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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 21:28

Comme à chaque 31 Juillet, nous procédons à l'inventaire.

Chaque structure viticole est tenue de déclarer aux services de la viticulture et aux douanes les stocks de vins en cerlces (terme relatif aux cerclages des fûts et autre contenants bois. Aujourd'hui le terme cuves serait peut-être plus adapté) et les stocks de vin en bouteilles.

Ainsi, en ce jour (et encore demain), chaque palette de champagne et chaque carton en cave a fait l'objet d'un comptage et d'un pointage minutieux afin de déclarer nos stocks avec la plus grande exactitude.

Nous avons veillé à tenir les comptes des vins non millésimés mis en bouteille depuis moins de 15 mois et des vins millésimés mis en bouteilles depuis moins de 3 ans car ils n'ont pas encore le droit d'être commercialisés. Seul les vins non millésimés mis en bouteille depuis plus de 15 mois et des vins millésimés mis en bouteilles depuis plus de 3 ans on le droit d'être commercialisés. Ca fait quelques bouteilles à compter car les stocks en Champagne sont très importants ! 

La champagne est d'ailleurs une exception comptable par rapport à toute autre industrie (agroalimentaire ou manufacturière) car c'est la seule où on ne peut pas réduire les stock et encours pour réduire la pression fiscale. Dans le système fiscal Français, la minimisation des stocks (et encours de production) est un objectif permanent pour améliorer la rentabilité financière d'une entreprise. En effet, les stocks coûtent à produire et constituent une immobilisation de trésorerie obligeant à avoir recours à des emprunts pour générer de la trésorerie. De plus, la création de stock constitue un bénéfice imposable (dixit mon prof de compta - ESC Clermont Ferrand - lorsque j'étais en école d'ingénieur dans cette ville). Voici encore une exception champenoise qui explique partiellement pourquoi les vins de notre région reviennent si cher à produire.

Imaginez quel serait le prix d'une voiture si chaque constructeur devait construire les stockages de 2 à 3 années de production de véhicules avant de pouvoir les vendre !!

Chaque année, la "déclaration de stocks" doit être remise en mairie vers le 10 Août.
Plus que quelques jours ! A nos calculatrices !

Pendant ce temps-là, au vignoble, notre colaborateur continue de débroussailler les quelques hectares de vignes particulièrement envahis par l'herbe. Et oui, pendant que je suis en train de compter des bouteilles et remplir des documents administratifs, je ne suis pas sur mon tracteur en train de passer les cover-crops, ni les interceps hydrauliques... Ce n'est pas toujours simple d'optimiser l'organisation du travail pour réduire les coûts de revient !

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Published by Franck PASCAL - dans Traçabilité
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commentaires

bernard belutaud 20/10/2007 19:52

salut collègue, je vous (ou je te, c'est comme tu veux) rejoins sur toute la ligne. Je comprends d'autant mieux le problème du port du stock que nous, dans le Cognaçais, nous raisonnons en moyenne à 10/15 ans.

Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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