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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 19:52

Bonjour,

Aujourd'hui c'est férié.  Pour la première fois depuis la naissance de Clarisse (7 ans), j'ai pu consacrer quelques heures à nos trois enfants. Nous sommes donc partis à la recherche des champignons de forêt et de pâture. Octobre n'a pas été très pluvieux: hormis quelques brouillards, le total des pluies se compte en mm alors qu'habituellement, ce sont quelques dizaines de millimètres qui tombent à cette saison. La cueillette fut donc minime, mais ce n'était pas là le but de l'opération.

 

Sur le chemin du retour, je m'arrête devant deux de nos vignes... Le triticale à-t-il levé??

Le triticale est une céréale qui servira de couverture hivernale à nos sols. Les années précédentes, je semais plutôt du seigle, de l'orge ou du blé. Le triticale résistant mieux aux gelées d'hivers que le blé, c'est ce que j'ai choisi de semer cet automne.
Après les vendanges, le sol est resté chaud. La fenêtre pour le semis de céréales est longue cette année car  le beau temps domine ce mois d'Octobre. Après un travail du sol adapté à chaque parcelle (en plein ou localisé dans le rang) , nous avons procédé au semi avec le bon vieux semoir à engrais de papa: celui muni de deux lanières qu'on passe autour du cou pour semer les grains à la volée. Ceci nous permet de localiser les grains dans le milieu des rangs... au cas où le mauvais temps du printemps nous empêcherait de détruire mécaniquement les épis qui se développent sous le rang de vigne.

 

Dans quel but semer une céréale dans les vignes?

Tout dépend des parcelles...  Le sol, le climat, le cépage, le porte-greffe, l'historique de la parcelle variant à chaque fois, chaque parcelle demande à être conduite différemment pour obtenir comme résultat final une belle vendange.

Premier Cas, "Le Grand Marais"

Le Grand Marais - Vieille vigne de Pinot Meunier

Le sol de cette vigne n'est travaillé que depuis deux ans car je n'en avais pas la responsabilité avant. Le sol a du mal à se décompacter. Les céréales vont l'aider de trois manières:
- savez-vous qu'un grain de blé produit 200 km de racines et qu'un grain de seigle 600 km?? Ce réseau va émietter la surface du sol (à défaut de plonger si le sous-sol est trop compact ). Ceci va permettre d'oxygéner de la surface du sol
- les céréales qui vont se développer vont puiser les fertilisants suceptibles de migrer dans les nappes phréatiques au cours de l'automne et de l'hiver. Elles les relargueront quand on les tondra ou qu'on les sarclera. Elles serviront de nourriture à la flore du sol qui vit en interaction avec la surface.
- Lorsqu'on les détruira mécaniquement, les racines vont mourrir et servir de nutriment aux micro-organismes vivant dans les couches les plus profondes du sol. L'endroit où les racines se trouvaient dans le sol formeront des conduits par lesquels les eaux de pluie et l'air pourront pénétrer... La vie pourra alors continuer sa propagation dans les profondeurs du sol afin qu'il retrouve son dynamisme. C'est un point nécessaire à l'expression du terroir dans nos vins.

Second cas, "Le Bois de Binson"

Le Bois de Binson

Dans cette vigne, il est plus difficile de discerner le semis, et pourtant, il est bien là!
Cette parcelle était principalement colonisée par le mourron après les vendanges. Un signe qui ne trompe pas: c'est le témoin d'une bonne aérobiose (la vie microbienne de surface travaille bien), mais c'est aussi un indicateur d'un souci non résolu avec l'azote. C'est d'ailleurs une des parcelles où j'ai eu du botrytis aux vendanges 2005... il faut donc travailler à réduire l'absorption d'azote par la vigne pour équilibrer son alimentation et prévenir le botrytis. Le triticale sera un élément contribuant à ce "puisage" des ressources du sol pour la prochaine saison. Il va volontairement concurrencer l'alimentation de la vigne pour le bien-être de cette dernière.

Rendez-vous au printemps pour la suite!

Franck

 

 

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Published by Franck PASCAL - dans A la vigne
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Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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