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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 18:49

 

La photo ci-dessus montre un chemin béton profilé en V à Baslieux. Sa largeur est de 3 mètres. On peut voir que des débris de sarments, des écorces et des cailloux se sont déposés pratiquement sur les bords du chemin. Au plus fort de l'orage, le chemin était presque à sa capacité maximale !

Finalement, l'orage décrit hier soir n'était que le début d'une soirée bien arrosée. Après une acalmie de 20 minutes, l'orage a repris jusqu'à 1 heure du matin. Le éclaires étaient fortes et nombreuses, un peu comme au 14 Juillet. Des grondements comme dans les tranchées à Verdun...

Comment ? Non, je ne suis pas Marseillais. C'est un peu exagéré, mais pas si loin de la vérité. Je n'avais jamais vu un tel déluge... et je n'étais pas le seul !

Alors, au vignoble ?

Les 2/3 des vignes ont été touchées par la grêle, plus ou moins fortement. Voir ci-dessous.

Nos vignes ne sont pas les plus touchées. Certaines parcelles seraient presque intégralement détruites. Comme le soir 2 Juillet 2000 (un jour de match de foot de la France en phase finale de la Coupe d'Europe - bizarre, non ?), l'orage a été violent, soudain, intense et accompagné de grêle. Cette année là, il avait duré 20 minutes pour plus de 40 mm. Le lendemain soir, un second orage avait emprunté exactement le même chemin avec la même violence. Des milliers d'hectares avaient été touchés et quelques centaines totalement détruits. Je pense que cette fois le bilan sera plus grave (à moins que nous ayons tout pris et que les autres ont été épargnés).

Coté précipitations, on a mesuré environ 55 mm à Belval (c'est la capacité maxi du ploviomètre que possède mon confrère) . C'est là que ça a été le plus calme. On peut jouter au moins 25 mm de plus pour Paradis. Pour Baslieux, on m'a dit environ 90 mm. En mesurant le seau qui était dans la pelouse, j'arrive à plus de 100 mm (en compensant la forme tronconique). A Olizy, les relevés des habitants donnent entre 110 et 120 mm. Je ne sais pas pour Reuil et Montigny...

Bref, la protection cuprique de la vigne a été intégralement lavée. Ce soir, un nouvel orage a éclaté (petit cette fois, environ 15 mm)... Je crains le pire. Demain, on ressort les chenillards dès que les brumes matinales seront levées. Il faut à tout prix éviter l'explosion du mildiou. Je croise les doigts.

Avec de telles précipitations, l'eau a déplacé des montagnes de terre. Nos vignes étant enherbées naturellement, les dégats sont presque nuls. A Baslieux et a Olizy, certains épandages d'écorces n'ont pas tenu. Seule l'herbe a permis de maintenir le sol en place. Ce sont les vignes désherbées en en plain qui ont le plus souffert. Regardez ci-dessous une vigne en culture traditionnelle et notre vigne... c'est à couper au couteau !

 

 

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Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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