Bienvenue sur le blog du Champagne Franck PASCAL

En champagne, chaque acteur a sa propre vision du métier de vigneron. 
La nôtre est en ce sens particulière; et l'est d'autant plus lorsqu'on prend en compte le fait que nos 3,5 ha de vignes
sont conduits en biodynamie (culture biologique + soins énergétiques).
Un blog se justifie afin que vous cerniez notre sensibilité et certains aspects de notre métier. Nous espérons, par cette fenêtre ouverte sur notre Domaine, vous faire partager nos choix, nos essais, nos craintes, nos espoirs, nos réussites, nos échecs, nos joies, nos peines...
Asseyez-vous confortablement... Puissent ces quelques lignes retenir votre attention et susciter une lecture intéressée.

 
Lundi 31 mars 2008
La biodynamie est une méthode de culture particulière, répondant au cahier des charges de la culture biologique, et en adjoignant des soins énergétiques spécifiques.

Les vins gagnent en personnalité et reflètent sincèrement leurs terroirs. De plus, lors des vinifications, les artifices technologiques propres à l'oenologie moderne ne sont pas indispensables pour obtenir de bons vins.

Si vous êtes curieux de déguster les vins primeurs de 2007 d'environ 40 domaines Français et Allemands, veuillez réserver ces dates:

Mardi 1er, Mercredi 2, et Jeudi 3 Avril 2008
(en même temps que la dégustation des primeurs à Bordeaux).

Cette dégustation est organisée par l'association des Vignerons en biodynamie (biodyvin.com) au Chateau Fonroque à Saint-Emilion, entre 10h et 18h (17h le jeudi).
Dimanche 30 mars 2008
En publiant l'article sur les résidus de pesticides dans le vin, je savais que je m'exposerais aux foudres de certaines personnes. Bon, après tout, le journal Libération qui a publié les résultats de cette enquête dans ses pages est beaucoup plus lu que mon petit blog... donc, ce n'est pas la publication des teneurs en pesticides dans les vins sur mon blog  qui va empirer les choses.

Et puis, après tout, ce n'est pas ma faute si les choses sont ainsi... j'ai fait les efforts pour ne pas que mes vins fassent partie de ceux dont la vérité dérrange. J'estime avoir fait ma part du travail :-)

Suite à mon article, j'ai reçu un commentaire pertinent auquel j'ai répondu. Comme c'est compliqué d'aller lire les commentaires et les réponses, je publie cet échange entre professionnels du vn de manière plus lisible. Espéront que le débat reste à ce niveau et ne dégénère pas rapidement.

c'est parti:

GUS A ECRIT:
Petite question:quid dans cette étude des pesticides "naturels "que sont le cuivre,la roténone et le soufre?Mon premier par son usage courant avant l'arrivée des "synthèses "à stérilisé combien de terroirs viticoles?Sa toxicité est sous surveillance dans le cas de certains cancers....Ma deuxième, la naturelle roténone que l'on applique deux fois plus que les insecticides de synthèse,elle dézingue même jusqu'à la gentille coccinelle....et elle est même mise en cause aux USA dans la maladie de parkinson.....Pour mon troisième,bien que très irritant,on n'y a pas trouvé encore à ce jour de vertus très négatives.
En résumé,ce n'est pas parce que c'est naturel que c'est inoffensif et il faut que l'hopital arrete de ce moquer de la charité!!On est tous,je dis bien TOUS dans la m......
Amitiés vigneronnes.

MA REPONSE:
Bonjour cher collègue.

Je ne peux pas rester siliencieux devant vos questions, alors je prends la plume.

1 - le cuivre
Il est en effet convenu que le cuivre aurait stérilisé des sols viticoles et agricoles il y a de cela des décénies. Ca remonte à l'ère des pendillards, et même jusqu'au traitement à pompe à dos et au cheval. Certes!

Mais le matériel de traitement a fortement évolué en 30 ans, et la qualité de fabrication bouillie bordelaise aussi. De ce fait, là où les générations précédentes utilisaient 15 à 50 kg/ha de cuivre métal tamponé par an, les vigenrons bio utilisent de 1 kg à 8, voire 10 kg ha en cas d'accident, avec une moyenne inférieur ou égale à 6kg/ha/an sur 5 ans... les temps on bien changé.

De son côté, l'INRA a prouvé qu'en deça de 8kg de cuivre métal par an sur 5 ans, il n'y a pas destruction de la biomasse du sol. On peut aller au dela si la biomasse vivante est très grande. Ainsi des vignerons en bio depuis de nombreuses années ont parfois des sols carrencés en cuivre. C'est probablement car cet oligo-élément est un régulateur indispensable pour la plante sur le plan nutritionnel et sur le plan de la protéosynthèse (voir les travaux de CHABOUSSOU à l'INRA intitulé "Les plantes malades des pesticides)

Dans ces conditions,vous devez vous demander "pourquoi les normes de cuivre autorisées en bio ne sont-elles pas plus flexibles ?". Ce serait tout simplement car si la loi autorisait 8 kg/ha de cuivre métal par an, tout le monde pourrait travailler en bio sans soucis sanitaire... mais là, ça fait peur à l'industrie phyto: si tout le monde travaillait en bio, leur chiffre d'affaires serait divisé par 5... qui a envie de perdre 80% de ses revenus ?, sachant que l'utilisation de phyto crèe de nombreux emplois connexes:
- fabrication de bidon en plastique (qu'il faut brûler pour produire un peut plus de CO2)
- fabrication de locaux pour le stockage des phyto
- fabrication d'aires de lavage des tracteurs et pytobac pour récupérer les eaux de lavage souillées
- fabrication d'équipement de protection individuelle pour le vigenron qui fait ses traitements habillé en cosmonaute
- fabrication de centre spécialisés pour la détection et le traitement des cancers
- financement d'instituts de recherche pour trouver des remèdes aux cancers nouvellement créés
- construction de lignes de fabrication spéciales pour la fabrication des traitement médicamenteux des cancers
- construction de centres de soins spécialisés dans les traitement des cancers, avec service ambulancier et garde médicale à domicile
- et comme par hasard, les metteur en marché des soins sont rarement éloignés des fabricants des phyto.
La boucle est bouclée, le système est bien rôdé, le consommateur paie pour manger, et repaie pour se soigner; et l'industriel à l'origine du phyto attend sagement que les royalties tombent...
Alors, pourquoi changer un système qui marche ?
Pourquoi expliquer au consommateur qu'il est berné; et que si les vendeurs de pesticides devaient supporter les frais liés à l'utilisation des pesticides, la culture bio serait beaucoup plus économique, tout en préservant leur santé ?

2- La roténone
En effet, cette substance naturelle est à proscrire. Je crois qu'elle est maintenant interdite au cahier des charge bio. Je sais qu'elle était utilisable, ce qui ne veut pas dire qu'elle était utilisée. A ce jour, je n'ai encore pas rencontré de vigneron bio qui en ai utilisé (même dans les secteurs de lutte obligatoire contre la flavescence dorée; car lorsqu'on soigne les causes qui font que le cep "appelle" la cicadelle de la flavescence, il n'y a plus de flavescence)

3 - le soufre
Comme le cuivre, il fait partie des oligo-éléments qui jouent un rôle de régulateur dans la plante, favorisant lui aussi certains équilibres cationniques et la protéosynthèse... d'où des vins plus stables, aux pH plus bas, nécessitant moins de soufre qu'en conventionnel ; et necessitant  très rarement les additifs oenologiques usuels comme les tanins, colles, anti-oxydants, anti-oxydases... etc

Pour en revenir au sujet du mail: les résidus de pesticides dans les vins
1 - je n'ai jamais trouvé de taux de cuivre élevé dans les vins bio car le cuivre excédentaire reste dans les bourbes et/ou dans les lies. Il est systématiquement éliminé du vin.
2-Le taux de soufre est généralement plus faible en bio qu'en conventionnel car le vin est plus stable (c'est la conséquence d'une fertilisation naturelle couplée à la régulation du cycle de l'azote par le cuivre dans la plante... et à la protéosynthèse). En utilisant moins de soufre, voir pas du tout comme le font certains vignerons bio, on permet à des personnes allergiques au soufre d'avoir accès au vin.
3-Quant à la roténone, même si d'avanture elle était utilisée, sa forte biodégradabilité fait qu'elle est à coup sûr introuvable sur la peau du raisin au moment des vendanges... c'est l'avantage de travailler avec des substances naturelles: les effets biocides disparaissent quelques jours après l'application (c'est aussi le cas de la tisane d'ortie prolongée contre les araignées rouges ou jaunes). Pour les produits phyto de synthèse, les réaction chimiques crèent des énergies de liaison entre atomes et/ou molécules beaucoup plus fortes que celles que la nature peut créer.

C'est quoi l'énergie de liaison ? On pourrait l'imager comme la force du champ magnétique qui unit deux aimants. Certains aimants se détachent l'un de l'autre à la main, pour d'autres, notre force est trop faible pour les décoller. Dans le cas des substances phyto de synthèse, certaines liaisons sont trop fortes pour que les micro-organismes (champignons, bactéries, levures) séparent les molécules en plusieurs parties plus simples. La molécule n'est donc pas biodégradable, et l'effet du pesticide dure des années sur la faune, la flore, ou sur la flore intestinale du consommateur...
Parfois, seulement un partie est biodégradable et une autre ne l'est pas. Cette seconde partie forme un métabolite. C'est le cas du glyphosate. Certaines pesticides ou certains métabolites miment des hormones que notre corps fabrique, ce qui perturbe l'équilibre fragile de notre système endocrinien... allergies, malaisies, vertiges, irritations, colère, anxiété, diabète,violence font partie des réponses du corps humain à ces perturbations.


Pour la flore intestinale de l'homme, des solutions existent: réencemencer l'appareil digestif avec des micro-organismes multipliés en labo (Actimel par exemple). Ainsi, les personnes retrouvent un partie de leur capacité digestive et évitent d'être carrencés en certains minéraux, oligo-élements ou vitamines car les micro-organismes capables de les extraires des aliments sont de nouveau présents... Actimel n'aurait jamais du voir le jour si nous n'avions pas dégradé à ce point notre santé et notre environnement... toutefois, cela ne suffit pas pour recouvrer une flore intestinales complète.

C'est pareil pour la vache: en apportant des micro-organismes du système digestif dans la ration alimentaire de la vache (nourrie avec des aliments enrichis en pesticides grâce à la culture raisonée), le recours aux antibiotiques chute de 40% dès la première année. Le paralèlle avec l'homme est facile à voir...

C'est formidable de constater que lorsqu'on arrête de détruire la nature, les choses vont mieux pour tous , non ? Il y aurait encore de nombreuses choses à ajouter, mais il faut que je me ménage pour le travail au chai demain matin.
Bonnée soirée!
Franck


P.S. Je n'ai vraiment pas le sentiment d'être dans la m...
Samedi 29 mars 2008
Souvent, j'entend les colibets de certains confrères pendant que je suis au travail. Il n'osent pas toujours me dire ce qu'ils pensent en face alors ils le disent assez fort, de loin, pour que j'entende... ça me passe au dessus et ne m'atteint pas car je sais que s'ils font un peu de chemin, ils pourraient radicalement changer leur manière de voir les choses et se remettre en question.

Aujourd'hui, je suis tombé le blog de confrères qui me semblent être en parfaite harmonie avec notre manière de voir le métier de vigneron et de l'exercer. Les expériences vécues paraissent proches et les conclusions, que j'appelerais des leçons de vie, les ont conduit à travailler comme ils en ont envie... Quand on arrive à ne plus se soucier des "qu'en dira-t-on?", on trouve la motivation pour construire de grands vins à force de courage, de persévérance et d'audace.

Aussi, je tiens à vous présenter ces vignerons méritants:
www.les-loges-de-la-folie.com
Vous verrez, tout les différencie des vignerons conventionnels depuis la vigne jusqu'à la bouteille terminée.
Bonne lecture!
Vendredi 28 mars 2008

Les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), dont le MDRGF, publient les résultats d’une campagne d’analyses réalisée sur des vins d’Europe et du monde entier et dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de pesticides.

L’Etude. L’étude a été coordonnée par PAN-Europe, et soutenue par le MDRGF pour la France, Global 2000 pour l’Autriche et Greenpeace Allemagne. 40 bouteilles de vin rouge ont été analysées, en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. 34 étaient issues de l’agriculture intensive et 6 de l’Agriculture Biologique .

Résultats : 100% des vins conventionnels testés contaminés. En effet chaque échantillon testé contient en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides !




Niveau de contamination: 5800 fois plus élevée que pour l’eau potable ! Les niveaux de contamination dans cette étude sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées (LMR). Cependant, il est à noter qu’il n’existe pas de LMR vin a proprement parler mais qu’on se réfère à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées. Il faut en outre préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet !

Risques sanitaires. Ces nombreux résidus témoignent d’une utilisation très intensive de pesticides en viticulture. Parmi ces résidus trouvés de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques .



Vins biologiques. Les vins biologiques analysés ne renferment pas de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé des quantités faibles d’un produit. Cette présence est expliquée par les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines . Cette contamination des viticulteurs biologiques, quoique rare et à de faibles quantités, est totalement inacceptable.



« L’étude réalisée par PAN et le MDRGF montre que l’utilisation très intensive de pesticides en viticulture - 20% des pesticides utilisés sur 3% de la surface agricole - a comme conséquence la présence systématique de nombreux résidus dans les vins. Il est grand temps, conformément aux décisions du Grenelle, que la viticulture réduise sa consommation de pesticides pour réduire l’exposition des consommateurs en privilégiant les techniques alternatives aux pesticides. Ce sont ces systèmes alternatifs dont le MDRGF fait la promotion lors de la 3ème semaine sans pesticides qui a lieu du 20 au 30 mars. » déclare F. Veillerette, Président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe.


« En outre, les représentants du gouvernement français devront absolument tout faire pour que les législations européennes sur les pesticides en préparation éliment les pesticides les plus dangereux et favorisent les systèmes qui réduisent fortement, ou se passent complètement, de ces toxiques » ajoute F. Veillerette.

télécharger l'étude complète :
http://www.mdrgf.org/pdf/Rapport_vin_pesticide_fr.pdf
télécharger le communiqué de presse :
http://www.mdrgf.org/pdf/CP260306_Vin_residus.pdf
lire l'article de Libération de ce 27 mars :
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/317823.FR.php

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Cet article corobore l'étude réalisée pendant 3 ans dans mon village. Cette étude montre que la viticulture raisonnée entraîne une pollution des eaux de surface (eaux de ruissellement en cas de pluie) allant jusqu'à 4000 fois supérieure à la nome de potabilité. Cette pollution chuterait entre 1000 et 2500 fois la norme de potabilité en cas d'enherbement semé... il y a encore du chemin à faire pour rendre nos cours d'eau propres d'ici à 2015 !

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Soit dit en passant, les alternatives existent. Il est d'ailleurs possible de déguster des vins obtenus sans pesticide lors de journées spéciales, comme ce sera le cas lors de la semaine des primeurs du bordelais... je vous donne les détails lundi sur mon blog.
par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Samedi 22 mars 2008
Voici un lien vers un petit jeu qui vous permet de saisir une facette de notre métier en terme de logistique...
C'est plus approprié à la période des fêtes de fin d'année où des centaines de colis doivent arriver au bon destinataire, dans les délais, au meilleur coût, par le bon transitaire.
Bon week-end  de Pâques!
Samedi 8 mars 2008
ARTE va diffuser une enquête explosive sur le leader mondial des OGM « Le Monde selon Monsanto » le mardi 11 mars 2008 à 21h00. En "avant première", visualisez quelques secondes de video sur le net...

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Cette info étant disponible sur http://www.biodyvin.com/index2.php, je cite:

"Mercredi 09 janvier 2008, la Haute Autorité sur les OGM a révélé que le maïs transgénique « MON 810 » commercialisé par la firme Monsanto présentait des risques sanitaires économiques et environnementaux.

Pour ARTE, Marie-Dominique Robin a réalisé un documentaire d’investigation retraçant l’ascension de cet empire américain et de son développement dans les biotechnologies et le contrôle des semences. Certains produits fabriqués par la firme ont fini par être interdits à la vente après avoir pollué la planète et tué ou rendu malades des dizaines de milliers de personnes. A chaque fois, la multinationale a menti, caché ou trafiqué les études montrant leur nocivité ; elle a été poursuivie et condamnée à de lourdes amendes, mais tout cela ne l’a pas empêchée de poursuivre son ascension."

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Une info que je juge de la plus haute importance... alors, bonne lecture, ou à vos magnétoscopes !
Comment ça ? C'est déjà dépassé le magnétoscope ? Moi qui pensait que le pouvoir d'achat était en berne :-)))

nti_bug_fck
par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Dimanche 2 mars 2008
undefinedVoici un article repris du Journal Le Monde daté du 9 Février 2008:

"Pour la première fois, un insecte est parvenu dans la nature à développer une résistance à une toxine produite par une plante génétiquement modifiée pour l'éradiquer. Helicoverpa zea, une noctuelle ravageuse du coton, vient d'administrer aux Etats-Unis une démonstration brillante de la théorie de l'évolution : quand une population est soumise à une pression de sélection, la survenue de mutations peut favoriser sa perpétuation.

Un tel phénomène de résistance aux toxines sécrétées par des OGM avait déjà été induit en laboratoire. Mais il n'avait encore jamais été détecté dans les conditions d'agriculture réelle, rapporte un article mis en ligne le 7 février par la revue Nature Biotechnology.
Bruce Tabashnik et ses collègues de l'université de l'Arizona y présentent leur compilation d'une décennie d'études conduites sur six espèces d'insectes visés par des toxines produites par des cotons et des maïs transgéniques cultivés en Australie, en Chine, en Espagne et aux Etats-Unis. A ce jour, notent-ils, seule Helicoverpa zea est parvenue à résister à une toxine, Cry1Ac, produite à partir d'un gène tiré de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt).

Les premières chenilles de papillon résistantes ont été détectées à partir de 2003, dans des champs de l'Arkansas et du Mississippi. Certaines étaient capables de survivre à des doses de toxine 500 fois plus élevées que celles tuant ces insectes, dans les mêmes parcelles, avant l'introduction de ce coton dit Bt.

MAINTIEN DE ZONES "REFUGES"

Pour faire face à ce phénomène de résistance, les promoteurs des OGM préconisent le maintien de zones "refuges", semées en plantes conventionnelles, où sont conservées des populations d'insectes sensibles à la toxine ayant pour avantage de "diluer" par croisement le caractère résistant des individus mutants.

Cette stratégie semble fonctionnelle, mais à condition que les refuges soient "abondants", prévient M. Tabashnik : en Arkansas, où 39 % de la population d'Helicoverpa pouvaient trouver pitance dans des champs non OGM, la résistance a pu apparaître et pourrait, au rythme actuel, être totale d'ici neuf ans.

Au contraire, en Caroline du Nord, où ce pourcentage de refuge était de 82 %, la fréquence de la résistance sera encore presque nulle dans dix ans, prédit-il.

Hervé Morin"

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Ma remarque: On se prend vraiment le choux avec des OGM inutiles :-))
Non, je rigole... le problème est bien plus sérieux:

D'abord, il ne faut pas faire d'amalgame entre le BT utilisé en culture BIO au stade d'éclosion des oeufs, et celui sécrété en permanence par les OGM.

Il y a deux phénomènes totallement différents:
Premièrement, le BT secrété par les OGM n'est pas identique à celui utilisé en bio, car il faudrait intégrer beaucoup plus de gênes du Bacillius dans le génôme de la plante génétiquement modifiée pour obtenir des substances identiques... l'efficacité à dose réduite ne peut être identique à celle utilsée en BIO: il faut plus de quantité avec les OGM. Ensuite, puisque l'OGM ne reproduit que partiellement le BT naturel, les risques d'adaptation de l'insecte au BT OGM sont immenses comparé au BT naturel.

Deuxièmement, les pulvérisations de BT en bio ont lieu à stade où les larves de l'insecte ne peuvent se défendre... d'où une extrême difficutlé à bien positionner le traitement BT en bio. S'il est fait sur larves de quelques jours, il est totallement inefficace. Or, les OGM confrontent les insectes aux "BT" à des stades post-larvaires. Les insectes adultes provenant provenant de champs non OGM, qui se poseraient par inadvertance dans un champ OGM, se trouveraient incommodés par les BT sécrétés par les OGM. Il est normal dans ces conditions qu'ils développent des mécanismes d'adaptation conduisant à la résistance complète.

Le mécanisme d'adaptation du vivant est le même qu'avec les pesticides utilisés sur maladie déclarée. Et là, on se retrouve dans l'impasse... il n'y a plus que le BT naturel qui pourrait avoir un effet, sans devoir augmenter les doses de pesticides. C'est le cas avec les plantes génétiquement modifiées résistantes au r**nd-up... la flore naturelle se détoxifie petit à petit de ce poison, jusqu'à devenir tolérante, puis résistante... résultat, le cultivateur doit multiplier le nombre d'herbicides dans son champ après quelques années de culture OGM. Je ne vois pas bien où est le progrès écologique :-)

Pour revenir au BT:
Dans le cas du maïs, la présence de ces BT dans les assiettes serait confirmée avec les OGM; ce n'est pas le cas avec un traitement bio...

Merci d'avoir lu jusque là.

Samedi 1 mars 2008
...un trichoderma homologué contre les maladies du bois: ESQUIVE WP.

undefined Il aura fallu en France que la chimie de synthèse soit dans l’impasse, que la profession intercède auprès des autorités de tutelle et qu’accessoirement le produit biologique soit efficace, pour que le comité d’homologation se décide enfin à se pencher sur le trichoderma pour lutter contre les maladies du bois.

C’eût été impossible dans notre pays il y a quelques années où les techniques de lutte contre les maladies du bois alternatives à la chimie étaient plutôt pourchassées, ainsi que les articles de journalistes s’y rapportant. Cette fois-ci Agrauxine, la société détentrice du brevet pour un trichoderma atroviride, a obtenu l’AMM n°2080004. Probablement que de fortes pressions se sont exercées au niveau des comités d’homologation voyant une solution biologique être proposée pour remplacer des solutions chimiques toxiques : escudo et arsénite. Cassant ainsi ce mythe selon lequel, sans la chimie, le vigneron serait désarmé. Il est intéressant à ce sujet de lire un édito de Michel Bettane, intitulé « Halte aux biocons » qui estime que la viticulture biologique ne peut être pratiquée que par des « pointures techniques ». Les autres devraient s’en remettre à des recettes chimiques toutes faites.

Il aura fallu qu’une vingtaine d’organisations professionnelles, telles le Syndicat du cru Julienas, le Syndicat Régional des AOC Bordeaux supérieur, le Syndicat des Beaujolais ou le Syndicat AOC Cabernet de Saumur blancs, soutienne l’urgence de délivrer l’homologation d’Esquive WP auprès du ministère de l’agriculture. Preuve que les mécanismes d’homologation de ce pays ne sont pas aussi neutres qu’affirmé.

L’efficacité en traitement préventif est annoncée par Agrauxine à 67 %, et de 50 à 75% contre Eutypa lata - champignon de l’eutypiose – un an après le traitement, par le professeur Lecomte à l’Inra de Bordeaux. Devant ces faits, les comités homologateurs ont dû se rendre à l’évidence. Il aura fallu en France que la chimie de synthèse soit dans l’impasse, que la profession intercède auprès des autorités de tutelle et qu’accessoirement le produit biologique soit efficace, pour que le comité d’homologation se décide enfin à se pencher sur le trichoderma. D’autres pays comme la Suisse, l’Allemagne ou Israël utilisent légalement des trichoderma depuis plus de 10 ans ! Et en exportent…

En pratique, Esquive WP se présente sous forme de poudre, et doit être mélangé à de l’eau avant d’être appliqué en traitement préventif des plaies de tailles hivernales par pulvérisation à 4kg/hectare, dose pouvant être réduite à 2kg/hectare si utilisation de panneaux récupérateurs. Esquive peut aussi être badigeonné au pinceau (2kg/hectares) dans les jours qui suivent la taille. À noter également une application en pépinière puisque les plants de vigne estampillés Biorize des établissements Mercier subissent un traitement préventif à base du Trichoderma atroviride, dès la greffe. Des études portant sur des essais de courte durée in vitro ou sur plantes avec plaie de taille, montrent que ce champignon s’oppose à la pénétration des pathogènes responsables des maladies du bois.

Les esprits chagrins soulignent d’ailleurs que c’est là que le bât blesserait. Car en conditions de terrain, l’efficacité ne serait moindre ou nulle. Il est clair que les instituts homologateurs qui testent le champignon en conditions conventionnelles, donc avec des doses de fongicides « conventionnelles », doivent observer une diminution l’efficacité du champignon Trichoderma. C’est tout à fait ce qui est reproché à la France : vouloir homologuer des solutions bio dans un cadre conventionnel, alors que tous les autres pays homologuent des traitement bio dans des instituts bio.

Donc si Esquive est tout de même efficace en présence de fongicides de synthèse, probablement qu’en viticulture biologique, avec traitements au cuivre limités, l’efficacité n’en sera qu’améliorée.

David LEFEBVRE
par Franck PASCAL publié dans : Actualité
 

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