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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 13:52

Les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), dont le MDRGF, publient les résultats d’une campagne d’analyses réalisée sur des vins d’Europe et du monde entier et dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de pesticides.

L’Etude. L’étude a été coordonnée par PAN-Europe, et soutenue par le MDRGF pour la France, Global 2000 pour l’Autriche et Greenpeace Allemagne. 40 bouteilles de vin rouge ont été analysées, en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. 34 étaient issues de l’agriculture intensive et 6 de l’Agriculture Biologique .

Résultats : 100% des vins conventionnels testés contaminés. En effet chaque échantillon testé contient en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides !




Niveau de contamination: 5800 fois plus élevée que pour l’eau potable ! Les niveaux de contamination dans cette étude sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées (LMR). Cependant, il est à noter qu’il n’existe pas de LMR vin a proprement parler mais qu’on se réfère à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées. Il faut en outre préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet !

Risques sanitaires. Ces nombreux résidus témoignent d’une utilisation très intensive de pesticides en viticulture. Parmi ces résidus trouvés de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques .



Vins biologiques. Les vins biologiques analysés ne renferment pas de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé des quantités faibles d’un produit. Cette présence est expliquée par les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines . Cette contamination des viticulteurs biologiques, quoique rare et à de faibles quantités, est totalement inacceptable.



« L’étude réalisée par PAN et le MDRGF montre que l’utilisation très intensive de pesticides en viticulture - 20% des pesticides utilisés sur 3% de la surface agricole - a comme conséquence la présence systématique de nombreux résidus dans les vins. Il est grand temps, conformément aux décisions du Grenelle, que la viticulture réduise sa consommation de pesticides pour réduire l’exposition des consommateurs en privilégiant les techniques alternatives aux pesticides. Ce sont ces systèmes alternatifs dont le MDRGF fait la promotion lors de la 3ème semaine sans pesticides qui a lieu du 20 au 30 mars. » déclare F. Veillerette, Président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe.


« En outre, les représentants du gouvernement français devront absolument tout faire pour que les législations européennes sur les pesticides en préparation éliment les pesticides les plus dangereux et favorisent les systèmes qui réduisent fortement, ou se passent complètement, de ces toxiques » ajoute F. Veillerette.

télécharger l'étude complète :
http://www.mdrgf.org/pdf/Rapport_vin_pesticide_fr.pdf
télécharger le communiqué de presse :
http://www.mdrgf.org/pdf/CP260306_Vin_residus.pdf
lire l'article de Libération de ce 27 mars :
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/317823.FR.php

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Cet article corobore l'étude réalisée pendant 3 ans dans mon village. Cette étude montre que la viticulture raisonnée entraîne une pollution des eaux de surface (eaux de ruissellement en cas de pluie) allant jusqu'à 4000 fois supérieure à la nome de potabilité. Cette pollution chuterait entre 1000 et 2500 fois la norme de potabilité en cas d'enherbement semé... il y a encore du chemin à faire pour rendre nos cours d'eau propres d'ici à 2015 !

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Soit dit en passant, les alternatives existent. Il est d'ailleurs possible de déguster des vins obtenus sans pesticide lors de journées spéciales, comme ce sera le cas lors de la semaine des primeurs du bordelais... je vous donne les détails lundi sur mon blog.

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Published by Franck PASCAL - dans Actualité
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commentaires

LaurentVinature 01/04/2008 23:15

Bonjour Franck,merci encore pour ces éclaircissements ,tu dis "car lorsqu'on soigne les causes qui font que le cep "appelle" la cicadelle de la flavescence, il n'y a plus de flavescence" pourrais tu élaboer un peu stpmerci  et à bientôt j'espèrePS dégusté ce soir  un super rosé de chez toi pour mes 13 ans de vie commune , belle soirée;-)

Franck PASCAL 08/05/2008 11:50


Bonjour Laurent,

je tarde à répondre à ce message car je voulais apporter une réponse complète à ta requète.
Je pensais à toi en travaillant ce matin car je regardais les insectes aller de fleur en fleur dans mes vignes... comme ton message parlait aussi d'insectes, ça me l'a remis en mémoire.

Ma phrase nécessite des éclaircissements, mais je n'ai malheureusement pas le temps de répondre. Ce sujet touche à de nombreux domaines si on veut être complet; ce qui nécessite quelques pages
d'explications. A l'occasion, il faudra que je fasse des petits textes sur des choses pointues.

Par exemple, l'ortie pousse-t-elle dans la vigne à certans endroits ?
Je me souviens des paroles d'un entomologiste qui expliquait que certains micro-organismes et "micro-insectes" transforment le fer dans le sol pour le rendre biodisponible. Sous l'effet
d'empoisonnement du sol, ou d'autres causes qu'il n'avait alors pas développées, il disait que les prédateurs de ces micro-organismes se sont retrouvée en surnombre par rapport à la population de
micro-insectes. Pour se défendre, ces micro-organismes fabriquent des substances qui favorisent la germination des graines d'ortie. L'ortie en poussant fabrique de l'acide formique. Cet acide est
celui qu'utilsent les fourmies pour tuer les insectes auxquels elle s'attaque... l'ortie a donc un effet répulsif sur les prédateurs des micro-insectes, micro-organismes favorisant la
bio-disponibilité du fer dans le sol. L'ortie demande beaucoup de fer, voilà un exemple d'entraide entre les plantes et les animaux microscopiques qui permet aux deux espèces d'être
gagnant-gagnant...

Malheureusement, le vigneron ne voit que la présence indésirable de l'ortie et ne cherche pas à comprendre pourquoi elle est là. Il sort automatiquement sa fiole magique de round-*p, l'ortie meurt
et pour lui, le pb n'existe plus... erreur! Il y a un moyen simple d'augmenter le nombre de micro-organismes du sol qui transforment le fer. Ca fera peut-être l'objet d'un article.


gus 29/03/2008 23:14

Merci d'avoir éclairé ma lanterne et bonne continuation!

Franck PASCAL 30/03/2008 10:56


Pareillement!


gus 29/03/2008 14:23

Salut,Merci pour tes précisions pour tous ceux qui cherchent une alternative à la viticulture conventionnelle.Et puis chapeau bas pour avoir su résister à la tentation de balancer 4 anti-botrytis par saison pour t'assurer le précieux jackpot que représentent 15000 kg de raisin/ha vendus à 5 euros/kg(ça fait rêver!!!)Maintenant il faut que tu saches que tous les conventionnels ne sont pas d'affreux empoisonneurs et que par exemple par chez nous dans le sud,un enherbement naturel controlé + un effeuillage +le soleil de notre midi nous dispensent de jeter des anti pourritures.D'ailleurs rien que leur coût est largement dissuasif pour bon nombre d'entre nous....Pour ce qui est du travail du sol,je suis tout à fait d'accord qu'on puisse se passer des desherbants(enherbement plus travail du sol).Il nous reste les anti mildiou oidium et les insecticides.Quand on analyse les résultats de l'enquète,on retrouve majoritairement des anti botrytis(pas illogique car les derniers à être positionnés avant les vendanges)quelques anti mildiou,oïdium et rares insecticides.Il est un fait interressant qui est que l'on ne retrouve pas trace d'une molécule pourtant des plus utilisées en France:le phosétyl.On le connaissait déjà pour son mode d'action singulier( il activerait les défenses naturelles de la vigne),on découvre maintenant qu'il ne laisserait pas de traces dans le vin,ce qui bien sur ne veut pas dire qu'il ne soit pas toxique à l'utilisation.Peut être n'est il pas plus toxique que le cuivre qui sait?J'attend des réponses!!!Amitiés vigneronnes

Franck PASCAL 29/03/2008 20:17


Bonjour,

les antibotrytis sont nécessaires uniquement si la vigne est fragilisée. On peut donc s'en passer si on travail en amont pour éviter d'avoir du botrytis. Je connais effectivement des vignerons qui
font 4 antibotrytis. Certes leurs raisins sont sans botrytis, mais ils sont durs comme de la semelle au pressurage et sont généralement en retard de 15j à 3 semaines dans la maturation par rapport
aux autres vignerons de la même coopérative qui ne font "que" deux à trois antibotrytis.

Pour le jackpot, certains se frottent les mains, certes. Doit-on les qualifier de vignerons ou de buisnessmen, ce n'est pas à moi de juger. Si tu viens faire un tour ici et que tu regardes de près
la manière dont les vignes sont exploitées (car il s'agirait bien d'exploiter cette ressource au maximum... d'où le nom d'exploitation viticole???) et les conséquences directes et indirectes sur
l'environnement, le jeu en vaut-il la chandelle?
Ce qui me fait rêver, c'est d'avoir de jolies vignes qui donnent de jolis vins, sans tromperie ni supercherie. Je ne suis pas certain que cet objectif soit compatible avec 15000 kg/ha... car pour
arriver à de tels rendements, il faut booster la vigne, ce qui la fragilise. Les traitements chimiques sont alors nécessaires pour éteindre l'incendie... et là, la qualité chute.

Tu dis (je vois qu'on se tutoie, même si je ne sais pas qui tu es);
"Maintenant il faut que tu saches que tous les conventionnels ne sont pas d'affreux empoisonneurs et que par exemple par chez nous dans le sud,un enherbement naturel controlé + un effeuillage +le
soleil de notre midi nous dispensent de jeter des anti pourritures"

Alors, si je me réfère aux études faites ici, avec ton programme de traitement, la concentration en pesticide dans les eaux de pluie qui ruissellent de tes parcelles doit être plus proche des 1000
fois supérieure à la norme de potabilité que des 2500. Tu fais partis des "bons élèves", le haut du pannier actuel. C'est déjà beau! Si tout le monde en faisait autant, ce serait déjà un grand pas
en avant.

Saches aussi qu'en champagne, si on raisonne la fertilisation, si on la choisi bien, si on enherbe et on effeuille, les anti-botrytis ne sont pas nécessaires non plus... je pense que de plus en
plus de vignerons champenois en auront conscience à l'avenir.

Ensuite, tu dis "Il nous reste les anti mildiou oidium et les insecticides.Quand on analyse les résultats de l'enquète,on retrouve majoritairement des anti botrytis(pas illogique car les derniers à
être positionnés avant les vendanges)quelques anti mildiou,oïdium et rares insecticides"
Crois-tu que le consommateur qui te lis est rassuré en te lisant ? L'étude montre bien qu'une partie des substances que tu utilises se retrouve dans le vin. Certes, il y a en a moins que si tu
avais fait des antibotrytis... mais que penserait un consommateur si tu lui annonçait fièrement "certains vins en lutte raisonnée contiennent jusqu'à 5800 fois plus de pesticides que la norme de
potabilité, les miens, seulement 520 fois!!!!". Sois réaliste, je ne pense pas que le consommateur sera ravis d'acheter consciement une telle boisson, puisse-elle avoir bon goût.

Le phoséthyl est intéressant. Le phosétyl est un PO4 transformé en PO3, un phosphonate. Cela lui donne des propriétés très intéressantes. Le PO3 avait notamment fait l'objet de tests cliniques sur
des tumeurs cancéreuses, et de fortes régressions avaient été constatées. Le principe est simple, il agit sur le potentiel redox du milieu. On en revient à la bioélectronique de Vincent. Il faut
que tu lises sur ce sujet.
Il avait démontré qu'en fonction des conditions du milieu, les pathologies se dévelopent ou sont bloquées... ainsi, dans certaines condition de pH et de potentiel rédox, soit on est en bonne santé,
soit les petites bêtes s'installent. Le PO3 ramène le potentiel Redox de la sève dans une valeur qui rend le milieu défavorable aux petites bêtes.

Donc, pour la vigne, le PO3 améliore le potentiel redox de la sève de vigne et bloque l'installation des crytogammes. Cependant, il existe plusieurs formes de phosphonates, dont un qui était
homologué partout en bio avant qu'il soit interdit dans le cahier des charges bio Français...

Les phosphonate utilisé en conventionnel sous le nom V*LI*NT est couplé à de l'aluminium. C'est là où le bas blaisse. En effet, tu peux lire sur le paquet que ce produit peut causer des troubles
occulaires. Il est donc conseillé de porter un masque, des gants et des lunettes. Mais ce qu'on ne dit pas, c'est que les troubles occulaires n'arrivent pas par contact du produit avec l'oeil... le
mécanisme de l'aluminium est plus complexe et le port des équipements de protection pendant le traitement ne t'en protègeront pas. En effet, il suffit que touches le feuillage de la vigne ou que tu
te promène près d'une vigne qui vient d'être traitée pour être exposé.

Voici le mécanisme qui pose des problèmes de trouble de la vision:
Dans le Phoséthyl-Al, il y a du PO3 bénéfique pour la santé et de l'aluminium. L'aluminium se loge dans le cervelet et dans certaines liaisons nerveuses à la place de la silice . Or, le cervelet
est le centre de la vision... CQFD. Rappelle toi la maladie de la vache folle, l'aluminium se loge aussi à ces endroits... j'ai un trou de mémoire, mais je crois que dans le cas d'Alzeihmer et de
Parkinson, l'aluminium est lui aussi impliqué, il faudrait que je recherche plus précisément alors ne tiens pas compte de cette dernière phrase.
Dans la vigne, l'élément qui structure la plante et la silice. En cas d'exès alimentaire en Azote, il y a déficit de silice, donc de structure. C'est pourquoi les blés gavés d'azote versent
facilement. Pour la vigne, un excès d'azote se traduit par des défaux de structure. En voici quelques-uns:
- rameaux molassons qui ne restent pas verticaux,
- feuilles qui tombent au lieu d'être dressées vers le ciel comme des fleurs de tounesols
- défaut dans l'arragnement cellulaire des tissus: les feuilles deviennent déchirables au lieu de cassables, elle résistent mal aux agressions des crytogammes car de nombreuses failles celullaires
permettent le passage des "suceurs" et autre
- fragilité de la peau du raisin qui laisse de nombreuses failles pour le botrytis (ça se voit sur les coupes cytologiques disponibles sur biodyvin.com)

C'était une parenthèse sur l'azote, revenons à l'aluminium: pour une plante, il est plus aisé d'adsorber l'aluminium que la silice. En pulvérisant un produit systémique comme le phoséthyl-Al,
l'aluminium arrive directement au coeur de la sève et est diffusé partout dans la plante (100% des cellules). Le phosphonate seul est une molécule facilement dissociable en éléments que la nature
peut utiliser à bon escient, notament en de créant de l'énergie sous forme d'ATP. C'est pourquoi on ne le retrouve pas dans le vin. En revanche, l'aluminium reste bien présent et prend la place de
la silice... d'où fragilisation de la plante; et ce à un des stades les plus important: la floraison-nouaison. C'est le moment précis auquel quelques cellules végétales se divisent pour donner le
futur grain de raisin. On comprend aisément qu'une perturbation de l'arrangement celullaire dès le premier stade de développement du grain de raisin va produire une fragilité lorsque le grain sera
à sa taille définitive. C'est comme si une des 4 premières celulles de l'embryon humain était déviée dès le départ... en quoi un bébé pourrait être en bonne santé à l'arrivée ?

J'ai précisé qu'un phosphonate avait été autorisé en bio. Il s'agit d'un phosphonate associé à du potassium, vendu sous le nom PK2. Je crois que tu as compris que le potassium ne pose aucun pb
particulier pour la vigne. En optant pour cette molécule, tu gardes l'effet de modification du terrain (pH, potentiel redox, et plus globalement le rH2 se trouvent améliorés), tu gardes la
production d'ATP et tu permet à la pante de conserver la silice là où elle devrait être... c'est tout bon!!

Je ne sais pas pourquoi cette molécule a été retirée du cahier des charges bio en France ???? D'autant plus que c'est un phénomène bien connu depuis au moins une dizaine d'années!

La toxicité du cuivre est pour moi une idée reçue. Une fausse étude a été faite par le passé pour discréditer le cuivre. Plus tard, le chercheur qui a fait cette étude a admis avoir fait n'importe
quoi, mais cette image qui arrange bien les gens qui ne veulent pas que les choses changent est restée bien ancrée... J'avais fait un article sur le sujet que tu trouveras dans les archives de
Juillet 2006.
http://blogfranckpascal.over-blog.com/archive-07-2006.html

Bon, mon oeuf à la coque m'attend. Bonne soirée!


gus 28/03/2008 19:27

Petite question:quid dans cette étude des pesticides "naturels "que sont le cuivre,la roténone et le soufre?Mon premier par son usage courant avant l'arrivée des "synthèses "à stérilisé combien de terroirs viticoles?Sa toxicité est sous surveillance dans le cas de certains cancers....Ma deuxième, la naturelle roténone que l'on applique deux fois plus que les insecticides de synthèse,elle dézingue même jusqu'à la gentille coccinelle....et elle est même mise en cause aux USA dans la maladie de parkinson.....Pour mon troisième,bien que très irritant,on n'y a pas trouvé encore à ce jour de vertus très négatives.En résumé,ce n'est pas parce que c'est naturel que c'est inoffensif et il faut que l'hopital arrete de ce moquer de la charité!!On est tous,je dis bien TOUS dans la m......Amitiés vigneronnes.

Franck PASCAL 28/03/2008 21:19


Bonjour cher collègue.

Je ne peux pas rester siliencieux devant vos questions, alors je prends la plume.

1 - le cuivre
Il est en effet convenu que le cuivre aurait stérilisé des sols viticoles et agricoles il y a de cela des décénies. Ca remonte à l'ère des pendillards, et même jusqu'au traitement à pompe à dos et
au cheval. Certes!

Mais le matériel de traitement a fortement évolué en 30 ans, et la qualité de fabrication bouillie bordelaise aussi. De ce fait, là où les générations précédentes utilisaient 15 à 50 kg/ha de
cuivre métal tamponé par an, les vigenrons bio utilisent de 1 kg à 8, voire 10 kg ha en cas d'accident, avec une moyenne inférieur ou égale à 6kg/ha/an sur 5 ans... les temps on bien changé.

De son côté, l'INRA a prouvé qu'en deça de 8kg de cuivre métal par an sur 5 ans, il n'y a pas destruction de la biomasse du sol. On peut aller au dela si la biomasse vivante est très grande. Ainsi
des vignerons en bio depuis de nombreuses années ont parfois des sols carrencés en cuivre. C'est probablement car cet oligo-élément est un régulateur indispensable pour la plante sur le plan
nutritionnel et sur le plan de la protéosynthèse (voir les travaux de CHABOUSSOU à l'INRA intitulé "Les plantes malades des pesticides)

Dans ces conditions,vous devez vous demander "pourquoi les normes de cuivre autorisées en bio ne sont-elles pas plus flexibles ?". Ce serait tout simplement car si la loi autorisait 8 kg/ha de
cuivre métal par an, tout le monde pourrait travailler en bio sans soucis sanitaire... mais là, ça fait peur à l'industrie phyto: si tout le monde travaillait en bio, leur chiffre d'affaires serait
divisé par 5... qui a envie de perdre 80% de ses revenus ?, sachant que l'utilisation de phyto crèe de nombreux emplois connexes:
- fabrication de bidon en plastique (qu'il faut brûler pour produire un peut plus de CO2)
- fabrication de locaux pour le stockage des phyto
- fabrication d'aires de lavage des tracteurs et pytobac pour récupérer les eaux de lavage souillées
- fabrication d'équipement de protection individuelle pour le vigenron qui fait ses traitements habillé en cosmonaute
- fabrication de centre spécialisés pour la détection et le traitement des cancers
- financement d'instituts de recherche pour trouver des remèdes aux cancers nouvellement créés
- construction de lignes de fabrication spéciales pour la fabrication des traitement médicamenteux des cancers
- construction de centres de soins spécialisés dans les traitement des cancers, avec service ambulancier et garde médicale à domicile
- et comme par hasard, les metteur en marché des soins sont rarement éloignés des fabricants des phyto.
La boucle est bouclée, le système est bien rôdé, le consommateur paie pour manger, et repaie pour se soigner; et l'industriel à l'origine du phyto attend sagement que les royalties tombent...
Alors, pourquoi changer un système qui marche ?
Pourquoi expliquer au consommateur qu'il est berné; et que si les vendeurs de pesticides devaient supporter les frais liés à l'utilisation des pesticides, la culture bio serait beaucoup plus
économique, tout en préservant leur santé ?

2- La roténone
En effet, cette substance naturelle est à proscrire. Je crois qu'elle est maintenant interdite au cahier des charge bio. Je sais qu'elle était utilisable, ce qui ne veut pas dire qu'elle était
utilisée. A ce jour, je n'ai encore pas rencontré de vigneron bio qui en ai utilisé (même dans les secteurs de lutte obligatoire contre la flavescence dorée; car lorsqu'on soigne les causes qui
font que le cep "appelle" la cicadelle de la flavescence, il n'y a plus de flavescence)

3 - le soufre
Comme le cuivre, il fait partie des oligo-éléments qui jouent un rôle de régulateur dans la plante, favorisant lui aussi certains équilibres cationniques et la protéosynthèse... d'où des vins plus
stables, aux pH plus bas, nécessitant moins de soufre qu'en conventionnel ; et necessitant  très rarement les additifs oenologiques usuels comme les tanins, colles, anti-oxydants,
anti-oxydases... etc

Pour en revenir au sujet du mail: les résidus de pesticides dans les vins
1 - je n'ai jamais trouvé de taux de cuivre élevé dans les vins bio car le cuivre excédentaire reste dans les bourbes et/ou dans les lies. Il est systématiquement éliminé du vin.
2-Le taux de soufre est généralement plus faible en bio qu'en conventionnel car le vin est plus stable (c'est la conséquence d'une fertilisation naturelle couplée à la régulation du cycle de
l'azote par le cuivre dans la plante... et à la protéosynthèse). En utilisant moins de soufre, voir pas du tout comme le font certains vignerons bio, on permet à des personnes allergiques au soufre
d'avoir accès au vin.
3-Quant à la roténone, même si d'avanture elle était utilisée, sa forte biodégradabilité fait qu'elle est à coup sûr introuvable sur la peau du raisin au moment des vendanges... c'est l'avantage de
travailler avec des substances naturelles: les effets biocides disparaissent quelques jours après l'application (c'est aussi le cas de la tisane d'ortie prolongée contre les araignées rouges ou
jaunes). Pour les produits phyto de synthèse, les réaction chimiques crèent des énergies de liaison entre atomes et/ou molécules beaucoup plus fortes que celles que la nature peut créer.

C'est quoi l'énergie de liaison ? On pourrait l'imager comme la force du champ magnétique qui unit deux aimants. Certains aimants se détachent l'un de l'autre à la main, pour d'autres, notre force
est trop faible pour les décoller. Dans le cas des substances phyto de synthèse, certaines liaisons sont trop fortes pour que les micro-organismes (champignons, bactéries, levures) séparent les
molécules en plusieurs parties plus simples. La molécule n'est donc pas biodégradable, et l'effet du pesticide dure des années sur la faune, la flore, ou sur la flore intestinale du
consommateur...
Parfois, seulement un partie est biodégradable et une autre ne l'est pas. Cette seconde partie forme un métabolite. C'est le cas du glyphosate. Certaines pesticides ou certains métabolites miment
des hormones que notre corps fabrique, ce qui perturbe l'équilibre fragile de notre système endocrinien... allergies, malaisies, vertiges, irritations, colère, anxiété, diabète,violence font partie
des réponses du corps humain à ces perturbations.


Pour la flore intestinale de l'homme, des solutions existent: réencemencer l'appareil digestif avec des micro-organismes multipliés en labo (Actimel par exemple). Ainsi, les personnes retrouvent un
partie de leur capacité digestive et évitent d'être carrencés en certains minéraux, oligo-élements ou vitamines car les micro-organismes capables de les extraires des aliments sont de nouveau
présents... Actimel n'aurait jamais du voir le jour si nous n'avions pas dégradé à ce point notre santé et notre environnement... toutefois, cela ne suffit pas pour recouvrer une flore intestinales
complète.

C'est pareil pour la vache: en apportant des micro-organismes du système digestif dans la ration alimentaire de la vache (nourrie avec des aliments enrichis en pesticides grâce à la culture
raisonée), le recours aux antibiotiques chute de 40% dès la première année. Le paralèlle avec l'homme est facile à voir...

C'est formidable de constater que lorsqu'on arrête de détruire la nature, les choses vont mieux pour tous , non ? Il y aurait encore de nombreuses choses à ajouter, mais il faut que je me ménage
pour le travail au chai demain matin.
Bonnée soirée!
Franck


P.S. Je n'ai vraiment pas le sentiment d'être dans la m...


Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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