Bienvenue sur le blog du Champagne Franck PASCAL

En champagne, chaque acteur a sa propre vision du métier de vigneron. 
La nôtre est en ce sens particulière; et l'est d'autant plus lorsqu'on prend en compte le fait que nos 3,5 ha de vignes
sont conduits en biodynamie (culture biologique + soins énergétiques).
Un blog se justifie afin que vous cerniez notre sensibilité et certains aspects de notre métier. Nous espérons, par cette fenêtre ouverte sur notre Domaine, vous faire partager nos choix, nos essais, nos craintes, nos espoirs, nos réussites, nos échecs, nos joies, nos peines...
Asseyez-vous confortablement... Puissent ces quelques lignes retenir votre attention et susciter une lecture intéressée.

 
Lundi 19 juin 2006

René RENOU, président de l'INAO est décédé dans la nuit de Dimanche à Lundi... plus d'infos via le lien suivant:

http://vinsdeloire.info/news/322.shtml

Voici un homme qui a eu l'audace de dénoncer une certaine dérive des vins d'AOC et de tenter de mettre en place des mesures afin de recadrer la production nationnale... Paix à son âme.

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Vendredi 26 mai 2006

Un projet de contournement de la ville de Bordeaux menace d'emputer ce vignoble à la renommée mondiale d'une partie de son aire d'appellation...  Plus de détails sur:

http://www.margaux-danger.com/

Pour éviter que ceci se produise n'importe où et n'importe quand, une pétition de solidarité est en ligne.

Bonne lecture

 

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Lundi 24 avril 2006

Du 21 au 29 Avril,

Des hommes et des femmes se mobilisent partout en France pour un avenir sans pesticide !

A l'heure où nos confrères dégainent les rampes de désherbage chimique, nous utilisons nos charrues... (voir l'article d'Avril 2005 "La différence se voit dans le vert")

A l'heure où nos confrères terminent d'épandre des engrais, nous tondons ou binons nos engrais verts. Ci-dessous, un engrai vert  ( plantes semées à l'automne et détruites au printemps ) qui vient de subir sa première tonte... 
Enfin, nous utilisons une des préparations biodynamiques : la Bouse de corne pour fertiliser* nos sols...

Nous sommes en adéquation avec cette semaine sans pesticide !

* J'ai bien écrit fertiliser... il faut revenir à la définition car malheureusement, de nos jours la définition se perd.

Qu'est ce que fertiliser?

Non, ce n'est pas épandre des tonnes d'engrais pour que la culture pousse. Cela est une illusion car aujourd'hui on fait pousser des cultures grâce aux engrais sur des sols morts. On pourrait presque faire de la culture hors sol pour arriver à la même qualité nutritionnelle !

Fertiliser, c'est rendre le sol fertile. Un sol fertile, est un sol vivant qui permet à une plante de se développer naturellement. Fertiliser, c'est donc permettre aux micro-organismes de se développer, de vivre, de se multiplier et leur permettre d'extraire et de transformer les 32 éléments minéraux et olig-éléments du sol dont une plante a besoins pour être parfaitement constituée. C'est la mobilisation permise par la vie... ça aura pris quelques centaines de millions d'années pour arriver à ce niveau de sophistication.

Lorsqu'on utilise des engrais, on apporte principalement 3 éléments: N, P, K... parfois on ajoute Mg et S. Ces éléments sont sous une forme soluble qui les rend facilement assimilables par les plantes: elles n'ont ni besoin de faire fonctionner leurs racines ni besoin d'un sol vivant où l'interraction mycorhizes/racines permet l'assimilation des éléments par la plante. Heureusement d'ailleurs car dans les sols où sont épandus des engrais chimiques et des désherbants chimiques, les micro-organismes du sol sont très rares. Il manque des maillons de la chaîne de "mobilisation" des éléments minéraux pour nourrir correctement la plante. Sans ces apports, les plantes ne pourraient pas se développer dans les conditions de mort du milieu. Il n'y a qu'à regarder le temps qu'il faut pour qu'un sol recouvre une diversité biologique après l'arrêt des désherbants chimiques...

Pourquoi les engrais verts sont un fertilisant ?

Lorsqu'on détruit un engrai vert, on incorpore dans les premiers cm du sol (là où les micro-organismes travaillent le plus) des débrits de végétaux jeunes. C'est de la cellulose, du sucre, dont ravolles les micro-organismes. En dégradant ces débris jeunes,  ils font puiser l'énergie donc ils ont besoin faire ce pourquoi ils sont programmés: principalement produire des enzymes et des acides capables d'attaquer les minéraux du sol... et ainsi rendre disponibles les éléments minéraux par les plantes car ils aurons changé d'état.

De plus, la vie microbienne est la seule à pouvoir aérer et structurer le sol en lui donnant de la porosité. Cette porosité est indispensable à l'entrée de l'air et de l'eau dans le sol... les fortes pluies pénètrent sans provoquer d'érosion. D'après Claude Bourguignon, un sol vivant absorbe 100 mm d'eau à l'heure. Un sol imperméabilisé par les désherbants (et le déficit de vie microbienne induit) absorbe 2 mm d'eau à l'heure... La porosité a aussi un autre bienfait: elle permet un enracinement facile, rapide et profond des plantes qui poussent sur le sol.

C'est ce processus du vivant qui permet d'apporter toutes les subtilités minérales liées au terroir dans lequel est planté la vigne... avec les engrais, on exprime quelque chose, mais pas le terroir de manière intègre et complète.

Pourquoi la Bouse de Corne est un fertilisant ?

La bouse de corne s'utilise à 120 g/ha après avoir été dynamisée pendant une heure, à pulvériser l'après-midi. C'est ridiculement peu, mais on doit celà à sa forte concentration en micro-organismes. Elle va stopper le processus de décomposition , grâce à quoi l'azote sera immédiatement disponible. C'est elle qui change le goût du vin car elle permet en outre la multiplication des racines.

Nous avons dû attendre le 17 Avril pour passer la préparation 500 (Bouse de Corne) car les gelées matinales ont tardé à quitter nos contrées septentrionnales. Il faut que la température du sol soit de 4°C minimum pour que cette préparation soit efficace. Pour améliorer encore l'effet fertilisant, nous avons procédé à un travail du sol dans la majorité de nos vignes: celles accessibles en tracteur-enjambeur. Pour les autres, le travail est beaucoup plus long et pénible.

 

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Jeudi 13 avril 2006

 

Une mesurette est passée au Journal Officiel dernièrement... entre le discours des fabricants de produits chimiques de synthèse et l'avancée sur le terrain, force est de constater un gros écart... pour ne pas dire plus! Les produits utilisés maintenant sont soit-disant softs, sans risque pour l'environnement, l'applicateur et le consommateur... les produits les plus dangereux auraient été retirés du marché...

Lisez plutôt ce qui suit !

   

***** Réglementation: Arrêté mélanges *****

Est paru au Journal officiel du 5 avril 2006 l'arrêté du Ministre de l'Agriculture et de la Pêche du 13 mars 2006 relatif à l'utilisation des mélanges extemporanés de produits visés à l'article L.253-1 du code rural.

Cet arrêté donne un cadre réglementaire simple et lisible, qui n'existe pas à l'échelon de l'Union Européenne, à la pratique des mélanges de produits phytopharmaceutiques, en soumettant à évaluation préalable ceux qui présentent le plus de risque, c'est à dire ceux qui comprennent au moins:

- un produit étiqueté T + ou T* [Très toxiques ou Toxiques],

- ou deux produits comportant une des phrase de risque R40 ou R68 [Effets irréversibles],

- ou deux produits comportant la phrase de risque R48 [voir définitions des phrases de risque plus bas],

- ou deux produits comportant une des phrases de risque R62, R63 ou R64 [voir définitions plus bas],

- ainsi qu'un produit ayant une zone non traitée (ZNT) de 100 mètres ou plus

 

De même, pour protéger les abeilles et les autres pollinisateurs, sont soumis à évaluation préalable tous les mélanges utilisés durant la floraison ou au cours des périodes de production d'exsudats, comportant d'une part, un produit pyréthrinoïde** et, d'autre part, un triazole ou un imidazole***. De plus pendant ces périodes, un délai de 24 heures doit être respecté entre l'application, d'une part, d'un pyréthrinoïde et, d'autre part, d'un triazole ou d'un imidazole, le pyréthrinoIde devant être appliqué en premier.

Dans l'attente de cette évaluation, tous les mélanges cités ci-dessus sont interdits, à l'exception et à titre transitoire de ceux qui ont déjà fait l'objet d'un avis favorable du Comité d'Homologation et qui devront être soumis à une évaluation avant le 1 er janvier 2008. Après évaluation, ces mélanges pourront être pratiqués à condition de figurer sur une liste qui sera publiée au Bulletin officiel du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

L'utilisation des autres mélanges de produits phytopharmaceutiques est possible, sous la responsabilité de l'utilisateur et sous réserve de respecter les bonnes pratiques agricoles. Lors de cette utilisation, les prescriptions d'emploi les plus restrictives fixées pour chacun des produits mélangés sont à respecter, par exemple en matière de délai avant récolte, de délai de rentrée (le plus long) ou de zone non traitée (la plus large).

Des guides de bonnes pratiques de mélange, élaborés par Ministère de l'Agriculture et de la Pêche et soumis à l'avis de la Commission d'Étude de la Toxicité, seront bientôt disponibles auprès des DRAF - SRPV. Il est vivement recommandé aux utilisateurs de produits phytopharmaceutiques de suivre les recommandations de ces guides.

 

           * les produits T + ou T ont une des phrases de risque suivantes: R23, R24, R25, R26, R27, R28, R39, R45, R46, R49, R60 ou R61 et éventuellement R48 (peut aussi être classé Xn dans ce dernier cas)

**. pyréthrinoïdes concernés par ce type d'usage : acrinathrine, alphaméthrine, bétacyfluthrine, bifenthrine, bioresméthrine, cyfluthrine, cyperméthrine, deltaméthrine, esfenvalérate, lambda-cyhalothrine, tau-fluvanilate, zetacyperméthrine.  

*** : triazoles ou imidazoles concernés par ce type d'usage : bitertanol, bromuconazole, cyproconazole, difénoconazole, diniconazole, époxiconazole, fenbuconazole, fluquinconazole, flusilazole, flutriafol, hexaconazole, imazalil, metconazole, myclobutanil, penconazole, prochloraze, propiconazole, tébuconazole, tétraconazole, triadiménol, triticonazole.

  

 

RAPPEL, QUELQUES DÉFINITIONS DES PHRASES DE RISQUE

R23: Toxique par inhalation

R24 : Toxique par contact avec la peau

R25 : Toxique en cas d'ingestion

R26 : Très toxique par inhalation

    R27: Très toxique par contact avec la peau                  

    R28: Très toxique en cas d'ingestion 

    R39: Danger d'effets irréversibles très graves   

     R45: Peut causer le cancer  

     R46: Peut causer des altérations génétiques héréditaires ~

      R49: Peut causer le cancer par inhalation  

      R60: Peut altérer la fertilité  

     R61: Risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant  

      R 40 : Possibilité d'effets irréversibles (jusqu'au 30 juillet 2004) ; Effet cancérogène suspecté : preuves insuffisantes ( depuis le 31 juillet ~ 2004 - application de la directrive 200 1 /59/CE ) 

    R68 : Possibilité d'effets irréversibles (au 31 juillet 2004 - application de la directive 200 1I59/CE)

    R48 : Risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée  

    R62 : Risque possible d'altération de la fertilité·  

    R63 : Risque possible pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant 

    R64 : Risque possible pour les bébés nourris au lait maternel

 

 

 

PROPRIETES TOXICOLOGIQUES

 T+ : TRES TOXIQUE, produit qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peut entraîner des risques extrêmement gra­ves, aigus ou chroniques et même la mort.

 

 

 T : TOXIQUE, produit qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peut entraîner des risques graves, aigus ou chroniques et même la mort.  

 

 

 ***********

 

POUR JE PENSE QU'IL N'Y A PAS DE PRINCIPE DE PRECAUTION ?

 Tout simplement car des produits avérés si toxiques devraient être interdis à la vente... par précaution.

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Dimanche 19 février 2006

Qu'est-ce que le mildiou ?

Le mildiou est un champignon très problématique dans les régions viticoles où la pluviométrie est élevée. Il se développe sur feuilles, puis se multiplie et contamine les nouvelles feuilles, rameaux et grappes pour les détruire. Il peut donc engendrer des pertes de récolte substancielles. Ce papy apparu en France en 1878, répondant au doux nom de Plasmopara viticolaest présent partout où la vigne est cultivée.

 

Comment lutter contre le mildiou ?

La lutte est essentiellement préventive, mais elle peut avoir des faiblesses qui nécessitent une action curative.
Il y a 15 ans seulement, il était très facile d'arrêter le mildiou avec un ou deux traitements bien placés. Tous les vignerons qui exercaient à cette époque s'en souviennent. En Champagne, 1997 a été une année noire du point de vue du mildiou: localement, la récolte a été quasiment détruite. Ca a été un début de prise de conscience qu'il était très diffcile stopper le mildiou avec les moyens de lutte préconisés. Année après année, les vignerons constatent qu'il est de plus en plus difficile de contenir les épidémies de mildiou. En 2005, malgré les prescriptions des spécialistes, le mildiou a fréquemment été observé sur feuillage et sur grappes. Dans les réunions, les discussions reviennent souvent sur ce sujet, car même en travaillant correctement, il n'est pas rare de se faire piéger...

Pourquoi le mildiou fait-il de la résistance ?

Il faut savoir que l'application répétée de pesticides sur - l'organisme vivant qu'est - le champignon induit sa mutation. De plus, sous l'effet des substances chimiques, des "erreurs" peuvent apparaître dans son ADN lors de sa réplication, ce qui modifie sa nature profonde. Il peut ainsi se retrouver malgré lui avec un gène modifié qui lui donne l'aptitude à résister à la molécule qui a voulu le détruire. Lors d'un traitement, celui-ci va survivre alors que les autres seront détruits. Il aura toute la place souhaitée pour se répliquer et coloniser la vigne. Le vigneron pourra traiter tant qu'il voudra, ses actions seront vaines car le champignon sera naturellement protégé contre les produits employés. Une nouvelle souche de champignon sera née.

Les techniciens mettent l'accent sur la qualtié de la pulvérisation: elle serait à leurs yeux insuffisante et expliquerait en grande partie la difficulté accrue de lutter contre le mildiou. Pourquoi pas? La technologie est de plus en plus poussée sur les engins viticoles pour améliorer la qualité de pulvérisation de la vigne. Les générations précédentes arrivaient à protéger leur vignoble avec des moyens rudimentaires installés sur des tracteurs légers... le problème vient-il réellement de la qualité de pulvérisation??? 

Pour arriver à la qualité de pulvérisation conseillée, il faut des engins très puissants, et extrêment lourds, ce qui est contraire au respect des sols et à l'expression du terroir. Avec ces gros matériels et une pulvérisation optimisée, on note que le mildiou est moins présent. Mais pour combien de temps ? Résoud-t-on le problème ou bien reculons-nous pour mieux sauter ?

Le phénomène de résistance aux pesticides de synthèse est-il avéré ?

J'ai reçu cette semaine une note sur les phénomènes de résistance du mildiou aux molécules chimiques. Elle a été rédigée par :
 - L'INRA (Institut National de Recherche Agronomique)
 - La SDQPV (Sous-Direction de la Qualité de la Protection des Végétaux)
 - Le CIVC (Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne)
 - L'ITV (Centre Technique Interprofessionnel de la Vigne et du Vin)
 - Les Chambres d'Agriculture

Il y a bien des résistances à plusieurs molécules:
- Diméthomorphes
- iprovalicarbe
Des souches sont résistantes à l'une ou l'autre de ces molécules, d'autres sont résistantes aux deux à la fois. Leur fréquence semblerait peut évoluer depuis 2003, mais ces souches seraient plus dispersées dans le vignoble. On nous fait remarquer qu'elles n'étaient décelées que dans le Midi-Pyrénnées en 2003... ce n'est plus le cas en 2005 (Alsace, Provence notamment). La menace s'est étendue...

Les résistances aux QoI sont aussi constatées:
-  famoxadone
-  fénamidone
- azoxystrobine (une strobilurine)
- pyraclostrobine (une strobilurine)
Pour ces molécules, "la résistance du mildiou à cette classe est toujours très largement installée dans le vignoble français et, dans d'assez nombreuses situations, la fréquence des souches résistantes est élevée.", dit le courrier.

Comment sont gérées ces résistances ?

A ma grande surprise, ces molécules sont toujours commercialisées. En cas de conditions propices à un fort développement du mildiou, le risque est très grand pour le vigneron de privilégier l'expression de ces souches résistantes si ses vignes sont "protégées" par les molécules sus-citées.
On risque donc de voir apparaître ces prochaines années des résistance simultanées aux diméthomorphes, à l'iprovalicarbe et aux QoI... C'est une véritable fuite en avant.

Ces mutations sont-elles une menace pour la culture biologique ?

Actuellement, ce n'est pas le cas: les spécialités minérales à base de cuivre ne souffrent d'aucune résistance. De plus, l'ortie employée en tisane modifie "le terrain" de la vigne: le terrain n'est plus aussi propice à l'installation du mildiou. Idem pour la décoction de prêle, mais pas pour les mêmes raisons. Quant aux tisanes de saule ou d'osier, ce sont de vrais anti-cryptogammes (voir les rechercehs menées par l'INRA): elles détruisent plusieurs champignons dont le pathogène mildiou (à utiliser à faible dose: environ 300 g/ha pour ne pas altérer les champignons du sol).

Cependant, il faut craindre qu'en créant toujours plus de molécules de synthèse, le champignon va petit à petit "colmater ses failles" et devenir extrêmement résistant... dans ce cas, il est possible que le champignon devienne un jour résistant aux sels de cuivre. La viticulture ne sera plus qu'un souvenir...
Par ailleurs, multiplier le nombre de molécules pulvérisées sur les raisins multiplie les risques de les retrouver sous forme de résidus dans les vins...
Vous pourriez ne pas leur résister et ne seriez plus à votre tour qu'un souvenir...

Pour en savoir plus: http://www-ipm-vigne.enitab.fr/Maladies/Mildiou.htm

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Mardi 24 janvier 2006

En ce jour particulier, le vigneron cesse ses activités pour célébrer Saint-Vincent. On l'implore de nous octroyer une belle récolte 2006.

Partout dans le vignoble, des festivités sont organisées afin de réunir les vignerons. A Baslieux-sous-Chatillon, les vignerons ont fait fabriquer une véritable oeuvre d'art sculptée sur bois : un bâton de Saint-Vincent. Vous pouvez en admirer une partie sur la photo ci-contre... En 10 ans, chaque vigneron du village aura eu le privilège de détenir ce bâton pendant quelques mois. Le cyle recommencera en 2007.

A l'issue de la journée, je me suis vu remettre ce bâton pour 3 mois. Le 22 Avril prochain, je le passerai à Olivier ROBERT le jour de ses 30 ans. Est-ce un hasard du calendrier ou était-ce écrit ? 

La tradition se perpétue au fil des années... à la sortie de la messe de la Saint-Vincent, le ciel était dégagé et le soleil brillait dans un beau ciel bleu. Les vignerons ont le sourir:  "Temps clair et beau, autant de vin que d'eau". Si les sources ne tarissent pas, nous devrions avoir beaucoup de vin !

Dans la journée, les nuages arrivent de l'est avec un vent glacial... "A la Saint-Vincent, l'hiver s'en va ou reprend.", nous dit le dicton. Nous avions pu constater l'an passé que l'hiver était revenu fin Janvier jusqu'à la mi-Mars. La taille de la vigne avait été interrompu pendant 2 à 3 semaines à cause de la neige. Est-ce que le froid va revenir en cette fin de Janvier 2006 et confirmer le dicton deux années de suite ? Les nuages qui se sont installés à la mi-journée viennent contredire le premier dicton.  

 

A Baslieux, cette journée est associée à une dégustation de vins de la dernière récolte. Une partie des vignerons du village a donc apporté 3 bouteilles de leurs crus 2005 et un champagne BSA. C'est l'occasion de cerner le millésime en dégustant plusieurs cépages, plusieurs assemblages, plusieurs crus et d'exprimer nos impressions. Un beau moment de convivialité et de complicité !

C'est aussi un bon moment pour échanger sur les vinifications, la conduite de la vigne, les vendanges, et sur les sujets du moment: "Avec la confusion sexuelle, on n'a presque pas eu de pourri à Baslieux; alors qu'ailleurs ce n'était pas si beau.", confiait un coopérateur. Ce sentiment était encore une fois partagé par l'ensemble de la salle... Ca me rappelle qu'il va falloir que je reprenne la plume ! Chaque début d'année, je relance les vignerons pour mettre en place cette technique de lutte biologique contre les tordeuses de la grappe dans notre commune. C'est autant de produits chimiques qui ne seront pas utilisés et qu'on ne retrouvera pas dans l'eau des rivières ou ni dans les poumons de nos enfants.

Traditionnellement, la taille de la vigne débutait après la Saint-Vincent. Aujourd'hui, la taille des exploitations viticoles est trop grande pour que cette date soit respectée. En effet, il n'y aurait pas assez de temps pour tailler la vigne avant la sortie des bourgeons début Avril.

Il reste cependant un geste ancestral que chacun peut perpétuer: couper quelques sarments le jour de la Saint-Vincent et les mettre dans un vase, bien au chaud. Les bourgeons vont grandir et nous informer sur le potentiel de la récolte à venir...

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Dimanche 8 janvier 2006

6 Janvier 2006 - Château-Thierry (02)
BIODYVIN fait son assemblée générale...

Ils sont venus et parfois de loin - Gigondas, Bourgogne, Bordelais, Allemagne, Alsace, Sancerrois, ... - jusque chez leurs collègues champenois...
L'accueil chaleureux compensa la rudesse de la journée: température proche de 0°C, chutes de neige.

Qu'est-ce qui peut amener deux à trois douzaines de vignerons à se rencontrer alors qu'ils sont géographiquement éloignés ?

C'était ma première participation et j'ai pu voir l'attachement de ces vignerons à BIODYVIN: une association créée par des vignerons pour des vignerons qui travaillent 100% de leur vignoble en biodynamie, qui veulent élaborer les meilleurs vins qui soient de la façon la plus naturelle possible (levures indigènes, pas de chaptalisation, pas d'acidification, pas de collage, pas de filtration, que sais-je encore?) et faire savoir que c'est possible... 
Cela passe par une sélection des "prétendants" à l'entrée: il faut montrer patte blanche car les vins doivent être irréprochables! J'ai d'ailleurs pu constater lors du déjeuner la grande qualité des vins apportés par les vignerons présents. Si je devais leur trouver un point commun, je dirais que ce sont des vins qui "vibrent", qui ont une énergie propre et ne laissent pas indiférents.

Alors pourquoi BIODYVIN ?

La biodynamie n'est pas une recette. Elle apporte des réponses à certains problèmes, mais soulève de nombreuses questions. Même la science ne sait pas (encore ?) tout expliquer.
Or, il est nécessaire de comprendre certaines choses. Seul dans ses vignes, c'est impossible. Le rassemblement permet de mettre des moyens en commun pour déléguer des recherches à des scientifiques afin de mieux comprendre l'incidence d'une préparation sur la vigne, avec toute la rigueur nécessaire. C'est un point primordial.

Ensuite, valoriser le résultat de son travail seul est presque impossible. Se grouper et parler d'une seule voix pour montrer le potentiel de la biodynamie a plus de chance de porter ses fruits.

Enfin, il est possible de trouver un conseil au vignoble pour la conduite en biodynamie... mais le métier de vigneron ne se limite pas à la simple production de raisins. Il faut aussi penser les vinifications autrement... or, la frilosité des oenologues à conseiller des alternatives dans les vinifications est un véritable frein à l'expression intègre du potentiel terroir. L'association permet de se rencontrer pour échanger des expériences aussi bien à la vigne qu'au chai.

Une belle journée durant laquelle j'ai rencontré des vignerons intéressants, ouverts, compétents, humbles et toujours à l'affût de la petite chose qui leur permettra d'avancer. Il est fort possible que je tente mon entrée dans ce cercle fermé, en espérant ne pas échouer lors de l'examen d'entrée.

 

7 Janvier 2006 - Crouttes-sur-Marne (02)
Discussions entre vignerons...

J'arrive avec un peu de retard au Champagne BEDEL à CROUTTES-sur-MARNE. Deux représentants  - le père et le fils - du Champagne LAERTS (CHAVOT (51)) sont déjà là. Ils viennent d'essayer la biodynamie sur une partie de leur vignoble et se posent beaucoup de questions. Leur souhait est de rencontrer d'autres vignerons champenois avec un peu d'antériorité. Chez les BEDEL, la biodynamie a été commencée en 98... Le recul et l'expérience du domaine sont précieux pour qui débute. C'est une joie de pouvoir me joindre à eux et de profiter de cet échange. Les discussions sont passionnantes. L'heure passe vite. Il faut déjà repartir.

Vincent me propose de déjeuner avec lui. Les discussions n'avaient fait que commencer. De nombreux sujets n'avaient pas été abordés, notamment les vinifications. C'est sur ce point que j'ai le sentiment de devoir progresser le plus. Vincent pratique la levure indigène (levure naturellement présente sur le raisin et non une levure commercialisée par un laboratoire) pour ses fermentations alcooliques depuis 2003, vinification partielle en barriques, l'autre partie en cuves, avec ou sans fermentation malolactique. Le domaine a la chance de travailler de grandes parcelles, ce qui lui permet d'isoler plusieurs lieux-dits. Les vins sont beaux, sans aucune déviation organoleptique (pas d'arôme désagréable comme on peut parfois le constater en levures indigènes) et présentent une belle personnalité. Une jolie dégustation qui me fait réfléchir...

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
Mardi 3 janvier 2006

Minuit sonne... 2005 appartient maintenant au passé... il y a peu, nous en parlions au futur !

Une chanteuse américaine fait un carton avec un remix (réussi, ce qui est remarquable) commençant par ces paroles:  
"Time goes by so slowly..."
Trouvez-vous aussi que le temps s'écoule si lentement que ça?



Moi non, un cycle vient de s'achever et nous allons reprendre les étapes que Dame Nature nous impose...

- taille de la vigne avec le début du cycle montant du soleil pour s'achever avec les pleurs de la vigne
Cette période sera entrecoupée par la Fête portée à notre Saint patron (Saint Vincent le 22 Janvier) aux côtés de nos confrères;  les dégustations des vins en cours d'élevage;  la préparation des futures cuvées, ou encore la neige

- quelques semaines après le début des pleurs, les bourgeons vont gonfler. Il faudra se hater de plier les baguettes sur les fils (c'est le liage) et croiser les doigts pour que les gelées et manges-bourgeons épargnent nos raisins potentiels. Dès ce stade, notre vigilence sera de tous les instants jusqu'aux vendanges: surveillance des ravageurs, maladies, accidents climatiques - et aussi quantification des populations d'auxiliaires qui nous aident dans la protection des vignes - seront le lot quotidien

- puis, viendra le temps des vendanges... on récoltera les fruits d'une année de labeur... des fruits qui donneront intégralement et exclusivement nos bouteilles (en effet, on n'achète ni ne vend de raisin). Ceci nous motive au plus haut point pour travailler convenablement à la vigne.

- ensuite, la vinification débutera... et nous devrons déjà penser à organiser les expéditions de nos champagnes pour les fêtes de fin d'année. 

A lire ceci, on pourrait croire que le cycle s'accompli sans heurt, que la mécanique est bien huilée... Pourtant, chaque année est une complète remise en jeu: les joies passées peuvent se transformer en pleurs, les victoires en défaites, les bonnes surprises en mauvaises... etc. Rien n'est gagné d'avance, il faut relever tous les défits pour arriver à un bon résultat... on acquiert l'humilité sans difficulté ;-)

L'heure n'est pas à la nostalgie... il faut regarder droit devant et souhaiter que 2006 soit meilleure que 2005 pour chaque personne sur  cette Terre. Aussi, c'est avec ferveur que nous vous souhaitons...
une merveilleuse année 2006

Puisse le début de cette nouvelle année être un nouveau point de départ pour ceux dont la joie de vivre s'est arrêtée, pour ceux dont le confort pécunier s'est effrité,  pour ceux dont la santé s'est dégradée, pour ceux que la guerre a pris en hotage.
Pour les autres, que 2006 préserve leur santé*, leur prospérité et leur bonheur

*nous travaillons à préserver votre santé, mais faites les bons choix au quotidien!
Seuls, nos efforts ne serviront à rien :-)

par Franck PASCAL publié dans : Actualité
 

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