Bon, ce n'est pas bien réjouissant, mais voici 2 photos de raisins prises à Cuchery, au lieu-dit "Le Chemin de Champlat".


Il s'agit d'une vieille vigne de Pinot Meunier plantée en 55 ou 58 (petit oubli de ma part) que je destinais à l'élaboration d'un vin rouge... Je ne sais pas bien à quoi m'attendre au sujet des maladies; étant donné qu'en biodynamie les "antisporulants" n'existent pas... Si vous avez déjà eu ce type de mauvaise aventure, merci de me laisser un témoignage - ou mieux - un conseil à : franck.pascal@wanadoo.fr.
D'autres témoignages et images sont visibles sur les blogs de confrères aussi malchanceux que nous:
Témognages:
http://www.vigneron-champagne.com/index.php/2006/07/05/84-grele-a-mailly
http://champagne-grumier.blogspot.com/2006/07/orage-de-grle.html
Vidéos:
http://champagne.typepad.com/podcast/2006/07/entre_deux_eaux.html
http://champagne.typepad.com/podcast/2006/07/les_vrais_4x4_s.html
http://champagne.typepad.com/podcast/2006/07/orage_live.html
Bon, les tisanes ont terminé d'infuser. Je vais les filtrer et on va commencer à traiter.
Une parcelle m'inquiète à Reuil, lieu-dit les St Quifort, dont la pente fait entre 43 et 55%... malgré l'herbe, je ne suis pas certain qu'elle ait été capable d'absorber ce déluge. A suivre!

La photo ci-dessus montre un chemin béton profilé en V à Baslieux. Sa largeur est de 3 mètres. On peut voir que des débris de sarments, des écorces et des cailloux se sont déposés pratiquement sur les bords du chemin. Au plus fort de l'orage, le chemin était presque à sa capacité maximale !
Finalement, l'orage décrit hier soir n'était que le début d'une soirée bien arrosée. Après une acalmie de 20 minutes, l'orage a repris jusqu'à 1 heure du matin. Le éclaires étaient fortes et nombreuses, un peu comme au 14 Juillet. Des grondements comme dans les tranchées à Verdun...
Comment ? Non, je ne suis pas Marseillais. C'est un peu exagéré, mais pas si loin de la vérité. Je n'avais jamais vu un tel déluge... et je n'étais pas le seul !
Alors, au vignoble ?
Les 2/3 des vignes ont été touchées par la grêle, plus ou moins fortement. Voir ci-dessous.
Nos vignes ne sont pas les plus touchées. Certaines parcelles seraient presque intégralement détruites. Comme le soir 2 Juillet 2000 (un jour de match de foot de la France en phase finale de la Coupe d'Europe - bizarre, non ?), l'orage a été violent, soudain, intense et accompagné de grêle. Cette année là, il avait duré 20 minutes pour plus de 40 mm. Le lendemain soir, un second orage avait emprunté exactement le même chemin avec la même violence. Des milliers d'hectares avaient été touchés et quelques centaines totalement détruits. Je pense que cette fois le bilan sera plus grave (à moins que nous ayons tout pris et que les autres ont été épargnés).
Coté précipitations, on a mesuré environ 55 mm à Belval (c'est la capacité maxi du ploviomètre que possède mon confrère) . C'est là que ça a été le plus calme. On peut jouter au moins 25 mm de plus pour Paradis. Pour Baslieux, on m'a dit environ 90 mm. En mesurant le seau qui était dans la pelouse, j'arrive à plus de 100 mm (en compensant la forme tronconique). A Olizy, les relevés des habitants donnent entre 110 et 120 mm. Je ne sais pas pour Reuil et Montigny...
Bref, la protection cuprique de la vigne a été intégralement lavée. Ce soir, un nouvel orage a éclaté (petit cette fois, environ 15 mm)... Je crains le pire. Demain, on ressort les chenillards dès que les brumes matinales seront levées. Il faut à tout prix éviter l'explosion du mildiou. Je croise les doigts.
Avec de telles précipitations, l'eau a déplacé des montagnes de terre. Nos vignes étant enherbées naturellement, les dégats sont presque nuls. A Baslieux et a Olizy, certains épandages d'écorces n'ont pas tenu. Seule l'herbe a permis de maintenir le sol en place. Ce sont les vignes désherbées en en plain qui ont le plus souffert. Regardez ci-dessous une vigne en culture traditionnelle et notre vigne... c'est à couper au couteau !


A l'heure où je tapotte sur mon clavier, l'orage sévit encore. A 18 heures, force est de constater que le T-shirt n'était plus de circonstances à Reuil... en quelques minutes, le ciel est passé du bleu au déluge... Impossible de rester sous cette eau froide, j'ai dû me résigner à quitter la vigne.
Pour éviter de perdre du temps, je décidais d'aller faire le plein à 5 km de là, à Mareuil-le-Port. Pas si facile que cela !! Vitesse permise sous le déluge, avec les essuie-glace à la vitesse maxi: 30 km/h. En quelques instants, les fossés à sec depuis plusieurs semaines n'arrivaient plus à absorber les précipitations. Rapidement, quelques cm d'eau dévallaient la chaussée. Avec l'aide du vent, une poubelle a essayé de se suicider: elle a traversé la route sans regarder alors que j'arrivais.
Arrivé au rond point du Prioré de Binson (à mi chemin), difficile de discerner la chaussée sous l'eau. Cent mètres plus loins en direction de Mareuil-le-Port, je passe devant "MECAVALLEE" dont le parking et une partie des locaux ont été innondés. A partir de là, j'entend de gros chocs sur ma carrosserie.. La grêle est au rendez-vous et je vois des grêlons de plus en plus gros s'éclater sur mon pare-brise. Heureusement, des arbres sur le bas côté vont me permettre d'abriter mon véhicule quelques minutes de ces impacts.
Une fois passé, je reprends la direction de la station service. Arrivé dans Port-à-Binson, de la boue mêlée à l'eau descent à toute alure dans les rues. Je regarde à droite... et à gauche... Par quoi je commence, la gauche ou la droite ?
Bon ok. A droite, seules les extrémités des fanes de pomme de terre laissent deviner qu'à cet endroit se trouve (ait) un potager. Et puis, le propriétaire d'une maison toute neuve essayait en vain de dévier les flots qui ont déjà innondé sa cave d'au moins 30 cm. A gauche, du haut de la butte sur laquelle sa maison est construite, une femme entourée de deux jeunes enfants regarde la scène non sans une certaine émotion. Bien au chaud derrière sa baie vitrée, la pelouse qui la sépare de la route est blanche comme en hiver...
Impossible d'aller plus loin, il faut rebrousser chemin: au stop qui rejoint la route nationale, les véhicules sont immobilisés. Ils doivent attendre que les autres véhicules passent, alors qu'ils sont tous en warning et roulent au pas à cause de la visibilité quasi nulle.
Je dois me résigner à rentrer à la maison et penser à la suite: quels impacts sur nos vignes ? Peut-on poudrer le lithotamne sur feuillage encore mouillé ? Ca fait maintenant plus d'une heure et quart que ça dure. Les pluviomètres sont peut-être déjà pleins. Quand renouveler le cuivre ? Reste à décrocher mon téléphone pour demander conseil...
Pas toujours facile d'être vigneron !
Je cite un extrait du bulletin d'information de BLE datant du 7 Décembre 2001, rédigé par Michel RIOUSPEYROUS.
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"Comment ne pas réagir devant les expérimentations menées par les instituts officiels (protocole inadapté, douteux) autour du cuivre.
Un exemple: Mr CHAUSSOS, Inra de Dijon, aux journées ITAB viticulture 2000, nous présente une étude sur les effets dépressifs (quoique relatifs) du cuivre sur la lombriculture et l'activité microbienne.
Tout d'abord, ces études sont réalisées en station INRA, mais en aucun cas en situation réelle de sols et pratiques de quelqu'un travaillant en viticulture biologique.
Quelle valeur ?
Ensuite, il s'agit d'essais à 50 kg de cuivre métal/ha/an pendant 6 ans ! Incroyable, pour des scientifiques, aucune relation aux réalités. Alors quand je mets en doute la valeur de ces essais, le peu d'intérêts d'expériences dont on sait d'avance que les effets sont négatifs et qu'il ferait mieux de chercher de nouvelles alternatives au cuivre, il me répond narquois qu'ils en ont: les OGM.
Quand on sait que les études officielles ont tourné avec du sulfate de cuivre pur (non neutralisé à la chaux), donc sous la forme la plus soluble et dépressive , que des tests ont été faits sur des espèces de vers qui ne vivent pas en sols cultivés ou sur des sols polders, très filtrants... Que faut-il penser ? Qu'on veut condamner le cuivre et surtout en premier plan la bio (viticulture, maraîchage, arboriculture...) et continuer les perspectives avec l'agrochimie ou les OGM.
A côté de ça, des études comparatives en Allemagne ont donné des résultats supérieurs (populations lombriciennes), par rapport à une conduite conventionnelle. Le cuivre a été réintroduit en Allemagne.
Alors bien sur, il y a des effets dépressifs viticoles et toujours un danger potentiel, ce n'est pas un fongicide neutre, loin de là. Tout dépend des conditions de sol et d'application. Aujourd'hui on raisonne et de nouvelles formulations homologuées à 1000 g/ha de cuivre métal vont apparaître.
Mais les mêmes qui font campagne contre le cuivre ont à l'époque préconisé des doses de 5000 g de cuivre métal par ha et par traitement (il y a des écrits!!!). C'est trop facile et démagogique de se servir du thème cuivre pour condamner les pratiques biologiques. Alors, même si le cuivre ou la maîtrise du mildiou constituait un problème majeur, pourquoi ne pas préconiser largement: l'emploi du soufre à la place des IBS contre l'oïdium, ou contre l’excoriose à la place de l'arsenite de soude, l'usage d'argile et de lithothamne contre le botrytis, l'usage du bacilius thurengiensis à la place des insecticides à large spectre ?"
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Depuis cette étude caduque [dont le but était visiblement -selon l'auteur - de discréditer la lutte biologique afin que la lutte raisonnée/durable (obligée de faire marche arrière) cède le pas aux OGM et non à des techniques culturales respectueuses de l'environnement], l'INRA de Dijon a montré que "les doses de cuivre actuellement applicables (8 puis 6 kg/ha/an de cuivre métal) sont tout à fait compatibles avec une activité et un développement « normal » des micro-organismes du sol".
Cette seconde étude a été conduite sous la responsabilité de ce même M. Rémi Chaussod, Unité mixte de recherche INRA – Université de Bourgogne Microbiologie et géochimie des sols, département Environnement et Agronomie et département Santé des Plantes et Environnement, centre de Dijon. Je dois le féliciter pour être revenu sur les conclusions de sa première étude en menant une seconde étude en phase avec les réalités du terrain. Cette qualité d'admettre ses erreurs n'est pas donnée à tout le monde !
Vous pouvez lire un article plus complet sur la relation Cuivre/sol/plante sur le site de l'INRA à l'adresse suivante: http://www.inra.fr/presse/raisonnement_de_l_usage_du_cuivre_en_agriculture_biologique
Aujourd'hui, de nombreux vignerons continuent de croire que le cuivre est toxique pour le sol... il fallait leur permettre d'actualiser leurs connaissances.
"Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ?
En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer la famine."
Cet article vous intrigue ? Faites comme moi, lisez la suite ici...
A+
Franck

Outre la sauvegarde de nos variétés de vieilles vignes et l'apparition des orchidées au printemps, une autre espèce assez rare au vignoble est réapparue... en effet, voici plusieurs années que nous nous régalons de quelques fraises des bois lors des travaux de relevage et palissage... Ce sont de minuscules fraises, mais dont les arômes sont si intenses qu'on ne peut s'en passer... souvenir d'enfances ! :-)) En plus, elles sont "cultivées" en agriculture biologique !!! ;-))


Jusqu'à maintenant, la vigne ne portait pas de raisin, mais des inflorescences. Comme pour les cerises, les tomates ou les pommes, la floraison est l'étape nécessaire à la transformation de la fleur en fruit. Chaque année, nous surveillons la météo pour que cette étape se déroule sans soucis. En effet, si le temps est froid et pluvieux, la fleur n'est pas fécondée et il n'y pas de fruits...
Depuis que la chaleur est arrivée, la croissance de la vigne a explosée... Travaillant chaque jour de 5h à 22h30, je n'avais pas trouvé le temps de publier des explications sur mon blog... je vais tenter de résumer l'évolution des futurs raisins...
La grappe a beaucoup grandit et les boutons floraux (groupe n°1 sur la photo) se sont éloignés les uns des autres. Chaque future fleur est couverte d'un capuchon floral (2). Juste avant de se détacher, le capuchon floral prend une teinte violacée en son centre. En tombant, il dévoile la fleur de vigne (3) et libère en même temps une odeur particulière très agréable. Le futur grain de raisin est au centre des étamines. Il est ouvert et près à recevoir le pollen. La fécondation est alors possible. Après fécondation, les étamines tombent et le grain se referme (on dit qu'il se noue): c'est la nouaison.
La pleine floraison est aussi le moment où il aisé de déceler la présence de la cochylis ou de l'eudémis... Ce sont des "vers de la grappe" qui s'installent dans les vignes à raison de 2 générations.

En fait, des papillons pondent des oeufs sur les raisins. Les larves qui en sortent agglomèrent plusieurs inflorescences entre elles pour former une sorte de nid, appelé glomérule (n°4 sur la photo). Lorsqu'on disloque cette glomérule, on trouve une jolie chenille (5). Ici, elle est marron à la tête noire: c'est une cochylis. La chenille n'aimant pas les paparazzi, elle s'est partiellement cachée derrière un grain noué.
Comme toute chenille, elle va donner naissance à un autre papillon qui pondra des oeufs en Juillet... ce sera la deuxième génération. Cette dernière est beaucoup plus problématique pour la qualité de la récolte puisque la larve va perforer un grain et se loger à l'intérieur. Elle provoque la pourriture de ce grain. De proche en proche, la pourriture peut gagner rapidement une grande partie du raisin.
Le vers de la grappe sont peu nombreux en cette première génération. Il faut chercher un peu pour trouver des glomérules. En secteur confusé, c'est encore plus difficile d'en trouver... en effet, la confusion sexuelle est un excellent préventif des attaques de vers de la grappe.
René RENOU, président de l'INAO est décédé dans la nuit de Dimanche à Lundi... plus d'infos via le lien suivant:
http://vinsdeloire.info/news/322.shtml
Voici un homme qui a eu l'audace de dénoncer une certaine dérive des vins d'AOC et de tenter de mettre en place des mesures afin de recadrer la production nationnale... Paix à son âme.

Alors que la floraison des raisins devrait être sur le point de commencer, le temps correspond à celui d'un mois de Mars ou d'Octobre: froid, grisaille, pluie, grêle, vent glacial et courtes éclaircies... Cette météo ne correspond pas à celle que le métabolisme de la vigne réclame...
Aussi, en se déplaçant dans le vignoble, on voit de nombreuses parcelles jaunir ou arborer un feuilage vert pâle montrant une faiblesse. C'est comme cela que la vigne exprime son stress. Force est de constater que ce froid persistant pèse aussi sur notre organisme... Nos vignes sont certainement atteintes de la même manière au plus profond de leur être.
Pour soigner cela et permettre à la vigne de supporter ce stress climatique, on fait appel a une plante médicinale. C'est la plante que l'on savoure en tisane lorsqu'on fait une insolation ou qu'on a un "coup de chaud" l'été: la camomille matricaire (Matricaria chamomilla). Il faut la cueillir à un stade particulier. Comme elle n'est pas encore en fleur (retard végétatif lié au climat), j'ai utilisé celle cueillie l'an passé.
Cette camamille (attention, il y en a plusieurs... mais il n'y en a qu'une bonne) est diagnostiquée au vignoble dans les situtations suivantes: excès de chaleur, de froid, de pluie de sécheresse.
En 2003 (année de LA canicule), une vigne a mis coteau, exposée plein sud présentait un aspect bizarre: le haut et le bas de la parcelle était bien verts, et le milieu était vert pâle, voir jaune comme si c'était un début de chlorose (= carrence en fer)... Qui dit début de chlorose, dit qu'il faut augmenter la dose d'ortie dans les tisanes (c'est assez rare dans les environs: nous n'apportons aucun chélate ou sulfate de fer dans nos sols car les propriétés minéralisantes de l'ortie suffisent, même en secteur très chlorosant)... erreur de diagnostique !
A l'endroit précis de la décoloration du feuillage se trouve un banc rocheux de calcaires durs... En clair, la vigne pousse sur un tas de cailloux très dense... le sol avait donc moins de réserves en eau et l'enracinement avait plus de mal a aller rechercher de l'eau en profondeur... La vigne ne souffrait pas de chlorose mais d'un stress climatique de type sécheresse . Je suis allé cueillir de la camomille (heureusement qu'on en trouve longtemps!), j'ai fait ma tisane, je suis allé la pulvériser sur la vigne... quelques minutes plus tard, la vigne était toute verte, jolie comme tout !!!
Voici encore une preuve que la nature regorge de trésors ! En plus, ce sont des trésors qui ne coûtent pas bien cher! :-) Ce serait domage de remplacer cela par des produits commerciaux dont on a du mal à connaitre la composition exacte, non ?
La tisane que j'ai préparé pour traiter les vignes demain contiendra de l'ortie, du saule et de la camomille... et ça sentait tellement bon que je n'ai pas pu résister d'en boire un verre...

La camomille, ce sont les petites "boules" jaunes ci-dessus.

Un projet de contournement de la ville de Bordeaux menace d'emputer ce vignoble à la renommée mondiale d'une partie de son aire d'appellation... Plus de détails sur:
http://www.margaux-danger.com/
Pour éviter que ceci se produise n'importe où et n'importe quand, une pétition de solidarité est en ligne.
Bonne lecture