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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 00:31
Une réaction à l'article de Bernard BURTSCHY:


"Ca ne va qu'attiser les rancoeurs, les jalousies et ça ne va très certainement pas aller dans le sens de plus de bio que la plupart des observateurs éclairés appellent de leurs voeux.

Le combat bio contre antibio est d'arrière-gare.

Mettre en avant certaines techniques contre d'autres ne va pas non plus permettre à toute la viticulture de progresser. On ne progresse pas en suscitant des rancoeurs.

Surtout, surtout que je crois bien savoir que les grands propriétaires terriens Moet, L Perrier, etc, adoptent des techniques novatrices (Avidor, ecobulle) qui place dans l'échelle environnementale la moyenne champagne, je pense , au dessus de tous les vignobles. 

Alors bien sûr, il y a moins de bio en champagne qu'ailleurs, mais la strate environnementaliste intermédiaire fait mieux qu'ailleurs.

C'est un avis cher Frank. Tu sais que je te défends. Pareil pour Francis. Je sais qu'il est en pointe sur le sujet."

----------------

Mon commentaire (précisons avant que les marques citées ci-dessus possèdent moins de 10% de l'ensemble du vignoble champenois):

"Bonjour David,

Le simple fait d'être en bio suscite des rancoeurs et des jalousies.
Je ne combat pas les anti-bio, ils s'auto-détruisent. C'est leur choix.

Alors, je sais, les victimes minoritaires sont toujours accusées d'être les bourreaux...
Ce sont les bio qu'on accuse aujourd'hui de semer le désordre car ils constatent ouvertement le malaise et ne voient rien venir pour inverser la tendance.
Quelqu'un s'est-il poser la question de savoir si c'est la faute des bios si les pollutions environnementales atteignent de tels paroxismes aujourd'hui ? Tels, qu'il n'est plus possible de les cacher par un marketting poussé ???

Je ne crois pas. Les personnes qui continuent dans l'impasse de la chimie sont eux seuls responsables de la situation... les bios l'avaient compris bien avant et avaient changé leurs pratiques. Ces personnes qui accusent les bios d'être responsables de leurs problèmes d'image se trompent de responsable. Il leur faut un miroir pour regarder dans les yeux le vrai responsable. Si leur image leur déplaît, c'est à eux seuls qu'il appartient de la changer. Ils sont majeurs, personne ne les oblige à continuer à se faire le mal qu'ils se font. Ils ont le droit de changer, d'évoluer, de redorer leur blason, avant qu'il ne soit trop tard...

Je conçois qu'il leur est plus facile de jeter la pierre ou de faire porter leur faute à quelqu'un d'autre;
mais en faisant cela, ils n'avancent pas. Quand ils auront pris conscience de cela, ils auront fait un grand pas: celui de pouvoir se remettre en question... Je ne suis responsable en rien de la catastrophe écologique que traverse notre région. Si des personnes sont dérangées par le fait que ça se voit tant, il leur suffit de changer, de réparer la nature et il n'y paraîtra plus. C'est le seul moyen, car on ne peut plus cacher une forêt derrière un arbre. C'est allé trop loin ! Sincèrement, je n'y suis pour rien s'ils se sont mis dans une telle situation et qu'il veulent y rester. Ce n'est vraiment pas ma faute !

Pour l'instant, ces critiques sur notre région restent cantonnées en Europe (Suisse, France, Grande-Bretagne, Italie).
Si la champagne ne prend pas rapidement des engagements clairs et ambitieux, il se pourrait que son image se ternisse en tout point sur Terre. Cette échéance est pour demain. Demain, c'est le jour d'après...

"Je rêve qu'il n'est pas trop tard
J'espére encore pouvoir tout changer,
Je rêve d'être encore avant le jour d'après.
Il est temps,
Nous sommes encore hier.
Juste l'instant d'avant,
on peut encore tout faire.
Désarmer cet absurde ballet
et que ne vienne jamais
le jour d'après"

(Chimène Badi)

Ca marche pour beaucoup d'absurdités de ce monde !
Bien à toi,
Franck"

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Published by Franck PASCAL - dans Actualité
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commentaires

gerard poirot 07/01/2009 01:57

Quand repassez-vous à Paris pour une dégustation chez un caviste ?

Franck PASCAL 02/02/2009 10:09


Probablement en fin d'année 2009.
Désolé de ne pas faire plsu rapide :-)
Franck


gerard poirot 28/12/2008 09:59

J'ai dégusté hier quelques cuvées de votre champagne à la Dernière Goutte : superbe ! Une fois de plus, je constate la corrélation entre cette magnifique qualité et la biodynamie. J'ai regretté de ne pouvoir vous féliciter viva voce (vous deviez déjeuner chez Fish). Un grand merci !

Franck PASCAL 05/01/2009 11:34


Bonjour,

merci beaucoup pour ces commentaires.
Il est vrai que la dégustation de vins en biodynamie est souvent un plaisir inégalable.
Bien cordialement, Franck


jaja 25/12/2008 12:24

De toute façon,quand Bruxelles aura interdit le cuivre(incessemment sous peu)et que les fraudes s'interresseront de plus près à la façon dont est utilisé le  PK 2,les bios seront au même niveau que les conventionnels:dans la merde.Pour l'instant,la viticulture bio n'est possible  qu'a partir des bons vieux cépages HPD à numéros.Vive le 18315 et le 12375 ,les seuls cépages qui garantissent un breuvage exempt de tout pesticide !

Franck PASCAL 05/01/2009 11:32


???


jean 24/12/2008 23:01

BonsoirPour ma part je suis un citoyen urbain qui vient d'acquérir quelques flacons auprès de votre domaine pour la première fois. J'ai choisi vos produits pour quatre raisons (dans l'ordre d'importance):1) votre démarche en biodynamie2) votre pensée matérialisée à travers votre blog3) l'emploi que vous créez4) l'avis de la presse spécialisée sur vos produits.Cet ordre de classement peut paraître quelque peu bizarre mais il reflète l'importance que j'attache à la préservation de notre environnement écologique et ....économique (je serais curieux de connaître le résultat du rapport emploi/hectare sur une exploitation telle que la votre, et, une utlisant les produits chimiques).La viticulture française est la plus grosse consommatrice de pesticides à l'hectare en Europe. Quelle fierté! Nos pouvons remercier nos élites qui nous ont poussé vers le toujours plus de productivisme et donc ....vers le mur. C'est la politique du court terme: j'engrange tout de suite les bénéfices, au mépris de tout, et j'en occulte les conséquences.Mais vous pouvez être optimiste, vous représentez l'avenir (anecdote: j'ai eu l'occasion de converser récemment avec JC Rateau - viticulteur bio à Beaune; celui ci m'indiquait que lorsqu'il était arrivé en Bourgogne en 1979, c'était un gentil garçon qui n'allait faire de mal à personne! Maintenant, ce sont les mêmes qui viennent lui demander des conseils!). Certes, la Champagne étant la région viticole la plus prospère, il est difficile d'éveiller les consciences des vignerons (à quoi bon changer). Mais attention, le consommateur change et surtout l'écologie n'est plus considérée comme étant la chasse gardée de quelques uluberlus. Je ne serais pas étonné de voir, dans quelques années, des viticulteurs demander l'aide de l'état tout simplement parce qu'ils auront persévéré dans leur culture intensive et  perdu leur cientèle au profit de la vrai vticulture. Pour ma part, je me refuse à cautionner une viticulture qui ne respecte pas l'environnement. Pas de bio (attention le vrai pas l'appellation marketing), pas d'achat de ma part.Jouex Noël

Franck PASCAL 05/01/2009 11:35


Merci pour ce message plein de lucidité. C'est encourageant.


Marc Dalbavie 24/12/2008 19:44

Je suis viticulteur bio en Périgord. Je comprends tout-à-fait votre coup de gueule et je crois que d'une part de nombreux viticulteurs ne croient pas au bio car ils pensent que nous sommes les héritiers des mouvements de retour à la terre type hyppies ou autres, qui n'étaient (pour eux) que des citatdins illuminées et incompétents, d'autre part, qu'il n'existe pas de protocole phyto alternatif digne de ce nom et efficace en bio. Cette année (terrible pour le mildiou chez nous) des voisins sont venus regarder ma vigne avec étonnement lorsqu'ils ont découvert qu'un bio était capable de n'avoir aucune tache de mildiou alors que certains d'entre eux avaient déjà perdu une partie de leur récolte. C'est ainsi, cela nous colle à la peau, nous sommes réveurs, illuminés, niais, marginaux et pas sérieux.S'ils savaient!

Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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