Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 18:19

Minuit sonne... 2005 appartient maintenant au passé... il y a peu, nous en parlions au futur !

Une chanteuse américaine fait un carton avec un remix (réussi, ce qui est remarquable) commençant par ces paroles:  
"Time goes by so slowly..."
Trouvez-vous aussi que le temps s'écoule si lentement que ça?



Moi non, un cycle vient de s'achever et nous allons reprendre les étapes que Dame Nature nous impose...

- taille de la vigne avec le début du cycle montant du soleil pour s'achever avec les pleurs de la vigne
Cette période sera entrecoupée par la Fête portée à notre Saint patron (Saint Vincent le 22 Janvier) aux côtés de nos confrères;  les dégustations des vins en cours d'élevage;  la préparation des futures cuvées, ou encore la neige

- quelques semaines après le début des pleurs, les bourgeons vont gonfler. Il faudra se hater de plier les baguettes sur les fils (c'est le liage) et croiser les doigts pour que les gelées et manges-bourgeons épargnent nos raisins potentiels. Dès ce stade, notre vigilence sera de tous les instants jusqu'aux vendanges: surveillance des ravageurs, maladies, accidents climatiques - et aussi quantification des populations d'auxiliaires qui nous aident dans la protection des vignes - seront le lot quotidien

- puis, viendra le temps des vendanges... on récoltera les fruits d'une année de labeur... des fruits qui donneront intégralement et exclusivement nos bouteilles (en effet, on n'achète ni ne vend de raisin). Ceci nous motive au plus haut point pour travailler convenablement à la vigne.

- ensuite, la vinification débutera... et nous devrons déjà penser à organiser les expéditions de nos champagnes pour les fêtes de fin d'année. 

A lire ceci, on pourrait croire que le cycle s'accompli sans heurt, que la mécanique est bien huilée... Pourtant, chaque année est une complète remise en jeu: les joies passées peuvent se transformer en pleurs, les victoires en défaites, les bonnes surprises en mauvaises... etc. Rien n'est gagné d'avance, il faut relever tous les défits pour arriver à un bon résultat... on acquiert l'humilité sans difficulté ;-)

L'heure n'est pas à la nostalgie... il faut regarder droit devant et souhaiter que 2006 soit meilleure que 2005 pour chaque personne sur  cette Terre. Aussi, c'est avec ferveur que nous vous souhaitons...
une merveilleuse année 2006

Puisse le début de cette nouvelle année être un nouveau point de départ pour ceux dont la joie de vivre s'est arrêtée, pour ceux dont le confort pécunier s'est effrité,  pour ceux dont la santé s'est dégradée, pour ceux que la guerre a pris en hotage.
Pour les autres, que 2006 préserve leur santé*, leur prospérité et leur bonheur

*nous travaillons à préserver votre santé, mais faites les bons choix au quotidien!
Seuls, nos efforts ne serviront à rien :-)

Par Franck PASCAL - Publié dans : Actualité
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Dimanche 11 décembre 2005 7 11 /12 /Déc /2005 17:16

Cette fois-ci, voici un peu plus de détails sur ce qu'on peut trouver dans la presse. Je ne parlerai pas ici de nos citations dans le guide des Vins du GaultMillau (où nous sommes révélation de l'année 2005), le Guide Hachette des Vins 2006, le Guide Bettane & Desseauve, mais de numéros spéciaux de mensuels: L'express, Le Point, L'amateur de Bordeaux et un annuel Allemand "Champagner" par Gerhard Eichelmann...

Procédons par ordre alphabétique... attention, c'est un long article, mais sa lecture est très intéressante!

 

L'amateur de Bordeaux

"Top vignerons"
8 jeunes talents
par Claire BROSSE

L'amateur de Bordeau - Hors-Série Champagne - Décembre 2005

 

Extraits du dossier "Top Vignerons" :

"Vigneron Champenois: presque un écart de langage dans cette région qui a fait du champagne un symbole universel. Au point qu'on ne l'a envisagé, pendant si longtemps, que sous sa forme industrielle. Les seuls noms que le monde retenait étaient ceux des marques de négociants. C'était oublier un peu vite que la raison du succès champenois était bien cette association intelligente entre négoce et vignoble.

[cut]

Voici 8 jeunes talents qui figurent la génération actuelle de vignerons et qui augurent l'avenir de la viticulture en Champagne. Leurs vins sont certes des vins d'initiés, qui n'ont pas grand-chose à voir avec le champagne festif recherché par une clientèle lambda rompue à la grande distribution. Mais ces 8 vignerons ont tous en commun cette intransigeance absolue en matière de respect de l'environnement. Et à ce titre, ils ouvrent la voie qui reste encore largement à explorer".

Qui sont ces "8 jeunes talents " ?

- Fabrice Pouillon (Mareuil sur Ay)
- Jérôme Prévost (Gueux)
- David Léclapart (Trépail)
- Bertrand Gautherot (Buxières-sur -Arce)
- Cyril Janisson (Epernay)
- Franck Pascal (Baslieux-sous-Chatillon)
- Olivier Colin (Congy)
- Benoît Lahaye (Bouzy)

Claire Brosse a - à priori - bien cerné le portrait (pour ne pas dire l'identité), le cadre familial, la philosophie et le parcours de chaque vigneron ... avec une projection du vigneron dans l'avenir. C 'est plutôt bien fait et donne un côté humain à ce reportage.

Coté vin, le choix de Claire Brosse s'est porté sur....
                                                        

 ...  la Cuvée Prestige 1999 Equilbre !

 "Franck PASCAL privilégie les petits rendements et ne lésine pas sur la maturité des raisins : ni l'opulence aromatique ni la rondeur de cette cuvée ne le démentiront. La seule austérité se trouve dans la finale mais elle est la bienvenue et redonne de l'élan au vin"

(1/3 Pinot Noir, 1/3 Pinot Meunier, 1/3 Chardonnay).


 



 

 

 

 

 

 Champagner par Gerhard Eichelmann

 

Weinbibliothek "Champagner" von Gerhard Eichelmann - Décembre 2005

 

Mon niveau en Allemand est malheureusement trop faible pour parvenir à traduire la double-page qui explique plusieurs points:
- Biodynamische Bewirtschaftung
- Viel Pinot Meunier  
- Vinifikation Verbessern
- Champagner mit unterschiedlich viel Restzucker

Une chose que j'arrive à comprendre: le nombre d'étoiles attribuées à nos vins :-)

Cuvée de Réserve Non Dosé                
Cuvée Prestige 1999 Equilibre              
Cuvée Prestige 1998 Equilibre              
Cuvée Alexis Non Dosé                   
Cuvée Sélection Brut                                
Cuvée Sélection Non Dosé                    
Champagne Rosé                                     

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L'Expressmag...
le magazine du journal l'Express

"Les terroirs sortent de l'ombre"
par Eric Conan et Guillaume Crouzet


 

Le magazine du journam l'express et son dossier Champagne

Encore un dossier spécial Champagne pertinent où les grands vignerons sont là: Francis EGLY, Ancelme SELOSSE, Didier GIMONNET... et les frères CHIQUET de la maison JACQUESSON. C'est un honneur de figurer aux côtés de telles stars !

 "De jeunes artistes exigeants révèlent ainsi des terroirs intéressants, comme Franck PASCAL à Baslieux-sous-Chatillon, dans la Vallée de la Marne, ou Bertrand GAUTHEROT à Buxières-sur-Arce, dans l'Aube" 

 Trois de nos vins retenus dans la "Sélection de Champagnes de Terroir" :


- Cuvée Prestige 1996
- Cuvée Sélection
- Cuvée Alexis

Nous sommes encore une fois heureux et fiers de cette performance. Ceci nous encourage à persévérer pour toujours plus de qualité.

 


 

Le Point

 Une belle sélection de champagnes
par Jacques DUPONT

Dossier Champagnes par Jacques DUPONT - LE POINT Décembre 2005

 Une seule bouteille envoyée à Jacques DUPONT avec sa fiche technique car je voulais savoir ce qu'il pensait de cette  nouvelle cuvée...  Oui, vous avez bien lu, il s'agit d'une cuvée tellement nouvelle que seules quelques douzaines de personnes sont au courant de son existance. Il s'agit de la Cuvée Alexis... Les autres cuvées n'ont pas été présentées.

Pourquoi une Cuvée Alexis ?
C'est le prénom de mon second enfant. La cuvée Clarisse (l'ainée) et la Cuvée Emeric (le petit dernier) ne sont pas encore sorties. Pour la Cuvée Alexis, la difficulté était de faire face au Millésime: de son année de naissance: 2001.
La phase de maturation était tellement pluvieuse en 2001 que les degrés peinaient à monter. Ils chutaient même en fin de maturation - source: réseau maturation de la champagne. L'enherbement naturel de nos parcelles était déjà généralisé, ce qui a permis de réduire la dilution des jus car l'herbe a absorbé une bonne partie de l'eau de pluie... Nos degrés continuaient à grimper quand ceux des autres chutaient. Les raisins de cet assemblage sont des Chardonnays provenant d'une vigne plantée sur l'éboulis d'un affleurement de calcaire dur, et quelques Pinots Noirs sur marne calcaire... Mais assez parlé, tout est dans la fiche technique du vin.

Qu'en dit Jacqqes DUPONT ?
Un petit domaine (moins de 4 ha) en Vallée de la Marne, cultivé dans le respect du sol et de la biodiversité : beaucoup de travaux manuels ou avec un engin à chenillette pour ne pas tasser les sols, pas d'engrais, remplacé par des semis de céréales ou de légumineuses suivant la qualité des sols, labour, confusion sexuelle pour les insectes: "Les deux tiers du vignoble sont en biodynamie en 2004, et la totalité depuis cette année, car nous avons recruté une personne supplémentaire pour cela.
Le résultat, c'est la Cuvée Alexis, dans un Millésime cependant moyen (2001) composé de 85% de chardonnay et 15% de Pinot Noir. Doré soutenu, des arômes de poire, de noix fraîche, calcaire, de craie humide, bouche aux saveurs grillées, vineuse (on penserait à beaucoup plus de Pinot Noir), beaucoup de fraîcheur et une bonne longueur.

Quelques centaines de bouteilles de Cuvée Alexis ont été produites !

 

Par Franck PASCAL - Publié dans : Revue de presse
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Samedi 10 décembre 2005 6 10 /12 /Déc /2005 19:51

Ces derniers jours, nous avons de bonnes surprises à l'égard de nos vins dans plusieurs revues élaborant un dossier spécial Champagne pour les fêtes de fin d'année. Pour chacun d'eux, c'est notre première participation...


Après tant d'années de complication dans notre travail à la vigne (la compréhension du fonctionnement de la nature et la compréhension des impacts de nos choix sur le couple vigne/sol),
tant de batailles pour travailler autrement (pas de désherbant ni de produits chimiques de synthèse, puis conversion vers l'Agriculture Biologique certifiée par ECOCERT) ,
tant de pénibilité dans les travaux de la vigne (car aucune tâche en dehors d'une partie du travail du sol n'est mécanisée),
tant de doutes et de stress pour faire les choix menant à des récoltes avec une belle maturité et de faibles rendements (taille courte, ébourgeonnage fructifère sévère, vendanges en vert, concurrence de la vigne par la flore naturelle pour éviter les dilutions si l'année est pluvieuse, vendanges seulement lorsque la maturité optimale est atteinte),
 tant de risques financiers car il a fallu investir et embaucher de manière intensive pour travailler en adéquation avec la nature, l'écosystème et l'environnement,
tant de recherches pour cerner et caractériser nos terroirs (formation à la caractérisation des terroirs selon la méthode de l'INRA D'Anger et réalistation de fosses pédologiques pour la caractérisation de nos parcelles),
 tant de changements dans l'expression et l'équilibre de nos vins peu ou pas dosés pour faire ressortir la complexité et la minéralité de nos vins;
 cela fait plaisir de se voir récompensé par ces journalistes spécialistes des vins et des bulles qui les habillent.  

Cela méritait un break au beau milieu de nos expéditions de fin d'année pour vous faire partager notre joie. Nous sommes cependant conscients qu'une toute petite partie du chemin est faite et que le plus   dur reste à faire... l'avenir nous dira si nous avons fait le bon choix: celui de croire qu'on doit tout mettre oeuvre pour élaborer des vins de terroir de grande qualité (seuls aptes à signer leur origine par leur minéralité et leur caractère). L'avenir nous dira si le consommateur nous suivra dans cette direction...

Je ne peux malheureusement pas continuer cet article ce soir, mais voici déjà les couvertures des revues où nos vins ont été retenus... Bonne soirée et à demain pour le complément d'information!

L'amateur de Bordeaux

Eichelmann

L'expressmag

Le Point

Le point, n° de Décembre 2005 par Jacques DUPONT

 

Par Franck PASCAL - Publié dans : Revue de presse
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Samedi 19 novembre 2005 6 19 /11 /Nov /2005 21:36

Alors que les feuilles restaient bien accrochées sur les rameaux, les premières gelées arrivèrent. Le paysage au lever du soleil est toujours magnifique. Les coteaux blanchis par le givre à l'aurore sont un spectacle à ne pas manquer. Ceci transforme les belles couleurs de l'automne en notes pastelles... jusqu'à ce que le ciel vire au mauve. Puis, ce sont les premiers rayons du soleil, rasants, qui illuminent les coteaux. En quelques minutes, le spectacle s'évanoui... seul le souvenir reste.

Pour essayer de vous faire partager quelques-uns de ces moments, je suis parti prendre quelques clichés dans les endroits où le soleil pointe un peu plus tard... mais la photo ne permet pas de ressentir la même chose que le photographe: la sensation de partager un moment privilégié avec la nature...

Feuilles givrées

~o~

  Lieu dit "Le Village Nord"

 ~o~

~o~

Pied de coteau "Les Priolées"

Par Franck PASCAL - Publié dans : A la vigne
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Mardi 1 novembre 2005 2 01 /11 /Nov /2005 19:52

Bonjour,

Aujourd'hui c'est férié.  Pour la première fois depuis la naissance de Clarisse (7 ans), j'ai pu consacrer quelques heures à nos trois enfants. Nous sommes donc partis à la recherche des champignons de forêt et de pâture. Octobre n'a pas été très pluvieux: hormis quelques brouillards, le total des pluies se compte en mm alors qu'habituellement, ce sont quelques dizaines de millimètres qui tombent à cette saison. La cueillette fut donc minime, mais ce n'était pas là le but de l'opération.

 

Sur le chemin du retour, je m'arrête devant deux de nos vignes... Le triticale à-t-il levé??

Le triticale est une céréale qui servira de couverture hivernale à nos sols. Les années précédentes, je semais plutôt du seigle, de l'orge ou du blé. Le triticale résistant mieux aux gelées d'hivers que le blé, c'est ce que j'ai choisi de semer cet automne.
Après les vendanges, le sol est resté chaud. La fenêtre pour le semis de céréales est longue cette année car  le beau temps domine ce mois d'Octobre. Après un travail du sol adapté à chaque parcelle (en plein ou localisé dans le rang) , nous avons procédé au semi avec le bon vieux semoir à engrais de papa: celui muni de deux lanières qu'on passe autour du cou pour semer les grains à la volée. Ceci nous permet de localiser les grains dans le milieu des rangs... au cas où le mauvais temps du printemps nous empêcherait de détruire mécaniquement les épis qui se développent sous le rang de vigne.

 

Dans quel but semer une céréale dans les vignes?

Tout dépend des parcelles...  Le sol, le climat, le cépage, le porte-greffe, l'historique de la parcelle variant à chaque fois, chaque parcelle demande à être conduite différemment pour obtenir comme résultat final une belle vendange.

Premier Cas, "Le Grand Marais"

Le Grand Marais - Vieille vigne de Pinot Meunier

Le sol de cette vigne n'est travaillé que depuis deux ans car je n'en avais pas la responsabilité avant. Le sol a du mal à se décompacter. Les céréales vont l'aider de trois manières:
- savez-vous qu'un grain de blé produit 200 km de racines et qu'un grain de seigle 600 km?? Ce réseau va émietter la surface du sol (à défaut de plonger si le sous-sol est trop compact ). Ceci va permettre d'oxygéner de la surface du sol
- les céréales qui vont se développer vont puiser les fertilisants suceptibles de migrer dans les nappes phréatiques au cours de l'automne et de l'hiver. Elles les relargueront quand on les tondra ou qu'on les sarclera. Elles serviront de nourriture à la flore du sol qui vit en interaction avec la surface.
- Lorsqu'on les détruira mécaniquement, les racines vont mourrir et servir de nutriment aux micro-organismes vivant dans les couches les plus profondes du sol. L'endroit où les racines se trouvaient dans le sol formeront des conduits par lesquels les eaux de pluie et l'air pourront pénétrer... La vie pourra alors continuer sa propagation dans les profondeurs du sol afin qu'il retrouve son dynamisme. C'est un point nécessaire à l'expression du terroir dans nos vins.

Second cas, "Le Bois de Binson"

Le Bois de Binson

Dans cette vigne, il est plus difficile de discerner le semis, et pourtant, il est bien là!
Cette parcelle était principalement colonisée par le mourron après les vendanges. Un signe qui ne trompe pas: c'est le témoin d'une bonne aérobiose (la vie microbienne de surface travaille bien), mais c'est aussi un indicateur d'un souci non résolu avec l'azote. C'est d'ailleurs une des parcelles où j'ai eu du botrytis aux vendanges 2005... il faut donc travailler à réduire l'absorption d'azote par la vigne pour équilibrer son alimentation et prévenir le botrytis. Le triticale sera un élément contribuant à ce "puisage" des ressources du sol pour la prochaine saison. Il va volontairement concurrencer l'alimentation de la vigne pour le bien-être de cette dernière.

Rendez-vous au printemps pour la suite!

Franck

 

 

Par Franck PASCAL - Publié dans : A la vigne
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /Oct /2005 00:00

Pour que tout le monde comprenne, un peu de théorie!

Le raisin méticuleusement cueilli a donné de jolis moûts (c'est le nom que porte le jus de raisin à sa sortie du pressoir). Il contient beaucoup de sucre. Les levures (parfois indigènes, parfois sélectionnées) ont débuté la transformation du sucre du raisin en alcool... c'est la fermentation alcoolique. Mais le moût contient aussi des acides (les vins de champagnes sont d'ailleurs réputés pour cela): l'acide malique et l'acide tartrique. Contentons-nous aujourd'hui du cas de l'acide malique. Excusez-moi pour les gros mots... en fait, pour vous représentez cet acide, sachez que c'est celui qui est contenu dans la pomme verte. Croquez dans une pomme bien acide, faites une belle grimace, éventuellement, quelques tremblements, et voilà, vous connaissez le goût de l'acide malique.
Pourquoi vous parler de l'acide malique ? Après les sucres du moût, c'est cet acide qui sera dégradé en acide lactique par des bactéries. Ce processus s'appelle la fermentation malo-lactique. Je voulais m'assurer que vous connaissiez ces quelques termes avant de lire le message du jour...

Message du jour...

Les vendanges sont terminées depuis quelques semaines. Une partie du vin est toujours en activité. Que se passe-t-il dans nos cuves? Il devient nécessaire de prélever quelques décilitres de chaque cuve pour les soumettre à une analyse de laboratoire. Ainsi, nous serons renseignés sur le déroulement de nos fermentations. On attend toujours les résultats avec un peu d'appréhension...

Ce recours à la technologie ne nous dispense pas d'une analyse sensorielle: la dégustation!
En effet, notre oeil, notre nez et notre langue sont aussi des outils complémentaires... si on remet les choses dans l'ordre chronologique, on devrait même dire que les matériels de laboratoire ont été inventé car ils sont complémentaires à nos perceptions (ces dernières manquent parfois d'objectivité et de précision).

 

Alors, que dit la dégustation?


Sachez qu'il est toujours difficile de déguster quand les vins sont soit en fermentation, soit en fin de fermentation.
- Les vins semblent riches, complexes, soyeux et équilibrés (un belle acidité).
- Les pinots noirs sont réduits mais ce sera réversible... D'après un article du Vigneron Champenois, ceci pourrait être dû à un manque d'azote dans le raisin. Un jeune confrère de Meursault me dira la même chose. C'est probable car la vigne est enherbée naturellement depuis 1998 et n'a pas reçu la moindre fertilisation depuis quelques années. De plus, même si la pratique est courante, nous n'ajoutons pas d'azote dans les moûts avant la fermentation. Le remède: une aération lors du soutirage, avant que la fermentation malo-lactique ne débute. Rien d'inquiétant.
- Les Chardonnays présentent un vrai potentiel, la fermentation alcoolique semble complète.
- Les Pinots Meuniers... là il y a plus à dire: 3 cuves sur 5 présentent du sucre résiduel... dont une qui fermente au ralenti depuis près d'un mois. Il faut savoir que si la fermentation malolactique a débuté alors qu'il y a encore du sucre dans le vin, on risque d'obtenir des arômes désagréables liés à la production d'acidité volatile... méfiance! Gustativement, nous ne notons aucun défaut. Attendons donc l'analyse!

 

Et que dit l'analyse ?


Tout va bien pour les Chardonnays, les Pinots Noirs et une grande partie des Pinots Meuniers. Ca ne veut pas dire que tout va mal pour nos 3 cuves de Pinots Meunier... simplement qu'il faut être vigilent. Et justement, l'analyse arrive à point nommé: je découvre que 2 des 3 cuves viennent juste de terminer la fermentation malo-lactique... les niveaux de volatile sont normaux. Tout va bien. En revanche, il est urgent de stopper l'activité des bactéries malolactiques avant qu'elles ne s'attaquent au sucre pour donner des arômes désagréables. La dernière cuve est toujours en fermentation alcoolique et contient encore 23 g/l de sucre. Il faut vérifier régulièrement que les levures sont toujours en activité, mais aussi vérifier que la fermentation malo-lactique n'est pas en cours en même temps... auquel cas il faudra intervenir au bon moment. Quelques jours suffisent pour que la qualité du vin en pâtisse.

 

Conclusion:


Les vinifications demandent beaucoup de surveillance. Notre palais est faillible sur de tels cas car nous sommes incapables de savoir au jour près la date à laquelle la fermentation malo-lactique est totale. On risque alors les arômes désagréables de volatile, puisqu'on stopperait l'activité des bactéries malolactiques lorsque ces arômes seraient perceptibles... c'est à dire trop tard!

Par Franck PASCAL - Publié dans : Elaboration de nos champagnes
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Mercredi 12 octobre 2005 3 12 /10 /Oct /2005 00:00

Aujourd'hui, visite d'une photographe... nous nous rendons dans les vignes, lieu où je me sens le mieux et où je passe le plus clair de mon temps. Une chose me frappe... après avoir posé pour quelques clichés, il faut que je revienne sur place prendre une photo et immortaliser ce paysage... regardez bien la photo qui suit. Que remarquez-vous ? Je vous laisse quelques secondes...

Les Guillerettes, Pinots Noirs et Pinots Meuniers

...

...

...

Stop, c'est fini!
Alors ?

Et oui, c'est  cela:  les vignes du premier plan ont un bel éclat et de belles couleurs : jaune, vert, rouge, des couleurs de début d'automne pour une vigne en parfaite santé. En revanche, dans le plan juste après le poteau électrique, les vignes sont marrons... sauf quelques rangs en aussi bonne forme que les vignes du premier plan.

Pourquoi cette couleur marron ? Demandez-le au mildiou, il vous expliquera comment il a détruit le feuillage. Le marron est le résultat de la nécrose prématurée des feuilles de la vigne sous l'action du mildiou. Le mildiou est une maladie liée à des champignons. Lorsqu'ils trouvent un terrain favorable à leur multiplication, les champignons s'installent sur le feuillage... détruisant au passage les cellules de la feuille, des rameaux ou des raisins.

C'est la troisème année consécutive que je remarque ce contraste entre nos vignes en culture bio ou biodynamique et celles de nos voisins en culture conventionnelle (avec produits chimiques de synthèse). Les premières fois que j'ai vu nos vignes si belles au milieu de celles rongées par les maladies, j'ai cru à une coincidence. Maintenant, je pense que la vérité est ailleurs... Vous l'aurez certainement compris, les vignes du premier et second plan sont les nôtres; celles aux belles couleurs au milieu des vignes malades sont aussi les nôtres.

Sur ce, je vous conseille de vous méfier des mauvaises langues décrivant les vignes en culture biologique ou biodynamique comme des refuges où siègent les maladies de la vigne*. Il y a des contre-exemples flagrants... je tenais à le montrer.

Franck

 

* c'est souvent ce qu'on entend de la bouche des confrères... sont-ils mal informés ? sont-ils conditionnés par leur formation viticole conventionnelle ? Je dis bien conventionnelle, car la viticulture traditionnelle était - à ses origines - biologique, mais elle ne le savait pas: les molécules de synthèse n'avaient pas encore été inventées...

Par Franck PASCAL - Publié dans : A la vigne
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Vendredi 1 avril 2005 5 01 /04 /Avr /2005 12:16

Avant que le va-et-viens des tracteurs enjambeurs transportant les désherbants ne reprenne, je tenais à illustrer un un des points qui nous différencie de la culture conventionelle...

 

Reconnaître nos parcelles sur un coteau de vignes est aisé tant le couvert végétal tranche avec le reste du paysage. Ce que de nombreux confrères appellent facilement "des vignes sales" (en raison de la présence d'herbe) sont en fait d'une propreté irréprochable: zéro produit chimique ! En sortie d'hiver, malgré l'arrêt du recours aux engrais ou amendements, ces sols présentent une belle vitalité.

Par Franck PASCAL - Publié dans : A la vigne
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Présentation

Vers une nouvelle viticulture

En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.
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