortement les attaques de botrytis entre 2005 et 2006. Certes, il reste toujours 2 ou 3 vignes difficiles, mais les choses évoluent dans le bon sens. On peut encore nettement progresser car j'ai vu dans la même parcelle des rangs où des raisins étaient atteints de botrytis et d'autre totallement exempts... nos poudrages de talc ne semblent pas homogènes... il faut que je fasse installer la poudreuse sur un autre engin qu'un chenillard... il serait alors possible de mieux couvrir les grappes... Si le poudrage est optimisé, le botrytis ne devrait plus être un gros pb à l'avenir.

Allez, je retourne au pressoir car les raisins provenant de nos vieilles vignes de Pinot Meunier d'Olizy seront là d'une minute à l'autre pour compléter notre 3ème marc. Désolé, je n'ai pas le temps de corriger les fautes de frappe qui n'auront pas manqué de se glisser dans ce texte.

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9 septembre 2006 6 09 /09 /septembre /2006 06:38

Voici un article rédigé par Frédéric PRAT de Kokopelli:

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 L ETAT FRANÇAIS serait-il un ETAT VOYOU ?

http://www.kokopelli.asso.fr/actu/new_news.cgi?id_news=74

Un jugement du tribunal d Alès du 14 mars 2006, a relaxé l association
Kokopelli qui oeuvre pour le maintien et la promotion de la biodiversité
cultivée et culturelle. Ses engagements lui avaient valu d être traînée
devant le tribunal pour « commerce de semences non inscrites ».

Le tribunal a débouté l Etat, du fait qu il ne respecte pas les lois ...
européennes comprises !!!

L association Kokopelli revendique et défend le droit des générations à
naître de choisir leur alimentation, en libérant la semence. L Etat, le
GNIS, la FNPSP (deux structures corporatistes, liées à l agrobusiness) nient
cette évidence. Se basant sur des lois d un autre siècle, de fait
passéistes, restrictives et castratrices, ces organismes ont fait appel de
la sage décision du tribunal d instance, au mépris de tout respect et de
tout bon sens. Cette affaire sera appelée à l audience du 31 octobre 2006,
cour d appel de Nîmes (Gard).

Cet appel n est pas dirigé contre Kokopelli : il est directement opposé à la
souveraineté alimentaire de chacun d entre nous. Cette négation du droit a
pour but de conforter quelques transnationales de l agroalimentaire dans
leur situation de monopole et de séquestration du vivant.

L association n a pas vocation à devenir abonnée des prétoires. Le
financement et les forces vives de Kokopelli doivent être consacrés à
transmettre un bien génétique reproductible, plus riche que celui dont nous
avons hérité : la semence est un patrimoine inaliénable de l ensemble de l
humanité. Nous défendons génétiquement, techniquement, biologiquement ce
patrimoine, réalisant de fait une mission de service public qui devrait être
assurée par l état.

Les accusations et diffamations portées contre nous tous, nous obligent à
vous solliciter, pour nous soutenir pécuniairement. Ces procès coûtent
chers, tant en temps qu en espèces sonnantes et trébuchantes. C est aussi
une volonté de nos accusateurs : nous épuiser financièrement, de façon à
éradiquer toute contestation alternative, révélant la complicité Etat
français-multinationales de l agrochimisemencière. Nous avons le courage, la
volonté, le devoir, de contribuer à faire émerger la vérité, de faire
perdurer la vie, au-delà de toute adversité.

Monsieur Chirac a qualifié d état voyou, ceux qui fournissent des pavillons
de complaisance aux pétroliers pollueurs de nos océans ; comment faut-il
appeler un pays qui fournit des pavillons de complaisance pour polluer de
façon irrémédiable nos semences en hypothéquant notre avenir et l accès à l
autosuffisance alimentaire de toute la planète ?

Nous sommes tous concernés ; si vous avez la possibilité d être solidaire
avec nos actions, vous pouvez envoyer vos dons différenciés, à l ordre de
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Published by Franck PASCAL - dans Actualité
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Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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