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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 20:15

Dernièrement, j’ai reçu un groupe d’une quinzaine de personnes qui voulaient découvrir notre domaine. Après leur avoir présenté notre parcours et notre projet d’accompagner une partie de notre vignoble sans traitement, une femme m’a dit « Vous devez avoir des nerfs d’acier ! ».

 

Je pense que c’est important de vous transmettre une clef pour ça:

Il faut des nerfs d’acier, je pense, quand on voit uniquement le côté négatif de ce qui peut se produire. Quand on se projette sur quelque chose de nouveau, où il y a un risque, la majeure partie des gens focalise sur ce qui pourrait arriver de pire.

 

Focaliser sur ce qui pourrait arriver de mieux, c’est justement le meilleur moyen de faire la part des choses entre ce qui est bien et ce qui est mal dans notre manière de concevoir les choses à l’instant présent; de s’aligner et d’être parfaitement en corrélation avec ça.

 

C’est à dire que quand je dis « Vue l’expérience qu’on a fait en 2015 dans la vigne non traitée, où des raisins de chardonnay avec zéro pulvérisation dessus étaient sains; alors que dans d’autres endroits sur le domaine, il y avait des raisins en biodynamie qui - malgré l’utilisation de soufre en poudrage ou en pulvérisation - ont décroché face à l’oïdium… je me dis qu’il y a une clef à saisir, qu’il y a quelque chose à comprendre et ça mérite qu’on aille plus loin

 

En 2016, c’est ok pour moi, c’est totalement cohérent et aligné que je continue ce type d’expérimentation pour aller de l’avant et pour comprendre. Donc j’ai envie de multiplier les essais sur 2 ou 3 parcelles. Je ne sais pas encore comment ça va se faire: le comment je le connais pas; mais je sais que c’est important pour moi.

 

Pourquoi c’est important pour moi ?

 

Si je me mets dans l’esprit des gens qui voient le côté risque, ils vont dire:

 

« Oui, mais on peut se moquer de toi ! »

« Oui, mais si tu te plantes, c’est que tu es un nul ! »

« Oui, mais… etc… etc. »

 

Sans compter l’aspect financier car si je perds quelques centaines ou quelques milliers de kilos de raisin, c’est quelques milliers de bouteilles que je ne vendrai jamais. Et effectivement, il y a un impact financier…

 

Le seul moyen d’équilibrer avec tous ces risques qui font que la majeure partie des gens, en focalisant sur tous ces risques, ne passent pas à l’action. Ils ne décident pas de faire quelque chose qui est mieux pour l’environnement, ou mieux pour la qualité de leur vin.

 

Ils vont chercher des raisons mentales qui vont justifier le fait qu’ils ne changent rien et qu’ils continuent à faire ce qu’ils faisaient par ce que leur émotion est trop vive à l’intérieur pour qu’ils puissent réussir à passer à l’action.

 

C’est une discussion que j’ai eu dernièrement avec un petit négociant dont j’avais une super image … le mec me dit :

 

« C’est quand même mieux si on utilise des pesticides, par ce que si, par ce que ça.. »

« C’est quand même mieux si on ne travail pas les sols, par ce que si, par ce que ça.. »

Je me disais c’est du pur délire ! Mais bon, ce n’est pas grave, je l’ai laissé dans son trip.

 

Ce qui m’intéresse, c’est de voir ce que JE peux faire !

 

Et donc, l’idée face à tous ces risques de perte de récolte, de routage de gueule et j’en passe, c’est de me demander quelle est la contre-partie ?

 

Imaginez si on trouve comment accompagner nos vignes avec zero pulvérisation tout le temps, quelle que soit l’année climatique ! Quels sont les bénéfices ?

 

1 Le vigneron est sécurisé: il a trouver une manière de cultiver sa vigne en ayant l’assurance que derrière il y aura un résultat sans se mettre à stresser dès qu’il commence à y avoir des risques de température élevée, ou des conditions climatiques qui peuvent favoriser tel ou tel champignon, tel ou tel nuisible, ou tel ou tel symptôme. Imaginez la tranquillité d’esprit pour le vigneron !


Un vigneron tranquille d’esprit… pour sa famille, ses proches, ses clients, ça change toute sa relation ! Ca change sa vie ! Et en plus ça lui permet de vivre longtemps car il est moins stressé. Donc il améliore sa durée de vie.

 

2. L’impact qui me touche au plus profond, c’est:

 

  • d’une part, ça va permettre à l’être humain de comprendre en profondeur comment fonctionne un être vivant. Quel est le rôle, quelle est l’attitude que le vigneron doit avoir pour accompagner la nature ?
     
  • et d’autre part, en débarrassant de toutes ces molécules, de toutes ces substances dont on dit qu’elles peuvent être nocives pour la santé ou l’environnement (qu’on soit en bio, en biodynamie ou en conventionnel, en lutte raisonnée, en Terra Vitis, en tout ce que vous voulez… dans tous les cas, il y a des substances qui s’utilisent qui sont soit avérées cancérigènes, mutagènes… et tout un tas de choses qu’on retrouve dans la nature, dans l’environnement, dans l’eau de pluie, même dans l’eau du robinet et dans le sang des gens) quel que soit le type de culture qu’on choisi. 

 

Je me dis que par le passé, c’était possible de ne pas utiliser toutes ces substances : Dom Pérignon, quand il travaillait en Champagne, était capable (lui, et les autres !) de travailler la vigne sans avoir tout cet artifice qui maintient la vigne en état de survie. Car c’est juste pour maintenir la vigne en état de survie ! 

 

Quand j’entends quelqu’un qui me dit « Quand on travaille avec de la chimie, on n’a plus de maladie. ». Euh… le seul moyen de le savoir… Enfin, pour moi, avec la chimie, on masque la réalité. On maintient la vigne en état de survie parce que si on la soignait vraiment en utilisant des pesticides, ça ferait comme quand vous avez un rhum : vous traitez le ruhm et c’est terminé, vous n’avez plus besoin de le faire. 

 

Si la chimie était vraiment le garant, si c’était un produit phyto-pharmaceutique… j’aime bien cette expression qui laisse penser que ça peut être bien… produit phyto-pharmaceutique, si vraiment il soignait la plante… quand elle déclanche une maladie, vous traitez une fois, deux fois, et hop c’est terminé ! Après, pendant 20 ans, vous êtes tranquille !! 

 

Mais non, ce n’est pas ça la réalité ! La réalité c’est qu’on a créé une vraie dépendance à cette manière de faire auprès de vignerons… il se sentent sécurisés d’une fausse manière… car en réalité, tous les ans, ils se retrouvent dans l’insécurité. Même les années où climatiquement c’est difficile, même en bombardant de chimie, c’est dur pour eux de réussir à avoir une récolte saine (comme pour nous d’ailleurs).  

 

Donc, il faut se poser les bonnes questions… 

 

Pour moi, la maladie est le signe quelque chose dis-fonctionne. C’est ma croyance: Je suis persuadé que s’il y a une maladie, quelque chose dis-fonctionne; que ce soit dans le sol ou dans la plante. Alors je me demande « Comment je peux faire en sorte que tout fonctionne mieux ? ». Et c’est pour celà qu’on a créé cette nouvelle méthode: cette nouvelle approche de vivant, d’accompagnement du vivant, de compréhension du vivant et d’intégration de nouvelles consciences pour le mettre au service de ma vigne. Et ce qui est génial, c’est que dès le raisin, on arrive à percevoir qu’il y a une nette différence par rapport à la partie qui n’est pas accompagnée de cette manière… aussi bien sur le plan de la maladie que sur le plan gustatif.      

 

Donc, je suis parfaitement aligné !    

 

imaginez le gain pour l’humanité de trouver comment se passer de toutes ces substances, de gagner du temps, d’être en sécurité, de se sentir bien dans sa peau, et voilà ! J’ai fait le pour et le contre… du coup, je n’ai pas des nerfs d’acier ! Je me dis que ça vaut le coup de faire l’expérimentation. C’est un investissement !

De la même manière qu’on pourrait investir 5.000, 10.000, 100.000 euros pour quelquechose, mon investissement, c’est mon temps, ma conscience, c’est mon énergie, c’est ma présence, et c’est la forme de risque de perdre une partie de ma récolte. Voilà mon investissement; et le gain qu’il y a derrière est immense pour vous comme pour moi !

 

Je vous souhaite une bonne journée !

 

A bientôt !

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Published by Franck PASCAL
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commentaires

Pierre MEZIERES 26/05/2016 09:33

Bonjour M. Pascal.
Quel plaisir pour moi de vous découvrir en vidéo ! J'ai eu le plaisir de goûter une des oeuvres que vous avez co-créée avec l'aide de Mère Nature : délicieux, et énergétiquement d'excellente qualité ! (radiesthésie entre guillemets).
J'apprécie énormément votre sagesse, votre humilité, votre confiance en le Senti, votre confiance en le vivant, l'utilisation de votre mental pour accompagner la vie et non pour tenter - illusoirement - de la contrôler.
La vision que vous avez du "monde extérieur" et du "monde intérieur" porte une empreinte, celle que vous connaissez bien : celle du Coeur.
Il n'est pas encore très courant de lire les mots "conscience" et "présence" dans tous domaines que ce soit, encore moins dans l'aide à la croissance de nos amis végétaux et dans l'alchimie que vous en faites ensuite.
Je vous remercie pour qui vous êtes. Vous faites du bien Franck. A tout ce qui est vivant.
Je vous souhaite une très belle évolution continue sur ce chemin de sagesse, d'abandon et de coopération avec les forces qui nous entourent et nous traversent.

Un grand merci à vous !
Pierre, un champenois de naissance

PS : sait-on jamais si ça peut un jour vous intéresser/bénéficier. J'ai un ami géobiologue qui pose des menhirs (géopuncture) de la même manière que cela se faisait sur les sites sacrés d'antan. Cela ré-équilibre les forces locales de la parcelle avec les forces du macrocosme (feng shui, je ne vous apprend rien !). Il en a posé dans un domaine viticole du Rhône avec grande satisfaction pour nos amies les vignes :-)
PPS : quand je remonte chez mes parents dans les Ardennes, je suis intéressé pour visiter votre domaine. Je vous ferai signe !

Franck PASCAL 01/06/2016 06:47

Merci pour ce message ! Bien à vous, Franck PASCAL

Chris 02/04/2016 19:34

Parfait cher Pascal, tu es sur l'exacte voix de la sagesse ! Haaaa si tous les viticulteurs voulaient t'écouter… Solidairement et amicalement. Vive la vie !

Vers une nouvelle viticulture


En Champagne, chaque vigneron et chaque maison a son savoir-faire, son idéal en matière de méthode culturale, ses secrets de vinification, et ses cuvées à proposer. En ce sens, notre approche est particulière.

La recherche poussée à tous les niveaux pour créer de grands vins inimitables vient du fait que j'ai suivi un parcours atypique. Ingénieur de formation, j'ai décidé de revenir sur le domaine familial suite à un tragique accident de mon jeune frère. J'y ai appris une chose primordiale: la vie n'a pas de prix... et c'est une des raisons pour lesquelles je cherche à préserver le mieux possible la vie qui s'installe dans mes vignes, mais aussi celle des personnes qui travaillent avec nous; et celle des consommateurs qui nous permettent de gagner l'argent nécessaire pour continuer dans notre voie.

C'est après avoir fait mon service militaire dans le génie et y avoir appris le mode d'action des toxiques  de combats sur l'homme que j'ai voulu faire une formation pour comprendre comment travailler la vigne. C'est en 1996 et 1997 que j'ai pris conscience - lors de cet apprentissage - que les modes d'entrée des pesticides dans le corps des ravageurs est le même que celui des gaz de combats mis au point pour les militaires. Je me suis rapidement demandé en quoi des biocides pouvaient être inoffensif à moyen terme sur l'homme...

En 1998, j'ai commencé par supprimé les insecticides, les désherbants, les engrais et les anti-botrytis. Puis, un jour, mon père m'a transmis une parcelle de pinots noirs qui était systématiquement ravagée par le mildiou. C'est cette vigne que j'ai dès lors cultivé sans pesticide. Je me suis dit que si la bio réussissait là, ça marcherait partout. Dès la première année, le pari était réussi. Je n'ai pas mis longtemps à déployer ces méthodes culturales sur mon vignoble. C'est en 2002 que le domaine a vu ses premières préparations biodynamiques. La biodynamie est une culture biologique améliorée par l'application de soins énergétiques.

L'énergétique est arrivée sur notre domaine par cette grande porte. Depuis, nous continuons à explorer ce très vaste domaine en perpétuelle évolution. De nouvelles possibilités sont testées chaque année pour aller encore plus loin. Le but est d'aider la nature à renaître après 20 à 30 ans de destruction systèmatique et savamment organisée par les pesticides; mais aussi de lui permettre d'évoluer dans un monde qui bouge vite.

Ainsi, outre la biodynamie, nous testons l'homéopathie, les dynamisations de plantes, d'autres techniques énergétiques, les huiles essentielles; et d'autres choses qui risqueraient d'être qualifiées d'ésothériques (géobiologie par exemple); mais nous assumons nos choix et acceptons de le révéler sur notre blog. Avec quelques années de recul, je sais que les possibilités de ces "techniques" dépassent notre imaginaire.

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