24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 08:29

Du 21 au 29 Avril,

Des hommes et des femmes se mobilisent partout en France pour un avenir sans pesticide !

A l'heure où nos confrères dégainent les rampes de désherbage chimique, nous utilisons nos charrues... (voir l'article d'Avril 2005 "La différence se voit dans le vert")

A l'heure où nos confrères terminent d'épandre des engrais, nous tondons ou binons nos engrais verts. Ci-dessous, un engrai vert  ( plantes semées à l'automne et détruites au printemps ) qui vient de subir sa première tonte... 
Enfin, nous utilisons une des préparations biodynamiques : la Bouse de corne pour fertiliser* nos sols...

Nous sommes en adéquation avec cette semaine sans pesticide !

* J'ai bien écrit fertiliser... il faut revenir à la définition car malheureusement, de nos jours la définition se perd.

Qu'est ce que fertiliser?

Non, ce n'est pas épandre des tonnes d'engrais pour que la culture pousse. Cela est une illusion car aujourd'hui on fait pousser des cultures grâce aux engrais sur des sols morts. On pourrait presque faire de la culture hors sol pour arriver à la même qualité nutritionnelle !

Fertiliser, c'est rendre le sol fertile. Un sol fertile, est un sol vivant qui permet à une plante de se développer naturellement. Fertiliser, c'est donc permettre aux micro-organismes de se développer, de vivre, de se multiplier et leur permettre d'extraire et de transformer les 32 éléments minéraux et olig-éléments du sol dont une plante a besoins pour être parfaitement constituée. C'est la mobilisation permise par la vie... ça aura pris quelques centaines de millions d'années pour arriver à ce niveau de sophistication.

Lorsqu'on utilise des engrais, on apporte principalement 3 éléments: N, P, K... parfois on ajoute Mg et S. Ces éléments sont sous une forme soluble qui les rend facilement assimilables par les plantes: elles n'ont ni besoin de faire fonctionner leurs racines ni besoin d'un sol vivant où l'interraction mycorhizes/racines permet l'assimilation des éléments par la plante. Heureusement d'ailleurs car dans les sols où sont épandus des engrais chimiques et des désherbants chimiques, les micro-organismes du sol sont très rares. Il manque des maillons de la chaîne de "mobilisation" des éléments minéraux pour nourrir correctement la plante. Sans ces apports, les plantes ne pourraient pas se développer dans les conditions de mort du milieu. Il n'y a qu'à regarder le temps qu'il faut pour qu'un sol recouvre une diversité biologique après l'arrêt des désherbants chimiques...

Pourquoi les engrais verts sont un fertilisant ?

Lorsqu'on détruit un engrai vert, on incorpore dans les premiers cm du sol (là où les micro-organismes travaillent le plus) des débrits de végétaux jeunes. C'est de la cellulose, du sucre, dont ravolles les micro-organismes. En dégradant ces débris jeunes,  ils font puiser l'énergie donc ils ont besoin faire ce pourquoi ils sont programmés: principalement produire des enzymes et des acides capables d'attaquer les minéraux du sol... et ainsi rendre disponibles les éléments minéraux par les plantes car ils aurons changé d'état.

De plus, la vie microbienne est la seule à pouvoir aérer et structurer le sol en lui donnant de la porosité. Cette porosité est indispensable à l'entrée de l'air et de l'eau dans le sol... les fortes pluies pénètrent sans provoquer d'érosion. D'après Claude Bourguignon, un sol vivant absorbe 100 mm d'eau à l'heure. Un sol imperméabilisé par les désherbants (et le déficit de vie microbienne induit) absorbe 2 mm d'eau à l'heure... La porosité a aussi un autre bienfait: elle permet un enracinement facile, rapide et profond des plantes qui poussent sur le sol.

C'est ce processus du vivant qui permet d'apporter toutes les subtilités minérales liées au terroir dans lequel est planté la vigne... avec les engrais, on exprime quelque chose, mais pas le terroir de manière intègre et complète.

Pourquoi la Bouse de Corne est un fertilisant ?

La bouse de corne s'utilise à 120 g/ha après avoir été dynamisée pendant une heure, à pulvériser l'après-midi. C'est ridiculement peu, mais on doit celà à sa forte concentration en micro-organismes. Elle va stopper le processus de décomposition , grâce à quoi l'azote sera immédiatement disponible. C'est elle qui change le goût du vin car elle permet en outre la multiplication des racines.

Nous avons dû attendre le 17 Avril pour passer la préparation 500 (Bouse de Corne) car les gelées matinales ont tardé à quitter nos contrées septentrionnales. Il faut que la température du sol soit de 4°C minimum pour que cette préparation soit efficace. Pour améliorer encore l'effet fertilisant, nous avons procédé à un travail du sol dans la majorité de nos vignes: celles accessibles en tracteur-enjambeur. Pour les autres, le travail est beaucoup plus long et pénible.

 

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Published by Franck PASCAL - dans Actualité
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Vers un nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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