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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:48
Cuv--e-Emeric-dt.jpgPourquoi ce nom ? Il s'agit du prénom de notre petit dernier, Emeric, né en 2003.
Nous souhaitions donc créer une cuvée à son honneur, tout simplement.

2003 était une année particulière... comme chaque année me direz-vous ?
Certes, mais 2003 était la première année marquée par un phénomène auquel il faut s'attendre de manière plus fréquente en raison du réchauffement climatique: les vendanges en Champagne avaient débuté le 18 Août dans les secteurs les plus précoces au lieu de la mi-septembre habituellement... le 4 septembre chez nous.

A cela, deux raisons: 
- la première: les gelées de printemps avaient détruit une grande partie de la récolte du vignoble, notamment les Chardonnays... le rendement moyen en Champagne en 2003 a été bien plus faible que généralement
- la seconde: LA Canicule était passée par là, accélérant fortement la moyenne des températures du mois d'Août, d'où une avance considérable de la maturité des raisins.

Ce climat atypique cause des soucis: les acidités des vins, brûlées par le soleil, sont très faibles. 2003 est considéré comme une année moyenne en Champagne, notamment pour les Pinots Meuniers jugés lourds et manquants de finesse en raison d'une forte maturité et d'un manque d'acidité.

C'est pourtant un 100% Pinot Meunier 2003 que nous avons sélectionné pour la cuvée Emeric.Il s'agit de vieilles vignes de Pinot Meunier, sur un sol très argileux (54% d'argiles) à calcaires durs. C'est un type de sol avec une grande capacité de rétention en eau tout en étant filtrant. Comme à son habitude, le rendement dans ces vieilles vignes fût de 9900 kg/ha, soit 60 hl/ha.

Cette parcelle n'a subi aucun désherbage, aucun insecticide ni aucun anti-botrytis depuis 1998. De plus, cette parcelle était cultivée sans pesticide ni engrais depuis plusieurs années et avait connu deux années de biodynamie.

Dans cette parcelle, l'enherbement naturel a retardé le réchauffement du sol au printemps. Ceci a retardé le débourrement de quelques jours et les bourgeons ont échappé à la gelée. C'est le premier point positif pour la conservation du rendement cette année là.

La seconde raison de la conservation du rendement habituel dans cette parcelle est liée au sol. La vigne est maintenue partiellement enherbée toute l'année pour permettre la présence d'une grande biodiversité floristique et faunistique. Le sol est vivant grâce aux préparations biodynamiques; et surtout grâce à l'absence de pesticide. La vie des micro-organismes fut maintenue pendant la canicule grâce à l'ombre que représente l'herbe et aux binages sur la partie de sol travaillée à la charrue. Ce binage avait  pour rôle de briser les canaux de remontée capillaire de l'eau, préservant ainsi les réserves hydriques pour la vigne.

Le 17 Août 2003, un orage de 53 mm a pu s'infiltrer dans le sol sans causer la moindre érosion. Les réserves hydriques ainsi rechargées, couplées à un travail du sol précis, ont permis à la vigne de bénéficier d'une bonne hydratation.

Aux vendanges, les raisins étaient magnifiques, sans la moindre trace de stress hydrique. Le pressurage s'est déroulé parfaitement. On m'avait prévenu que l'extraction du jus des baies serait difficile en fin de pressurage, ça ne fût pas le cas car la sécheresse n'avait pas altéré les baies.

Du fait de la qualité des raisins, aucun enzymage, ni tanisage, ni décoloration n'ont été pratiqués. De la même manière, les fermentations malolactiques naturelles n'ont pas été bloquées, le vin n'a pas été passés au froid, ni collés, ni filtrés. 

Bref, la personnalité du vin et de l'année n'ont pas été "corrigées" pour plaire au plus grand nombre. C'est plutot aux amateurs de vins authentiques d'apprendre à aimer ce vin riche, puissant, onctueux, franc, minéral et complexe. 32 €

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Published by Franck PASCAL - dans Revue de presse
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Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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