"Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ?
En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer la famine."
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A+
Franck

Outre la sauvegarde de nos variétés de vieilles vignes et l'apparition des orchidées au printemps, une autre espèce assez rare au vignoble est réapparue... en effet, voici plusieurs années que nous nous régalons de quelques fraises des bois lors des travaux de relevage et palissage... Ce sont de minuscules fraises, mais dont les arômes sont si intenses qu'on ne peut s'en passer... souvenir d'enfances ! :-)) En plus, elles sont "cultivées" en agriculture biologique !!! ;-))


Jusqu'à maintenant, la vigne ne portait pas de raisin, mais des inflorescences. Comme pour les cerises, les tomates ou les pommes, la floraison est l'étape nécessaire à la transformation de la fleur en fruit. Chaque année, nous surveillons la météo pour que cette étape se déroule sans soucis. En effet, si le temps est froid et pluvieux, la fleur n'est pas fécondée et il n'y pas de fruits...
Depuis que la chaleur est arrivée, la croissance de la vigne a explosée... Travaillant chaque jour de 5h à 22h30, je n'avais pas trouvé le temps de publier des explications sur mon blog... je vais tenter de résumer l'évolution des futurs raisins...
La grappe a beaucoup grandit et les boutons floraux (groupe n°1 sur la photo) se sont éloignés les uns des autres. Chaque future fleur est couverte d'un capuchon floral (2). Juste avant de se détacher, le capuchon floral prend une teinte violacée en son centre. En tombant, il dévoile la fleur de vigne (3) et libère en même temps une odeur particulière très agréable. Le futur grain de raisin est au centre des étamines. Il est ouvert et près à recevoir le pollen. La fécondation est alors possible. Après fécondation, les étamines tombent et le grain se referme (on dit qu'il se noue): c'est la nouaison.
La pleine floraison est aussi le moment où il aisé de déceler la présence de la cochylis ou de l'eudémis... Ce sont des "vers de la grappe" qui s'installent dans les vignes à raison de 2 générations.

En fait, des papillons pondent des oeufs sur les raisins. Les larves qui en sortent agglomèrent plusieurs inflorescences entre elles pour former une sorte de nid, appelé glomérule (n°4 sur la photo). Lorsqu'on disloque cette glomérule, on trouve une jolie chenille (5). Ici, elle est marron à la tête noire: c'est une cochylis. La chenille n'aimant pas les paparazzi, elle s'est partiellement cachée derrière un grain noué.
Comme toute chenille, elle va donner naissance à un autre papillon qui pondra des oeufs en Juillet... ce sera la deuxième génération. Cette dernière est beaucoup plus problématique pour la qualité de la récolte puisque la larve va perforer un grain et se loger à l'intérieur. Elle provoque la pourriture de ce grain. De proche en proche, la pourriture peut gagner rapidement une grande partie du raisin.
Le vers de la grappe sont peu nombreux en cette première génération. Il faut chercher un peu pour trouver des glomérules. En secteur confusé, c'est encore plus difficile d'en trouver... en effet, la confusion sexuelle est un excellent préventif des attaques de vers de la grappe.
René RENOU, président de l'INAO est décédé dans la nuit de Dimanche à Lundi... plus d'infos via le lien suivant:
http://vinsdeloire.info/news/322.shtml
Voici un homme qui a eu l'audace de dénoncer une certaine dérive des vins d'AOC et de tenter de mettre en place des mesures afin de recadrer la production nationnale... Paix à son âme.

Alors que la floraison des raisins devrait être sur le point de commencer, le temps correspond à celui d'un mois de Mars ou d'Octobre: froid, grisaille, pluie, grêle, vent glacial et courtes éclaircies... Cette météo ne correspond pas à celle que le métabolisme de la vigne réclame...
Aussi, en se déplaçant dans le vignoble, on voit de nombreuses parcelles jaunir ou arborer un feuilage vert pâle montrant une faiblesse. C'est comme cela que la vigne exprime son stress. Force est de constater que ce froid persistant pèse aussi sur notre organisme... Nos vignes sont certainement atteintes de la même manière au plus profond de leur être.
Pour soigner cela et permettre à la vigne de supporter ce stress climatique, on fait appel a une plante médicinale. C'est la plante que l'on savoure en tisane lorsqu'on fait une insolation ou qu'on a un "coup de chaud" l'été: la camomille matricaire (Matricaria chamomilla). Il faut la cueillir à un stade particulier. Comme elle n'est pas encore en fleur (retard végétatif lié au climat), j'ai utilisé celle cueillie l'an passé.
Cette camamille (attention, il y en a plusieurs... mais il n'y en a qu'une bonne) est diagnostiquée au vignoble dans les situtations suivantes: excès de chaleur, de froid, de pluie de sécheresse.
En 2003 (année de LA canicule), une vigne a mis coteau, exposée plein sud présentait un aspect bizarre: le haut et le bas de la parcelle était bien verts, et le milieu était vert pâle, voir jaune comme si c'était un début de chlorose (= carrence en fer)... Qui dit début de chlorose, dit qu'il faut augmenter la dose d'ortie dans les tisanes (c'est assez rare dans les environs: nous n'apportons aucun chélate ou sulfate de fer dans nos sols car les propriétés minéralisantes de l'ortie suffisent, même en secteur très chlorosant)... erreur de diagnostique !
A l'endroit précis de la décoloration du feuillage se trouve un banc rocheux de calcaires durs... En clair, la vigne pousse sur un tas de cailloux très dense... le sol avait donc moins de réserves en eau et l'enracinement avait plus de mal a aller rechercher de l'eau en profondeur... La vigne ne souffrait pas de chlorose mais d'un stress climatique de type sécheresse . Je suis allé cueillir de la camomille (heureusement qu'on en trouve longtemps!), j'ai fait ma tisane, je suis allé la pulvériser sur la vigne... quelques minutes plus tard, la vigne était toute verte, jolie comme tout !!!
Voici encore une preuve que la nature regorge de trésors ! En plus, ce sont des trésors qui ne coûtent pas bien cher! :-) Ce serait domage de remplacer cela par des produits commerciaux dont on a du mal à connaitre la composition exacte, non ?
La tisane que j'ai préparé pour traiter les vignes demain contiendra de l'ortie, du saule et de la camomille... et ça sentait tellement bon que je n'ai pas pu résister d'en boire un verre...

La camomille, ce sont les petites "boules" jaunes ci-dessus.