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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 10:37
OGM, bon ou pas bon pour l'humanité ?

Je ne retiens qu'une chose: les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides dans les aliments sont plus élevés dans le cas des OGM "pour tenir compte de la spécificité OGM"...
Les teneurs en résidus de pesticides (LMR) autorisées dans l'alimentation de l'homme, dans le cas des OGM, sont jusqu'à 200 fois supérieures à celles tolérées pour la culture chimique (dite "durable" ou "raisonnée").

En fait, si vous allez voir les données concernant les OGM résistants au glyphosate, vous verrez que les LMR sont fortement en augmentations pour de nombreux aliments. La base de donnée est sur http://e-phy.agriculture.gouv.fr/
Vous trouverez les normes concernant les résidus de glyphosate tolérés dans les aliments à cette adresse:
http://e-phy.agriculture.gouv.fr/lmr/sublmr/191.htm

Vous constaterez que la LMR est de 0,1 pour presque tous les aliments, sauf sur le soja, plusieurs céréales, et olégaineux où cette valeur est multpliée par 200: LMR= 20 au lieu de 0,1.

Pourquoi un tel écart ?
Les cultures de céréales peuvent être désherbées avant récolte (en fin de cycle) avec le glyphosate ou le sulfosate.
Elles seront donc contaminées par les résidus de pesticides de ces matières actives.
Pour les soja, ce n'est pas l'utilisation en fin de cycle qui pose le souci de LMR élevée; mais c'est leur résistance au glyphosate qui fait que cette matière active est régulièrement pulvérisée sur la culture sans causer sa mort. Leur résistance vient du fait que le soja empêche le désherbant d'agir en le stockant au lieu qu'il aille détruire les parties vitales de la plante. Ce stockage entraîne une concentration sans précédent dans la plante. C'est pourquoi la LMR se doit d'être aussi élevée: une LMR standard entraînerait l'interdiction de commercialiser le soja OGM !

Le rapport d'étude de 28 pages est disponible ici.
(http://www.iph.fgov.be/reports.asp?Lang=EN&Year=2001&Jump=Y, descendez jusqu'à la catégorie "reports", c'est le premier).
Pour le soja, les choses sont particulières: non seulement il bénéficie d'une LMR très élevée pour le glyphosate, la LMR20 et en plus, il bénéficie d'une LMR 10 pour la matière active cathion triméthylsulfonium, une variante du glyphosate, le sulfosate (LMR 10 signifie LMR multipliée par 100). Cette norme sur le sulfosate n'est nécessaire que pour les soja transgéniques car les soja normaux, même désherbés avec cette matière active en cours de végétation ou juste avant récolte, ne présentent jamais de niveau de résidus justifiant un seuil aussi élevé. C'est bien l'aspersion de ces matières actives sur la plante cultivée elle-même, couplé à l'effet de stockage de la molécule (pour que le plante résiste au désherbant), qui nécessitent encore une fois des normes particulières...

La firme avait demandé à l'Europe de réhausser les seuils des LMR pour ces deux substances. Comme l'Europe a accepté, l'importation de soja transgénique devenait autorisable en Europe... Ces soja entrent en grande proportion dans la nutrition animale. Malheureusement, les animaux sont plus souvent considérés comme des usines sur patte et non comme des êtres vivant... ce qui autorise les industriels à nourrir leurs animaux avec ces aliments riches en pesticides. La conséquence ne se fait pas attendre... les pesticides s'accumulent aussi dans les animaux, dont les parties commestibles. Au lieu de s'interroger sur le bien fondé de ces dérives, la solution est simple: Pourquoi ne pas augmenter les LMR dans les aliments issus de ces animaux nourris avec des OGM bourrés de pesticides ??

Encore une fois, pour des raisons "économiques" (quand on ne regarde pas les conséquences sur la santé publique),  la décision a été prise de revoir à la hausse les LMR autorisées pour les viandes, foies, rognons, oeufs et lait. Que ne ferait-on pas pour que les soja transgéniques puissent être importés en Europe. Quand on pense qu'il aurait suffit de laisser les LMR définies avant l'existance des OGM pour qu'ils trouvent pas de débouchés en Europe !! En clair, cela signifie que les LMR autorisées pour les viandes (etc) sont environ 10 fois supérieures au niveau autorisé dans les végétaux !

A quoi bon avoir fixé des LMR sensés tenir compte à la fois des besoins de l'agriculture intensive et d'une prise en compte des seuils à partir desquels un effet sur la santé a été décelé; si c'est pour ensuite autoriser des seuils 10 à 200 fois supérieurs à ceux fixés au préalable ?

Enfin, pour terminer sur ce sujet, on trouve un texte dans la Gazette du Canada, l'équivalent de notre Journal Officiel.
A l'adresse suivante: http://gazetteducanada.gc.ca/partl/2003/20031122/html/regle12-f.html vous trouverez un texte qui permet de comprendre le processus de décision d'un pays. Il mérite d'être lu intégralement!

On y lit par exemple:
"La présente modification réglementaire proposée établirait une LMR pour les résidus de cation triméthylsulfonium (notre fameux sulfosate) résultant de cette utilisation dans le soja de manière à permettre la vente d'aliments contenant ces résidus.
La présente modification au Réglement établirait également des LMR dans le lait; les oeufs; les rognons de chevaux; la viande et les sous-produits de viande de bovins, de chevaux, de chèvres, de moutons et de porcs; et la viande de volaille pour englober les résidus présents dans les aliments dérivés d'animaux nourris avec les récoltes traitées au glyphosate"

Une mention particulière pour le paragraphe "avantages et coûts": les avantages 'pour le consommateur et l'industrie agricole... la création de réserves sûres et abondantes... avec des doses de résidus acceptables".
Cette analyse est-elle véritablement objective en ce qui concerne les bienfaits pour l'humanité des OGM résistant au glyphosate ??

Actuellement, les vins issus de vignes traitées avec des substances chimiques (on appelle ça la lutte raisonnée ou ll lutte durable) vins peuvent contenir jusqu'à 5800 fois plus de pesticides par litre que le maximum autorisé pour l'eau potable... Imaginez si la viticulture devait elle aussi vivre une mutation OGM... quelle incidence le vin aurait-il sur la santé si les résidus de pesticides dans le vins étaient encore multipliés par un facteur 100 ou 200!!







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Published by Franck PASCAL - dans Traçabilité
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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 08:32

Je ne parle pas de moi car je suis encore assez jeune... vous allez comprendre.

Le 10 Août dernier, j'ai effectué mon dernier traitement de protection du vignoble. Parlons de ce dernier traitement!

Il faisait froid pour la saison, j'ai donc utilisé une tisane d'ortie en complément de mon traitement pour réduire la dose de cuivre employée. L'ortie stimule la circulation de la sève, comme elle stimule la circulation de notre sang lorsqu'on se pique. C'est l'une des raisons pour lesquelles elle modifie le terrain de la vigne afin que le mildiou ne s'implante pas.

De plus, puisqu'on était proche du périgé lunaire, j'ai aussi pulvérisé sur le feuillage de la vigne une décoction de prêle. Le périgée lunaire est une période critique durant laquelle les maladies cryptogammiques sont stimulées. En cette période, la lune a une attractivité très forte: les forts coefficients de marrée en témoignent. La conséquence: la pression athmosphérique varie, l'anticyclone s'éloigne de nos côtes atlantiques et de fortes précipitations sont attendues sur notre vignoble. La prêle est donc indispensable car elle a la faculté de repousser les agressions des maladies cryptogammiques. Il est tombé l'équivalent de plus d'un mois de précipitations en 36 heures. Je préfère mettre toutes les chances de mon côté.

Ces précipitations ayant été anticipées par météofrance, j'ai choisi d'utiliser de la bouillie bordelaise à la dose de 1,5 kg par ha (soit 300 g de cuivre par ha) avant leur arrivée . Ceci porte le cumul des doses de cuivre employées à 5049 g/ha pour la saison 2006.  Compte-tenu de la météo chaotique de cette année, je trouve que c'est une jolie performance. Rappelons que le cahier des charges AB (Agriculture Biologique) impose un total de cuivre annuel inférieur ou égal 6000 g/ha.

Je m'éloigne de l'objet de ce message.

Lors de ce dernier traitement, je suis tombé en panne de matériel. En attendant le dépanneur, un confrère de 86 ans qui revenait d'une de ses parcelles s'est arrêté et nous avons discuté. Ce fût une discussion pleine de bon sens. Il m'a fait part de queqlues-unes de ses expériences. Or, l'expérience des vignerons de cette classe d'age est primordiale pour moi. Voici quelques extraits:

"Il y a trois ans, j'avais désherbé une vigne avec du désherbant au printemps. La vigne n'était pas belle. Je crois que le désherbant était resté sur l'argile car l'argile est impérméable. Comme les racines de la vigne sont à l'horizontale, elles ont dû en prendre un coup. Depuis je ne désherbe plus et je coupe l'herbe à la main. Mes vignes beaucoup plus belles."

C'est aussi ce que j'ai constaté quand j'ai arrêté de désherber les miennes à partir de 98. Mes vignes étaient pimpantes alors que les vignes voisines avaient l'air tristes et en mauvais état.

"Tu fais tes vignes en bio ? Pourtant tu traites. Je croyais qu'on avait pas le droit de traiter en bio ???
- Heureusement qu'on a le droit de traiter sinon on n'aurait pas de récolte. Simplement on n'a pas le droit d'utiliser de produit chimique de synthèse: aucun contact chimique, aucun produit pénétrant, aucun produit systémique. On a juste le droit d'utiliser des sels d'oligo-éléments comme les sels de cuivre et le soufre. Contre les vers de la grappe et les mange-bourgeons on utilise des micro-organismes parasites. Il y a une solution à tout en bio. Mais surtout, pour réduire les doses de cuivre et de soufre, on utilise des tisanes et décoctions de plantes. Pour mon dernier traitement, j'utilise une tisane d'ortie et une décoction de prêle en complément d' 1,5 kg/ha de bouillie bordelaise.
- Tu sais gamin (expression locale utilisée quand une personne expérimentée s'adresse à une personne avec moins d'expérience), tout ce que tu pourras faire sans la chimie sera meilleur pour toi et pour ton vin.
- J'en suis conscient, c'est pour ça que j'ai converti tout mon vignoble en biodynamie. Mais je souhaite encore progresser et réduire encore les quantités de cuivre et de soufre utilisées. Pour ça, il faudrait que je fasse un système pour récupérer l'eau de pluie. En utilisant l'eau de pluie (déminéralisée), on extrait mieux les éléments des plantes lors des tisanes et décoctions. De plus, on évite que le cuivre et le soufre se lient aux éléments minéraux contenus dans l'eau de la concession. On arrive à la même efficacité de traitement en utilisant moins de quantité.
- Tu sais, j'ai un jardin avec une cabane de jardin. Ma goutière descend dans un bidon. J'utilise cette eau pour arroser mes légumes.  Quand je n'ai plus d'eau dans mon bidon, j'utilise le jet d'eau. Tu me croiras si tu veux; quand j'utilise l'eau de la concession, mes légumes sont moins beaux. Ils font la tête"

Il regardait ma vigne:
"T'as de la récolte là-dedans, gamin.
- Oui, je vais en avoir besoin car certaines vignes ont pris la grêle. Il faudra attendre que ça murisse.
Il y a aussi de l'herbe. Il faudrait que je repasse la charure intercep mais je crois que je n'aurais pas le temps avant la pluie. Heureusement que je ne mets pas d'engrai depuis plusieurs années car l'herbe pousse à une vitesse!
- tu sais, moins tu mettras d'engrai, meilleur sera ton vin. Biensûr, il faut en mettre un peu, mais la juste dose. En plus, ta vigne aura moins de maladie"

Une grand-tante m'avais dit ça il y a quelques années:
"Avant qu'on mette de l'engrai dans les vignes, le vin était meilleur. Si tu ne mets pas d'engrai, tu feras du meilleur vin."

Bon, j'arrête-là car il y aurait encore tant à dire!
Je tenais à retranscrire ces quelques échanges car ce n'est malheureusement pas ce qu'on entend le plus courramment lors des discutions entre vignerons. Le fait qu'une persone d'expérience (= avec plus de 50 ans de recul) le dise me conforte dans mes choix et dans mes opinions.

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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 21:28

Comme à chaque 31 Juillet, nous procédons à l'inventaire.

Chaque structure viticole est tenue de déclarer aux services de la viticulture et aux douanes les stocks de vins en cerlces (terme relatif aux cerclages des fûts et autre contenants bois. Aujourd'hui le terme cuves serait peut-être plus adapté) et les stocks de vin en bouteilles.

Ainsi, en ce jour (et encore demain), chaque palette de champagne et chaque carton en cave a fait l'objet d'un comptage et d'un pointage minutieux afin de déclarer nos stocks avec la plus grande exactitude.

Nous avons veillé à tenir les comptes des vins non millésimés mis en bouteille depuis moins de 15 mois et des vins millésimés mis en bouteilles depuis moins de 3 ans car ils n'ont pas encore le droit d'être commercialisés. Seul les vins non millésimés mis en bouteille depuis plus de 15 mois et des vins millésimés mis en bouteilles depuis plus de 3 ans on le droit d'être commercialisés. Ca fait quelques bouteilles à compter car les stocks en Champagne sont très importants ! 

La champagne est d'ailleurs une exception comptable par rapport à toute autre industrie (agroalimentaire ou manufacturière) car c'est la seule où on ne peut pas réduire les stock et encours pour réduire la pression fiscale. Dans le système fiscal Français, la minimisation des stocks (et encours de production) est un objectif permanent pour améliorer la rentabilité financière d'une entreprise. En effet, les stocks coûtent à produire et constituent une immobilisation de trésorerie obligeant à avoir recours à des emprunts pour générer de la trésorerie. De plus, la création de stock constitue un bénéfice imposable (dixit mon prof de compta - ESC Clermont Ferrand - lorsque j'étais en école d'ingénieur dans cette ville). Voici encore une exception champenoise qui explique partiellement pourquoi les vins de notre région reviennent si cher à produire.

Imaginez quel serait le prix d'une voiture si chaque constructeur devait construire les stockages de 2 à 3 années de production de véhicules avant de pouvoir les vendre !!

Chaque année, la "déclaration de stocks" doit être remise en mairie vers le 10 Août.
Plus que quelques jours ! A nos calculatrices !

Pendant ce temps-là, au vignoble, notre colaborateur continue de débroussailler les quelques hectares de vignes particulièrement envahis par l'herbe. Et oui, pendant que je suis en train de compter des bouteilles et remplir des documents administratifs, je ne suis pas sur mon tracteur en train de passer les cover-crops, ni les interceps hydrauliques... Ce n'est pas toujours simple d'optimiser l'organisation du travail pour réduire les coûts de revient !

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Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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