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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 06:11
Tisane de pissenlit et tisane d'achillée millefeuille (voir photo) préparées avec Amour.

Ici, les travaux vont bon train:
A peine a-t-on commencé le palissage des chardonnays qu'il faut aller relever nos pinots noirs, et continuer de relever les pinots meuniers les plus pressants. Avec le retour de la chaleur, tout s'accélère: croissance de la vigne, croissance de l'herbe et bien entendu, le début de la floraison.

C'est l'ultime moment où je peux aider mes trois parcelles de vigne dont le système racinaire a fortement été endommagé  lors de la reprise du travail du sol voilà quelques années. Jusqu'à cette année, j'ai fait l'expérience de les laisser se reconstruire sans apport de nutriment ni au sol (pas d'engrai ni d'amendement), ni en foliaire. Je me suis contenté de stimuler l'activité microbienne des sols par les préparations biodynamiques. L'effet sur le sol a bien marché car il s'est structuré, a noirci, a gagné en porosité, n'est plus sensible à l'érosion, et une belle biodiversité s'est installée... sauf que le système racinaire de la vigne reste insuffisamment développé pour aller chercher les nutriments mis à disposition par le sol et produire une récolte honorable.

Comme les rares vignerons bio de Champagne sont regardés comme des extra-terrestres, je ne voudrais pas que nos confrères pensent que la culture biodynamique pratiquée au domaine conduit à des vignes qui ont du mal à donner des raisins en quantité acceptable pour eux...

Afin de conforter l'image de la bio, j'ai décidé cette année d'arrêter cette expérimentation et de remettre nos vignes sur les rails de la productivité contenue; c'est à dire obtenir des rendements conformes à l'obtension d'un vin de très grande qualité... avec la bio, on pourrait atteindre des rendements supérieurs à 15000 kg/ha sans problème, mais à mon sens il vaut mieux être un bon vigneron par la qualité que par la quantité.

Dans ces 3 parcelles, après 5 ans d'enherbement sans aucun apport de fertilisation, j'ai commencé par un apport de compost à l'automne, puis j'ai intensifié les préparations biodynamiques. Et là, juste avant la floraison, je vais apporter un complément foliaire à base d'algues plus une tisane d'achilée millefeuille pour une vigne et d'une tisane de fleurs de pissenlit pour les deux autres...

Et oui, chaque vigne vit sa propre vie dans un micro-climat différent, et chacune demande une attention particulière... lorsqu'on travaille en culture naturelle, on se doit de faire attention aux particularités de chaque vigne et de les conduire spécifiquement. C'est comme les enfantsd'une famille: ils ont leur caractère, leurs particularités et chacun demande à être aidés sur des points spécifiques différants de ceux des autres enfants.

Travailler ainsi, "à la carte", est une preuve de notre engagement pour leur bien-être. Ca se voit, les vignes sont contentes de recevoir tout ce soin et cet amour. Elles nous le rendent bien au moment des vendanges.

La rosée matinale est en train de s'évaporer, je vais pouvoir démarrer le chenillard d'ici peu. Je vous laisse, mes vignes m'attendent...

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Published by Franck PASCAL - dans A la vigne
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commentaires

julien 17/06/2008 10:37

la remise en cause de ce ppostulat a été avancée par plusieurs auteurs dans des manuel deviticulture généraux mais pas d'études particulières sur ce sujet. pour l'étude dont je parle les résultats ne sont malheureusmeent pas encore publiés puisque l'étude est toujrous en cours.pour l'étude concernant l'âge de la vigne et la qualité du vin voici un lien ou vous trouverez une brèce synthèse....http://www.db-acw.admin.ch/pubs/ch_com_07_cp_100507_f.pdf

Franck PASCAL 19/06/2008 14:19


Merci Julien,

je vais regarder ça de près.
Préviens-moi lorsque l'autre partie de l'étude sera publiée.
Bonne journée,
Franck


julien 16/06/2008 15:03

ne me faîtes pas dire ce que je n'ai pas dit: bien sûr que la qualité n'augmente pas avec le rendement. et pour les cépages rouges, il est clair que la relation rendement-qualité est importante. Par contre pour les cépages blancs la relation est moins vraie. Il faut surtout prendre en compte le rapport SFE/kg de raisins. et il est vrai que des rendements faibles vont parfois présenter "une qualité" finale moins importante que des rendements moyens (mais toujours supérieure à des rendements élevés). Quant à la vinification, il s'agit d'une vinification traditionelle avec ensemencement etle moins d'opérations possibles (et bien sur même vinification).je dis donc juste que cette relation est à relativiser, tout comme celle qualité et âge de la vigne qui s'avére bien plus complexe et qui a été remis en cause également.

Franck PASCAL 16/06/2008 22:41


Bonjour Julien,

je rentre des vignes à l'instant et je dcouvre votre commentaire.
D'où ma question: où peut-on trouver cette étude ??
Merci,
Franck


julien 16/06/2008 11:33

Ok, merci pour l'info. je voulais en effet voir à quelle échelle vos rendements étainets inférieurs aux rendements de la région...concernant les rendements, de nouvelles études ont remis en cause ce postulat, qui semble a priori logique, que lorsque le rendement baisse la qualité augmente. il semblerait que l'équilibre potentialité de la parcelle/pratiques viticoles/vigueur soit en fait le réel indicatuier pour un rendemnt "optimum" entre quantité et qualité...mais difficile à évaluer!concernant la vendange en vert je suis tout à fait d'accord, d'autant plus qu'elle a tendance égelement à renforcer la vigueur et la fertilité s'il est trop fréquent. le raisonnement à long terme et à la taille semble donc primordial;

Franck PASCAL 16/06/2008 13:02


Tien, c'est la première qu'on me dit que la qualité augmente avec le rendement :-)
Qui a fait ces études et sur quels vins ?
La qualité est-elle jugée après que l'oenologie moderne ait totallement transformé les vins par l'ajout de sucre, de levures, de bactéries, d'acide, de tanins, de colle, fitration, etc ?? Je serai
curieux de savoir s'il s'agit juste de vin avec un peut de soufre ou de vin type industriel qui a subit lifting et liposussion :-)


Julien 12/06/2008 10:26

Vous parlez des rendements...serait-il indiscret de vous demander quels sont vos rendements moyens?quant aux préparations biodynamiques, je serais très intéressé de savoir dans quel but elles sont appliquées...sans doute pour dynamiser la physiologie de la vigne mais de quelle manière?merci encore de vos réponses

Franck PASCAL 12/06/2008 20:16


Pour les rendements, nous visons entre 10 000 et 12 000 kg/ha, soit 30% de moins que ce qui est généralement constaté. Pour ce faire pluseurs solutions sont mises en oeuvre:
- nous taillons court
- peu ou pas de ferlisants
- développement de la biodiversité naturelle dans la vigne, ce qui limite la vigueur des vignes
- ébourgeonnage fructifère, mais généralement les mesures préalables suffisent
- la vendange est vert a été une solution il y a quelques années, mais je prèfère limiter son usage car la vigne perd ses repères...

Pour les vignes destinées à la production de vin rouge, les rendements ne dépassent pas 8000 kg/ha.

On pourrait faire plus, mais un vigneron  se doit d'abord de produire de grands vins.


Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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