Depuis, 24 mm de pluie sont tombés.
Ce matin, le brouillard lève de partout. Il devrait persister jusque vers 10h-midi.
L'humectation du feuilage sera forte.
La bouillie bordelaise est donnée pour résister à 20 mm de pluie ou à un équivalent brouillard/rosée de 20 mm de pluie. A priori, la protection effectuée hier serait déjà insuffisante... nous verrons bien.
Il y a déjà eu des précipitation de plus de 50mm entre deux traitements suivi de rosées fortes sans qu'il y ait de maladie pour autant.
Plusieurs facteurs qui expliquent cela:
- le traitement est localisé sous la feuille, donc à l'abri du lessivage (sauf sur la bordure de la feuille, là où la goutte d'eau se forme et stagne).
- en l'abscence de vent pendant la pluie, la feuille n'est pas retournée et la face inférieure de la feuille reste sèche (enfin, comparativement à la face supérieure).
- la prêle modifie le terrain et a un effet répulsif du mildiou.
Les sols travaillés sont imbibés d'eau. Il faut attendre qu'ils ressuient (=sèchent pour avoir une portance).
Je pense que nous repasserons Lundi ou Mardi selon la météo, avant d'éventuelles sorties de tâches de mildiou.
En effet, il faut s'assurer que le cuivre sera en état d'agir là où une fructification du mildiou voudrait s'installer.
Le but est de détruire les spores de mildiou avant qu'elles n'aillent contaminer d'autres ceps.
Finallement, on a eu bien fait de passer avec une dose plus élevée que les autres années.
Le premier traitement du vignoble a débuté hier pour se terminer ce matin, avant les pluies.
C'était juste! On ne pouvait pas reculer d'avantage car le mildiou était dans les starting-blocs.
Il n'attendait que le "coups de sifflet": une pluie. Elle est venue à 13 heures.
Alors hier, Stéphane aux manettes du chenillard équipé d'une turbine SOLO,
et moi au volant de notre micro-enjambeur (un CAVAL 3 roues motrices) avons sillonné les rangs de vigne.
Objectif: couvrir parfaitement les feuilles et les jolies grappes de raisin.
Une fois n'est pas coutume, nous débutons la protection avec des doses élevées.
Il faut dire qu'en quelques jours, les vignes se sont métamorphosées.
Le chardonnay compte environ 10 feuilles, le pinot meunier 7 feuilles et le pinot noir est à un stade intermédiaire.
Le climat était chaud et sec, avec des nuits fraîches, sans rosée matinale (c'est rare dans notre vallée).
Inutile donc de stresser à cause du mildiou. C'est plutôt le démarrage en trombe de l'Oïdium qu'il faudrait craindre dans les prochains jours.
Cependant, j'ai décidé de prendre moins de risque vis à vis des maladies que les années passées.
Habituellement, le premier traitement a lieu avec 50 à 80g/ha de cuivre métal, plus un soupçon de soufre pour améliorer l'effet cuivre.
Cette année, nous débutons avec 240 g/ha de cuivre métal (1,2 kg de bouillie bordelaise) additionné de 4 kg/ha de soufre sur chardonnay et 3 kg/ha sur pinots. En effet, les vignes peuvent présenter une sensibilité oïdium à partir de la 7ème feuille et il est recommandé de débuter la protection dès la 10ème feuille. La météo fait pencher le risque cryptogammique du côté de l'oïdium plutôt que du côté du mildiou, alors nous avons frappé fort.
Ce n'est pas mon genre d'utiliser de si fortes doses, mais ce sera comme cela cette année :-)
Afin d'apporter un complément en principes actifs venant du vivant, nous avons aussi pulvérisé une décoction de prêle.
Enfin, nous avons laissé de côté l'eau de la concession pour les traitements.
Les mauvaises langues diront que c'est à cause de la taxe d'assainissement à payer alors que l'eau ne va pas à la station d'épuration. Il n'en est rien !
La raison est toute autre: les ions en suspension dans l'eau de la concession se combinent aux sels de cuivre, ce qui diminue l'efficacité de la bouillie bordelaise. Voilà, vous savez presque tout.
P.S. L'an passé, nous avions relevé les chardonnays le 3 Mai...
Les raisins sont cueillis, le vin fermente,
on pourrait croire que l'année est terminée. Vous pourriez croire que le vigneron se repose de son dur labeur... Erreur! La vendange n'est qu'un début.C'est le début des vinifications, mais c'est surtout le début d'une nouvelle année au vignoble. La prochaine vendange se prépare dès maintenant!
Les rameaux se sont tranformés en bois pendant que les raisins murissaient. On dit qu'ils ont aoûté. Les feuilles sont encore accrochées aux rameaux. Elles vont bientôt tomber, c'est la "chute des feuilles".
La sève alimente la feuille de vigne via de minuscules cannaux: les vaisseaux du bois. Pour protéger les rameaux de l'esca, la vigne fabrique un liège à la base de la tige de la feuille qui va obstruer ces canneaux. C'est une protection naturelle. Afin d'aider la vigne à synthétiser ce liège, nous effectuons une dynamisation de silice de corne appliquée juste après vendanges. C'est ainsi que nous avons vu l'esca régresser ces dernières années dans nos vignes.
Suite à l'épandage de cette préparation biodynamique, les feuilles prennent rapidement leurs couleurs d'automnes et chutent lorsque le liège est fabriqué... A mon sens, les gelées ne doivent en aucun cas être le facteur déclanchant de la chute des feuilles, car cela signifierait que le liège protecteur n'est pas en place et que les rameaux seront plus sensibles aux maladies du bois les années suivantes...
Avec la chute des feuilles, la vigne entre en dormance. Les feuilles mortes constituent une matière organique contenant environ 6% d'oligo-éléments et éléments minéraux (94% d'une plante est constituée de C, O, ou H, puisés dans le CO2 de l'air et dans l'H2O de l'eau). Il faut conserver cette ressource minérale jusqu'au printemps, lorsque les plantes les chercheront pour parfaire leur constitution. La forme "d'hibernation" doit donc être une forme non lessivable: la matière organique sera donc humifiée sous l'action de micro-organismes.
Pour favoriser cette humification; et pour développer le sol et sa structuration, nous utilisons une autre préparation biodynamique répondant au doux nom de "compost de bouse Maria Thun" (nom de son inventeuse). C'est une préparation qui s'utilise à 240 g/ha. Vous pouvez la voir ci-à-droite. Vous pouvez constater que des vers du compost y naissent presque spontanément...
Cette préparation va apporter une énergie à la vigne pour que le sol évolue vers une forme où la matière organique est mieux transformée et où le sol est mieux structuré (porosité accrue notamment)...
Dans le cas du compost de bouse Maria Thun, les énergies sont d'origine cosmique (et non comique). On connait tous l'influence de la lune sur les légumes du jardin ou sur les champignons... les autres planètes jouent aussi un rôle. Je suis conscient que ces notions peuvent paraître abstraites de nos jours, pourtant, on les constate. De nombreuses civilisations orientales connaissent les interactions entre les organes du corps humain et ces rythmes cosmiques. Ce sont des notions que notre monde matérialiste a bien souvent perdu, mais dont la médecine chinoise se sert encore aujourd'hui... parfois, lorsque la médecine moderne est dans l'impasse, les soins énergétiques qui tiennenent compte de ces aspects non quantifiables sont une bonne alternative... c'est un autre sujet qui montre que tous les aspects de la Vie sont imbriqués et qu'il serait déraisonnable de considérer uniquement ce qui est visible ou palpable pour réussir la culture des vignes.
La chute des feuilles est aussi la période pendant laquelle il est judicieux d'apporter les composts biodynamiques et autres apports organiques naturels au vignoble. En effet, cela facilitera la structuration du sol d'une part, et cela nourrira le sol d'autre part. Il est nécessaire d'avoir un sol bien nourri dans lequel la vigne ira puiser ses aliments en fonction de ses besoins. De manière conventionnelle, on cherche trop à assister la vigne par des engrais qu'elle prend de manière presque directe. Cette pratique est assimilable au gavage des oies et non à de la nutrition de pointe: la vigne, par la nature des engrais (partiellement ou totalement solubles), n'a pas la possibilité de faire le choix de ses aliments; ni de les équilibrer entre eux selon les besoins du moment... son alimentation est fréquemment carrencée ou excédentaire, ce qui fragilise sa santé.
Autre point important pour le printemps suivant: le travail du sol.
Au printemps, il est intéressant de conserver une flore diverse et variée dans la vigne. Cette biodiversité régule de nombreux ravageurs et auxiliaires de la vigne, tout en maintenant la Vie. Cependant, il faut veiller à ce que l'herbe ne vienne ni concurrencer la vigne sur le plan alimentaire et hydrique; et il faut veiller à ce que l'herbe sous les ceps ne monte pas au point d'asphixier les raisins. C'est maintenant que cet aspect de la culture de la vigne se prépare.
Ci-dessus, une vigne dont le sol n'a pas été travaillé depuis plusieurs semaines. Le sol est "à plat". La méthode que nous utilisons est celle qui était pratiquée autrefois. La viticulture traditionnelle a été affinée patiemment ,au fil des générations de vignerons, avant l'arrivée du désherbage chimique.
La technique est simple: on "chausse" la vigne à l'automne en créant une légère butte de terre sous le rang de vigne (appelé cavaillon). Au printemps, le passage de l'intercep sera facilité. L'herbe naissante (au stade plantule) sera chahutée lors du passage de l'outil et le "cavaillon" restera propre. Plusieurs outils de travail du sol sont utilisables pour réaliser ce buttage.
Pour cette fois, nous avons opté pour les cover-crop (voir photo du tracteur qui nous sert à travailler les sols).
Cette année, en raison de l'excès de pluie, les sols ont été trop peu travaillés.
En cette saison, l'humidité arrivant, nous déléguons le travail du sol aux vers de terre, pendant que le sol n'est pas trop froid.
Ca y est, on peut ranger les sécateurs !
2007 nous aura donné du fil à retordre avec une météo difficile de Mai jusqu'à la mi-Août. La pression mildiou a été particulièrement forte. Fort heureusement, l'état sanitaire des raisins s'est
bien maintenu jusqu'aux vendanges. Les raisins pressurés étaient magnifiques. On s'en sort bien, sur le fil du rasoir...
Les rendements sont satisfaisants, même si le potentiel en début de saison était supérieur à ce qui a été récolté, et que le rendement obtenu est inférieur aux autres années. La floraison, en
raison du froid, s'est étalée. Il a fallu insister sur la silice de corne afin de resserrer les écarts entre les raisins les moins mûrs et les raisins les plus murs.
Au pressoir, les raisins étaient beaux, propres et sains. La maturité des peaux et des chaires étaient au rendez-vous. Elle était parfois limite pour les pépins: ils commençaient tout juste
à chamoiser, leur cycle n'était pas totalement terminé. Nous avons donc retardé les vendanges dans les vieilles vignes destinées à la production du vin rouge maison. En effet, ici, les
tanins oenologiques sont proscrits, même (ou surtout) en rouge.
Une semaine avant vendanges, nous sommes allés dans les vignes avec un caviste Angevin. On a pu le rassurer sur deux points qui le désolaient depuis le début de son périple en Champagne:
- oui, il y a des vignes où la diversité biologique est préférée au désherbage chimique intégral
- oui, les rendements peuvent être contenus, les raisins peuvent avoir beaucoup de goût et les peaux montrer leur maturité phénolique par la présence de jolis tanins
Après 4 jours passés à silloner le vignoble, il était grand temps qu'il prenne conscience que nous sommes de plus en plus nombreux à bichonner nos vignes et à travailler dans le sens de la
Nature...
Nous avons terminé nos vendanges il y a peu car nous voulions profiter de l'occasion qui nous était donner de récolter les fruits de notre travail... C'est bien connu, les vendangeurs oublient
toujours des raisins. Parallèlement, les grapillons ont profité de l'été indien pour murir. Le degré moyen de ces raisins est de 10°9. La chaptalisation n'est donc pas nécessaire. Comme leurs
prédécesseurs, les jus n'ont ni été décolorés, ni enzymés, ni bentonités, ni caséinés, ni quoique ce soit d'autre. Seul le soufre fût utilisé.
Faute de chaleur, les raisins récoltés plus tôt donnent des vins avec une acidité bien présente. Comme en 96, les pH (inférieurs à 3,00) intensifient la sensation de trame acide et de structure
en bouche. Les vins sont précis, fruités, aériens et nets. C'est une année appropriée à la vinification en barriques.
Afin de favoriser la fermentation malolactique, nous commençons à chauffer le chai. Certes, ce n'est pas très écologique, mais on ne peut mieux faire pour l'instant... à suivre!
C'est la durée pendant laquelle nous n'avons pas enregistré de précipitation à Baslieux entre le 6 et le 8 Juillet... ça faisait longtemps qu'on avait vu un coin de ciel bleu ici ! Vous voyez ci-contre le ciel bleu du 11 Juillet 2007.
Juin et le début de Juillet 2007 resteront marqués dans les annales comme un retour anticipé de l'automne. Ciel gris, pluies fortes et fréquentes, entrecoupées d'orages violents. A ne pas oublier le 3 Juillet au soir un orage de grêle qui a fortement touché Festigny et Troissy (on parle de 40 à 60% de dégâts) avant de toucher plus légèrement 80% de la surface de notre vignoble.
Bref, une saison où la culture biologique devient difficile... car on ne peut passer dans les vignes pour les protéger quand on le souhaiterait. Le mildiou a profité de l'aubaine pour s'installer dans plusieurs parcelles, descendant parfois sur grappes et restant encore présent sur les entrecoeurs. Les grappes ont dépassé le stade fermeture de la grappe, ce qui réduit leur sensibilité au mildiou et à l'oidium. Maintenant, il faut surveiller l'évolution des baies grêlées pour prévenir le risque de pourriture (le botrytis cinerea est un champignon qui prolifère sur raisin pourri et propage la pourriture) . Une 501 (silice de corne) a été faite dans ce sens; et un poudrage de talc ne saurait tarder. La récolte n'est pas encore sauvée !
Espérons que le beau temps se rétablisse durablement avec la nouvelle lune ! Vous comprendrez que dans cette situation délicate, je n'ai pas beaucoup pris le temps d'alimenter ce blog. Je vais essayer de me rattraper en illustrant les dégâts de grêle et de mildiou par quelques photos.
Le mildiou sur le feuillage:

Ce sont les tâches que vous voyez sur les feuilles. Habituellement, on stoppe facilement le mildiou avec une a deux applications de Kocide (un sel de cuivre). Pour continuer dans nos déboires, les sacs de Kocide de l'an passé ont été altérés par l'humidité du local spécialement conçu pour stocker les produits de traitement selon les normes... résultat, le Kocide se délayait mal, précipitait en fond de cuve de pulvérisateur ou bouchait les filtres du pulvérisateur. Il m'aura fallut 3 semaines pour constater un gros souci d'humidité des poudres lorsque j'ai colmaté ma poudreuse avec du talc en voulant la démarrer... Pour l'an prochain, le local de stockage des poudres va subir de grosses modifications; et les poudres me restant de l'an passé seront détruites par la filière ADIVALOR.
Comme on dit, il faut faire des erreurs pour progresser... on devrait beaucoup progresser :-)
Le mildiou sur grappe:

Et oui, les tâches visibles sur la photo précédente sont une accumulation de spores de mildiou qui se déploient peu de temps après que la tâche soit visible. Les spores se dispersent au gré du vent pour aller créer un nouveau foyer sur une autre feuille ou sur une baie. Ici, on distingue plusieurs baies nécrosées par le mildiou. Cela montre une faiblesse dans la qualité de la pulvérisation.
La grêle sur grappe:

Et pour finir, voici une grappe de Chardonnay qui n'a pas réussi à s'abriter sous les feuilles lorsque la grêle est tombée. Fort heureusement, la 501 préfloraison a bien aéré les grappes. Les grains se touchent peu. L'eau de pluie ne peut rester piégée dans une telle grappe. En cas de développement de pourriture (le botrytis), une grappe ainsi structurée est moins sensible au botrytis car celui-ci s'étend moins facilement.
Pour améliorer encore la prévention du botrytis, il nous reste à poudrer les grappes avec du talc afin que les baies soient enrobées par cette poudre de roche imperméabilisante.
Suite à cette succession "d'accidents", nous ne nous attendons pas à une récolte conséquente cette année. Le faible nombre de grappes et la structure de celles-ci nous laisse augurer un potentiel qualitatif, même en cas de climat difficile. L'important, c'est avant tout la qualité du vin... alors, croisons les doigts et produisons des 2007 divins!
Nous avons une grande chance en Champagne car nous disposons de vins d'années antérieures mis en réserve qualitative. Le cas échéant, nous pourrons débloquer une partie de ces vins pour assurer la pérénité de l'entreprise...
Est-il encore utile de débattre sur le fait que le temps change ?
Ici, en Champagne, l'hiver inexistant fut brutalement suvit par un mois d'Avril de sécheresse caniculaire. Le le climat évolue fortement... et ceci à grande allure, c'est net ! Ainsi, la vigne a un développement végétatif en avance de 3 semaines environ par rapport à la normale ! Personne n'avait encore constaté de pareil décalage par le passé... Je vous passe les détails sur les contraintes d'organisation du travail :-)
Depuis une quinzaine de jours, le climat s'est refroidi, faisant place à des pluies éparses plus ou moins abondantes. Les sols ont pu gagner de nouveau en réserve hydrique. C'est probablement un point qu'il va falloir gérer au mieux cette année pour que la vigne puisse faire grossir les baies de raisin en cas de retour de la canicule. Ceci signifie qu'il faudra travailler les sols dès que ce sera possible afin d'éviter (comme en 2003) toute perte des réserves hydriques du sol par remontée capilaire.
DOSSIER SPECIAL FLORAISON DE LA VIGNE
La floraison devrait débuter d'ici une à deux semaines. C'est un passage difficile pour la vigne car ses besoins sont énormes!
Plusieurs défis attendent la vigne à partir de la floraison:
- Croître :
La vigne doit continuer encore sa croissance pendant quelques semaines pour arrêter sa croissance entre floraison et véraison. Je vais tenter d'expliquer pourquoi plus loin.
- Se défendre:
La vigne doit continuer d'alimenter ses défenses naturelles en synthétisant des enzymes, phyto-allexines et autres molécules de self-défense.
Elle doit aussi se défendre en construisant des remparts "imprenables". Les pierres de ces remparts sont les cellules végétales. Pour que la muraille soit résistante, il faut que les cellules soient de bonne constitution et jointives. La culture biologique et ou biodynamique permettent d'avoir des rangées de cellules bien organisées et gorgées d'anti-oxydants, vitamines, mollécules de défense. Ceci suffit à protéger le raisin du botrytis à l'approche des vendanges. Lorsqu'on regarde la coupe cytologique d'une baie de raisin, on voit que l'aspertion de produits chimiques sur le raisin altère la bonne construction de cette barrière de défense naturelle. De nombreuses failles existent, ce qui rend la peau du raisin transperçable par les cryptogammes.
- Donner naisance à sa descendance:
A partir de la floraison, la vigne a un rôle supplémentaire. Il lui faut mener à bien le développement de ses descendants pour préserver l'espèce; en l'ocurrence les pépins des raisins. Le grain de raisin est principalement là pour attirer l'oiseau ou l'animal qui va transporter cette graine pendant la digestion. Pour que de nouvelles vignes naissent, il faut que les raisins arrivent en bonne santé jusqu'au moment où le pépin aura acqui son autonomie. A partir de ce moment, l'animal sentira que le raisin est bon à manger.
De la floraison jusqu'aux vendanges, la vigne va fabriquer une batterie de mécanismes pour que le pépin arrive à son terme "sans pépin". D'une part, la baie doit résister aux agressseurs extérieurs: enzymes, phytoalexines, anti-oxydants, etc, sont produits contre les cryptogammes et les insectes. D'autre part, des acides sont produits dans le raisin pour dissuader les oiseaux de manger le raisin avant que le pépin soit prêt. Enfin, pour que l'oiseau ait plaisir à manger le grain de raisin et à y revenir tous les ans, la vigne produit du sucre et des arômes de fruit...
Un paralèlle avec l'homme pour mieux comprendre
A partir de la floraison, une phase de GESTATION débute pour une durée approximative de 100 jours. C'est une phase difficile pour la vigne, qui lui demande beaucoup de ressource et d'énergie.
On peut faire le paralèlle avec une femme enceinte qui a aussi pour rôle de donner naissance à sa descendance. En effet, chacun constatera que la femme enceinte a besoin de beaucoup d'énergie et de beaucoup de ressources pour accomplir cette mission: elle mange plus (son corps réclame des aliments plus énergétiques: chocolat, fruits, etc) et dort plus pour "recharger ses batteries".
Les ressources de la vigne entre floraison et vendanges
A l'instar de la femme enceinte, la vigne a besoin de deux types de ressource: plus de nourriture et plus d'énergie...
- Côté nourriture:
il est important que la vigne puisse aller chercher ce dont elle a besoin dans le sol. Il lui faut un système racinaire bien développé, dont les radicelles plongent assez profond pour se trouver dans les strates qui ne craignent pas la sécheresse ni les aléas cimatiques. Pour cela, le travail du sol, le compost et la préparation 500 font le nécessaire.
- Côté énergie:
C'est plus difficile à cerner... alors restons terre à terre et apportons quelques précisions préalables. En année "normale", le début de la floraison est proche du solstice d'été (21 Juin). Ce n'est pas un hasard si la vigne fleurit à cette période particulière où les jours sont les plus longs... qui dit jour plus long, dit plus d'énergie solaire à capter pendant la journée, donc plus de photosynthèse... donc plus de capacité à aller chercher dans le sol les éléments qui vont former les molécules indispensables au bon déroulement de la floraison (hormones, protéines, vitamines, étamines, odeur de la fleur de vigne, etc... ). Toute cette chaîne de réaction biologique est très gourmande en énergie.
Comment aider nos vignes à réussir ce travail difficle quand on ne fait pas la pluie et le beau temps?La recette existe: la préparation 501 à base de silice. Je ne sait pas pourquoi, mais 4 g/ha de silice dynamisée pulvérisés au dessus d'une vigne entre le lever du jour et le lever du soleil amplifient la photosynthèse. J'ai testé sur des fraisier, les fraises sont plsu sucrées; de même que le poireaux en début d'année... du velour sucré, à consommer nature tellement c'était bon !
J'ai le sentiment que cette année, la 501 juste avant floraison sera encore plus importante que les années précédentes... vous avez compris pourquoi ? Bravo! C'est juste! C'est parceque la floraison aura lieu environ 1 mois avant le solstice d'été. Les jours seront beaucoup plus court que d'habitude... à bon entendeur, je retourne dans mes vignes !

Outre la sauvegarde de nos variétés de vieilles vignes et l'apparition des orchidées au printemps, une autre espèce assez rare au vignoble est réapparue... en effet, voici plusieurs années que nous nous régalons de quelques fraises des bois lors des travaux de relevage et palissage... Ce sont de minuscules fraises, mais dont les arômes sont si intenses qu'on ne peut s'en passer... souvenir d'enfances ! :-)) En plus, elles sont "cultivées" en agriculture biologique !!! ;-))


Jusqu'à maintenant, la vigne ne portait pas de raisin, mais des inflorescences. Comme pour les cerises, les tomates ou les pommes, la floraison est l'étape nécessaire à la transformation de la fleur en fruit. Chaque année, nous surveillons la météo pour que cette étape se déroule sans soucis. En effet, si le temps est froid et pluvieux, la fleur n'est pas fécondée et il n'y pas de fruits...
Depuis que la chaleur est arrivée, la croissance de la vigne a explosée... Travaillant chaque jour de 5h à 22h30, je n'avais pas trouvé le temps de publier des explications sur mon blog... je vais tenter de résumer l'évolution des futurs raisins...
La grappe a beaucoup grandit et les boutons floraux (groupe n°1 sur la photo) se sont éloignés les uns des autres. Chaque future fleur est couverte d'un capuchon floral (2). Juste avant de se détacher, le capuchon floral prend une teinte violacée en son centre. En tombant, il dévoile la fleur de vigne (3) et libère en même temps une odeur particulière très agréable. Le futur grain de raisin est au centre des étamines. Il est ouvert et près à recevoir le pollen. La fécondation est alors possible. Après fécondation, les étamines tombent et le grain se referme (on dit qu'il se noue): c'est la nouaison.
La pleine floraison est aussi le moment où il aisé de déceler la présence de la cochylis ou de l'eudémis... Ce sont des "vers de la grappe" qui s'installent dans les vignes à raison de 2 générations.

En fait, des papillons pondent des oeufs sur les raisins. Les larves qui en sortent agglomèrent plusieurs inflorescences entre elles pour former une sorte de nid, appelé glomérule (n°4 sur la photo). Lorsqu'on disloque cette glomérule, on trouve une jolie chenille (5). Ici, elle est marron à la tête noire: c'est une cochylis. La chenille n'aimant pas les paparazzi, elle s'est partiellement cachée derrière un grain noué.
Comme toute chenille, elle va donner naissance à un autre papillon qui pondra des oeufs en Juillet... ce sera la deuxième génération. Cette dernière est beaucoup plus problématique pour la qualité de la récolte puisque la larve va perforer un grain et se loger à l'intérieur. Elle provoque la pourriture de ce grain. De proche en proche, la pourriture peut gagner rapidement une grande partie du raisin.
Le vers de la grappe sont peu nombreux en cette première génération. Il faut chercher un peu pour trouver des glomérules. En secteur confusé, c'est encore plus difficile d'en trouver... en effet, la confusion sexuelle est un excellent préventif des attaques de vers de la grappe.

Alors que la floraison des raisins devrait être sur le point de commencer, le temps correspond à celui d'un mois de Mars ou d'Octobre: froid, grisaille, pluie, grêle, vent glacial et courtes éclaircies... Cette météo ne correspond pas à celle que le métabolisme de la vigne réclame...
Aussi, en se déplaçant dans le vignoble, on voit de nombreuses parcelles jaunir ou arborer un feuilage vert pâle montrant une faiblesse. C'est comme cela que la vigne exprime son stress. Force est de constater que ce froid persistant pèse aussi sur notre organisme... Nos vignes sont certainement atteintes de la même manière au plus profond de leur être.
Pour soigner cela et permettre à la vigne de supporter ce stress climatique, on fait appel a une plante médicinale. C'est la plante que l'on savoure en tisane lorsqu'on fait une insolation ou qu'on a un "coup de chaud" l'été: la camomille matricaire (Matricaria chamomilla). Il faut la cueillir à un stade particulier. Comme elle n'est pas encore en fleur (retard végétatif lié au climat), j'ai utilisé celle cueillie l'an passé.
Cette camamille (attention, il y en a plusieurs... mais il n'y en a qu'une bonne) est diagnostiquée au vignoble dans les situtations suivantes: excès de chaleur, de froid, de pluie de sécheresse.
En 2003 (année de LA canicule), une vigne a mis coteau, exposée plein sud présentait un aspect bizarre: le haut et le bas de la parcelle était bien verts, et le milieu était vert pâle, voir jaune comme si c'était un début de chlorose (= carrence en fer)... Qui dit début de chlorose, dit qu'il faut augmenter la dose d'ortie dans les tisanes (c'est assez rare dans les environs: nous n'apportons aucun chélate ou sulfate de fer dans nos sols car les propriétés minéralisantes de l'ortie suffisent, même en secteur très chlorosant)... erreur de diagnostique !
A l'endroit précis de la décoloration du feuillage se trouve un banc rocheux de calcaires durs... En clair, la vigne pousse sur un tas de cailloux très dense... le sol avait donc moins de réserves en eau et l'enracinement avait plus de mal a aller rechercher de l'eau en profondeur... La vigne ne souffrait pas de chlorose mais d'un stress climatique de type sécheresse . Je suis allé cueillir de la camomille (heureusement qu'on en trouve longtemps!), j'ai fait ma tisane, je suis allé la pulvériser sur la vigne... quelques minutes plus tard, la vigne était toute verte, jolie comme tout !!!
Voici encore une preuve que la nature regorge de trésors ! En plus, ce sont des trésors qui ne coûtent pas bien cher! :-) Ce serait domage de remplacer cela par des produits commerciaux dont on a du mal à connaitre la composition exacte, non ?
La tisane que j'ai préparé pour traiter les vignes demain contiendra de l'ortie, du saule et de la camomille... et ça sentait tellement bon que je n'ai pas pu résister d'en boire un verre...

La camomille, ce sont les petites "boules" jaunes ci-dessus.

Samedi 20 Mai, alors que je travaillais au chai, la grêle a frappé plusieurs de nos parcelles (voir photo) sur les terroirs de Baslieux-sous-Chatillon, Cuchery et Belval-sous-Chatillon. En dehors du lieux-dit "Les Clos Paillots" à Baslieux, les dégâts sont minimes. Un premier orage avait déjà sévit début Mai, accompagné de grêle. Les anciens ont toujours constaté que le premier orage de l'année montre le passage des autres orages qui vont suivre. Ca s'était vérifé en 2002 avec plusieurs orages de grêle localisés sur les même parcelles...
Une de mes parcelles de Chardonnay, arrivée au stade de 7 à 8 feuilles, a été sévèrement touchée. 100% des jeunes rameaux sont couverts de mutliples impactes de grêle (cf photo 2). Sur chaque cep, plusieurs rameaux sont cassés. Certainsle sont à leur base (sur Pinot Noirs), mais le plus généralement, la casse a eu lieu au niveau des raisins (cf photo 3 où un raisin a pu survivre sur les deux présents).
Quelles sont les incidences de la grêle?
La récolte potentielle s'est vue réduite en l'espace de quelques minutes. Difficile de quantifier la perte que cela représentera aux vendanges. Nous espérons toujours que la vigne puisse compenser les raisins perdus en permettant aux autres de grossir d'avantage...

Mais pour cela, il lui faut que la vigne soit en pleine forme. Il est important qu'elle cicatrise dans de bonnes conditions avant que les maladies, notamment le mildiou, ne s'implantent sur le feuillage. Le remède est un poudrage de Lithtmane, une algue riche en calcaire et en magnésium, pour apporter à la vigne ce dont elle a besoin pour cicatriser et se remettre de ce stress... malheureusement, en raison d'une courroie trop tendue, un des roulement de ma poudreuse a laché dimanche après-midi.

Impossible d'intervenir partout et ces chardonnays n'ont pas été poudrés . La poudreuse est en réparation depuis ce matin... mais avec le pont qui arrive, il n'est pas certain que je la récupérerai cette semaine! :-(
Autre conséquence: la pousse de la vigne va changer: au lieu de d'avoir de beaux rameaux verticaux, les rameaux cassés vont donner naissance à des rameaux secondaires qui vont pousser plus à l'horizontale... la conduite du relevage et du plan de palissage vont devenir plus délicat. Le feuillage risque de s'épaissir, rendant les grappes plus sensibles aux maladies. En effet, plus le feuillage est dense, plus il a du mal à sécher. En été, la chaleur couplée à cette humidité sont de bons facteurs de développement du mildiou ou du botrytis. Il faudra redoubler de vigilence dans ces parcelles !
Nous croisons les doigts pour que ces orages ne se répêtent pas trop souvent cette année. En effet, même si les Pinots-Noirs et les Chardonnays semblent présenter suffisamment de raisins, nos Pinots Meuniers Vieilles Vignes (soit près de 40% de notre vignoble) présentent en moyenne 9 à 10 grappes par cep ...