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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 09:58

undefinedVoici un article repris du Journal Le Monde daté du 9 Février 2008:

 

 

"Pour la première fois, un insecte est parvenu dans la nature à développer une résistance à une toxine produite par une plante génétiquement modifiée pour l'éradiquer. Helicoverpa zea, une noctuelle ravageuse du coton, vient d'administrer aux Etats-Unis une démonstration brillante de la théorie de l'évolution : quand une population est soumise à une pression de sélection, la survenue de mutations peut favoriser sa perpétuation.

Un tel phénomène de résistance aux toxines sécrétées par des OGM avait déjà été induit en laboratoire. Mais il n'avait encore jamais été détecté dans les conditions d'agriculture réelle, rapporte un article mis en ligne le 7 février par la revue Nature Biotechnology.
Bruce Tabashnik et ses collègues de l'université de l'Arizona y présentent leur compilation d'une décennie d'études conduites sur six espèces d'insectes visés par des toxines produites par des cotons et des maïs transgéniques cultivés en Australie, en Chine, en Espagne et aux Etats-Unis. A ce jour, notent-ils, seule Helicoverpa zea est parvenue à résister à une toxine, Cry1Ac, produite à partir d'un gène tiré de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt).

Les premières chenilles de papillon résistantes ont été détectées à partir de 2003, dans des champs de l'Arkansas et du Mississippi. Certaines étaient capables de survivre à des doses de toxine 500 fois plus élevées que celles tuant ces insectes, dans les mêmes parcelles, avant l'introduction de ce coton dit Bt.

MAINTIEN DE ZONES "REFUGES"

Pour faire face à ce phénomène de résistance, les promoteurs des OGM préconisent le maintien de zones "refuges", semées en plantes conventionnelles, où sont conservées des populations d'insectes sensibles à la toxine ayant pour avantage de "diluer" par croisement le caractère résistant des individus mutants.

Cette stratégie semble fonctionnelle, mais à condition que les refuges soient "abondants", prévient M. Tabashnik : en Arkansas, où 39 % de la population d'Helicoverpa pouvaient trouver pitance dans des champs non OGM, la résistance a pu apparaître et pourrait, au rythme actuel, être totale d'ici neuf ans.

Au contraire, en Caroline du Nord, où ce pourcentage de refuge était de 82 %, la fréquence de la résistance sera encore presque nulle dans dix ans, prédit-il.

Hervé Morin"


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Ma remarque: On se prend vraiment le choux avec des OGM inutiles :-))
Non, je rigole... le problème est bien plus sérieux:

D'abord, il ne faut pas faire d'amalgame entre le BT utilisé en culture BIO au stade d'éclosion des oeufs, et celui sécrété en permanence par les OGM.

Il y a deux phénomènes totallement différents:
Premièrement, le BT secrété par les OGM n'est pas identique à celui utilisé en bio, car il faudrait intégrer beaucoup plus de gênes du Bacillius dans le génôme de la plante génétiquement modifiée pour obtenir des substances identiques... l'efficacité à dose réduite ne peut être identique à celle utilsée en BIO: il faut plus de quantité avec les OGM. Ensuite, puisque l'OGM ne reproduit que partiellement le BT naturel, les risques d'adaptation de l'insecte au BT OGM sont immenses comparé au BT naturel.

Deuxièmement, les pulvérisations de BT en bio ont lieu à stade où les larves de l'insecte ne peuvent se défendre... d'où une extrême difficutlé à bien positionner le traitement BT en bio. S'il est fait sur larves de quelques jours, il est totallement inefficace. Or, les OGM confrontent les insectes aux "BT" à des stades post-larvaires. Les insectes adultes provenant provenant de champs non OGM, qui se poseraient par inadvertance dans un champ OGM, se trouveraient incommodés par les BT sécrétés par les OGM. Il est normal dans ces conditions qu'ils développent des mécanismes d'adaptation conduisant à la résistance complète.

Le mécanisme d'adaptation du vivant est le même qu'avec les pesticides utilisés sur maladie déclarée. Et là, on se retrouve dans l'impasse... il n'y a plus que le BT naturel qui pourrait avoir un effet, sans devoir augmenter les doses de pesticides. C'est le cas avec les plantes génétiquement modifiées résistantes au r**nd-up... la flore naturelle se détoxifie petit à petit de ce poison, jusqu'à devenir tolérante, puis résistante... résultat, le cultivateur doit multiplier le nombre d'herbicides dans son champ après quelques années de culture OGM. Je ne vois pas bien où est le progrès écologique :-)

Pour revenir au BT:
Dans le cas du maïs, la présence de ces BT dans les assiettes serait confirmée avec les OGM; ce n'est pas le cas avec un traitement bio...

Merci d'avoir lu jusque là.

 

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Published by Franck PASCAL - dans Actualité Paul & Mike
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Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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